
En France, la rectocolite hémorragique (RCH) touche environ une personne sur mille. Cette maladie, bien trop méconnue et souvent confondue avec la maladie de Crohn, nécessite quelques éclaircissements.
Définir la rectocolite hémorragique ou RCH
La rectocolite hémorragique ou RCH a été décrite pour la première fois à la fin du XIXe siècle. Elle appartient à un groupe de maladies dénommées MICI (Maladies Inflammatoires Chroniques Intestinale). Plus précisément, la RCH est une maladie inflammatoire intestinale qui touche la muqueuse du rectum et envahit ensuite le côlon, sans laisser d’intervalle de muqueuse saine. Les autres segments du tube digestif ne sont jamais atteints par l’inflammation. C’est une maladie chronique qui évolue par phase de poussées et par phase de rémission.À découvrir sur le même sujet : Tout savoir sur les MICI.
La RCH survient le plus souvent chez les jeunes adultes, mais sachez qu’elle peut apparaitre à n’importe quel âge, y compris chez les enfants
Ce qui provoque la RCH
En fait, la cause réelle reste malheureusement encore inconnue. On suppose qu’elle serait due à une prédisposition génétique, des désordres du système immunitaire ou à des facteurs environnementaux.Les symptômes de la RCH
En période de poussée, les symptômes sont d’abord digestifs avec des diarrhées, du sang dans les selles, des douleurs rectales… Ces symptômes peuvent être confondus avec ceux d’une manifestation hémorroïdaire. De plus, à ces symptômes digestifs s’ajoute une altération de l’état général, de la fatigue et potentiellement aussi des douleurs articulaires, des symptômes cutanés et/ou oculaires.Quels examens pour diagnostiquer la RCH ?
Cependant, le diagnostic est simple. Comme nous l’avons vu, cette maladie chronique touche toujours le rectum et s’étend parfois jusqu’au côlon. Devant les symptômes, on prescrit une rectoscopie pour vérifier qu’il existe bien une inflammation de la muqueuse du rectum, qu’elle est ulcérée.À découvrir sur le même sujet : Vous souffrez de RCH ? Découvrez l'appli MyMICI, pour vous simplifier la vie.
Puis, d’autres examens vont être prescrits pour : - Eliminer les autres causes d’inflammation, - Confirmer le diagnostic grâce à une biopsie de la muqueuse et écarter le diagnostic de maladie de Crohn, - Etablir la gravité et l’étendue.
Quelle prise en charge ?
Le traitement est médicamenteux, alimentaire et parfois chirurgical. Les différents traitements vont avoir pour objectifs de traiter les symptômes et de pallier aux pertes d’eau et de sang engendrées par les diarrhées et les rectorragies.Traitement médicamenteux
Ainsi, en fonction de l’atteinte, il peut prendre différentes formes : - Anti-inflammatoires pour agir directement sur la muqueuse, - Corticoïdes, - Médicaments agissants sur l’immunité.Ces médicaments doivent nécessiter un suivi médical rigoureux car ils peuvent exposer à des conséquences. Par exemple, les corticoïdes, pris sur le long terme, peuvent causer des effets sur les os en les rendant plus fragiles, sur le diabète…
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/maladies-chroniques/2018/05/31/tabac-et-rch-le-paradoxe/
Traitement chirurgical
Lorsque les médicaments sont inefficaces, on peut parfois avoir recours à un traitement chirurgical, qui consiste à retirer le côlon ou le rectum. La chirurgie peut parfois nécessiter une stomie temporaire ou définitive.Traitement alimentaire
À ce jour, il n’existe pas de preuve scientifique en faveur d’un régime qui évite les rechutes de RCH. Le régime alimentaire sera différent en fonction de la phase dans laquelle se situe le patient : - En phase de poussée, on mettra en place un régime sans résidu, - En phase de rémission, on préconisera un régime normal léger.À découvrir sur le même sujet : Une modification des habitudes alimentaires des patients atteints de MICI ?
Sources
- C. Carip et V. Liégeois, Physiopathologie : bases physiopathologiques de la diététique, Editions Tec et Doc, Lavoisier, 2000. - M. Apfelbaum et al., Dictionnaire Pratique de diététique et de nutrition, Masson, 1981. - E. Fredot, Régimes, Editions Tec et Doc, Lavoisier, 2011. - HAS. - Société nationale française de colo-proctologie (SNFCP)L’imagerie médicale occupe aujourd’hui une place centrale dans le suivi du patient qui souffre de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) et en particulier de la maladie de Crohn. L’examen de choix s’appelle « entéro-IRM ». En quoi consiste cet examen que l’on vous a prescrit ? Que va-t-on vous faire ? À quoi cela va-t-il servir ? Suivez le guide !
Entéro-IRM ?
En bon français, une « IRM » est une imagerie par résonance magnétique. Magnétique ? En effet, l’appareil, un tunnel dans lequel le patient va se glisser, comporte un gros aimant. Résonance ? On va utiliser des ondes de radiofréquence, comme celles des téléphones portables. Elles vont faire vibrer les noyaux d’hydrogène qui composent les tissus du corps, et fabriquer ainsi des images. Ici, l’IRM est réalisée dans l’intestin, c’est l’ « entéro » en question. Un liquide de contraste, avalé ou injecté, rend visible la « géographie » de votre intestin : épaisseur de la paroi, infiltration, ganglions, ulcères...Quand passe-t-on une ?
C’est en général une fois le diagnostic posé, maladie de Crohn ou autre MICI, que le médecin prescrit l’entéro-IRM.À découvrir sur le même sujet : Tout savoir sur la maladie de Crohn
Dans quel but passer une entéro-IRM ?
L’examen présente un double intérêt.Évaluation de la maladie :
L’IRM permet de réaliser une cartographie complète de l’intestin, et éventuellement du côlon. Elle fait le point sur l’état et l’activité de la maladie. Elle fait apparaître les éventuelles complications.Suivi de la maladie :
L’examen permet d’évaluer précisément l’évolution du patient. Il témoigne de l’efficacité des traitements médicaux.À découvrir sur le même sujet : Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI)
Que va-t-on demander au patient ?
· Une heure avant
Le patient se présente une demi-heure à une heure avant la réalisation de l’examen. Il est à jeun. Il a apporté une bouteille d’eau d’un litre et demi. Dans certains cas, on pourra aussi demander le résultat d’une prise de sang. Avant d’entrer en salle d’examen, il doit boire le liquide de contraste. C’est la bouteille d’eau dans laquelle on a dissous un produit à base de mannitol ou de PEG, qui pourra s’appeler en pharmacie Klean Prep ou Colopeg par exemple. Le goût varie selon les préparations, il est parfois désagréable. Une fois le patient en tenue de combat (sous-vêtements et blouse d’examen, ni montre ni bijoux), on lui injecte un anti-spasmodique et un produit de contraste.
L’Entéro-IRM, la cartographie de la maladie de Crohn
· En salle d’examen
Le patient s’allonge sur le ventre, les bras en avant. Il entre dans le « tunnel » de l’appareil les pieds en premier. Sa tête demeure à l’entrée du tunnel. On pose sur son estomac une sangle qui transmet aux moniteurs son rythme respiratoire. Le patient se voit proposer des bouchons d’oreille ou un casque audio qui diffuse de la musique, afin d’atténuer le bruit de l’appareil. Il a également accès à une sonnette qui alerte le personnel médical en cas de malaise. Une fois le patient installé, on pose sur son dos un appareil qui va permettre la prise de vues.· Pendant l’examen
L’examen dure environ 30 minutes. Le patient doit rester bien immobile et respirer régulièrement. À plusieurs reprises, on demande au patient de retenir sa respiration pendant dix secondes. Ceci permet de réaliser des images en apnée. Vers la fin de l’examen, le personnel médical injecte le produit de contraste. Ce produit, souvent à base de Gadolinium, est généralement bien toléré. Le patient peut ressentir une sensation de chaleur.· Après l’examen
En règle générale, le médecin communique au patient un premier commentaire des résultats aussitôt l’examen terminé. Un médecin radiologue analysera les images et communiquera l’analyse détaillée de l’examen. Le patient peut rentrer chez lui.L’effet indésirable noté est une diarrhée, d’intensité moyenne à forte, peu après l’examen ; il est préférable de ne pas rentrer seul, et de ne pas prendre le volant seul. On peut aussi souffrir de nausées ; il est déconseillé de manger après l’examen. En revanche, il est recommandé de boire de l’eau en quantité, sauf dans les cas d’insuffisance rénale ou cardiaque. Dans l’ensemble, l’entéro-IRM est jugée par la majorité des patients nettement moins désagréable qu’une coloscopie.
À découvrir sur le même sujet : Tout savoir sur... la coloscopie.
Mais... Est-ce que ça fait mal ?
Guerre de 1914-1918. Irène Curie actionne une curieuse machine : un appareil de radiographie. Un « poilu », un soldat », qui voit l’appareil pour la première fois, lui demande si ça fait mal. Irène lui répond gentiment : « Pas plus qu’une photo. » Nous vous ferons la même réponse : effets secondaires mise à part, ce n’est pas plus douloureux qu’un selfie.· Je suis claustrophobe !
Selon le Pr. Guy Frija, chef du service de radiologie à l’Hôpital Européen Georges Pompidou (HEGP, Paris), la généralisation de l’ IRM a permis de sa percevoir que 5 à 10 % de la population est claustrophobe. Le personnel médical est désormais formé pour vous apaiser et, le cas échéant, vous proposer un sédatif léger.Une entéro-IRM, pour qui ?
L’examen convient à l’ensemble des patients atteints de la maladie de Crohn et d’autres MICI. Il n’est pas irradiant. C’est-à-dire que contrairement au scanner (« tomodensitométrie » ou « TDM ») qu’il tend à remplacer dans tous les cas sauf en situation d’urgence, il ne fait pas appel à une source de rayons X pour produire les images.L’AFA : l’association ultra dynamique pour son combat contre les MICI.
Cette absence d’irradiations rend l’examen particulièrement adapté aux patients jeunes, en raison de la durée de la maladie qui nécessite un nombre important d’examens. La maladie de Crohn n’est pas seule à bénéficier des résultats de l’entéro-IRM. Ainsi, la détection de petites lésions de la paroi de l’intestin grêle permet par exemple de diagnostiquer une anémie. Certains patients, toutefois, ne peuvent pas passer d’IRM. Ce sont tous les malades sur lesquels on a posé des implants à composants métalliques, tels que pacemaker, valve cardiaque, éléments contenant du fer près des yeux ou de la tête.
Source
- Apport de l’échographie et de l’entéro-IRM dans la maladie de Crohn (hors LAP), par Magaly Zappa et Yoram Bouhnik, Association française de formation médicale continue en hépato-gastro-entérologie.Ce 15 mai, j'ai eu le privilège d'assister à un cours dispensé au sein du DU Formation à l'éducation thérapeutique de l'Université des Patients – Sorbonne Université (Paris). Pour le moins atypique, ce DU est ouvert à un public hétéroclite : étudiants patients vivant avec une maladie chronique et des professionnels de santé. Ce sont les patients experts.
Jour J, rendez-vous à l'Université des Patients
14h : Sihame m'accueille et me présente à l'ensemble de la salle. Je suis très bien reçu, je reçois un bonjour quasi collectif. Puis j'entends des murmures « enfin un autre homme, nous allons prendre soin de lui ». Je souris, l'ambiance m'a l'air des plus agréables. Je me place au fond de la salle et observe l'assemblée, absorbée par les propos de l'intervenante. Je participe à mon tout premier cours sur la formation à l'éducation thérapeutique.

Deux tablées sont disposées face à face. Dix-neuf femmes pour un homme, des jeunes femmes âgées d'à peine vingt ans côtoient des femmes bien plus âgées. Ambiance bienveillante et propice à l'échange. Nous ne sommes pas sur les bancs d'une école standard, nul besoin de lever la main pour poser une question. L'intervenante n'hésite pas à s'arrêter pour répondre aux diverses questions posées, le tutoiement est de rigueur.
Les étudiants patients
14h15 : Aujourd'hui, je vais en apprendre davantage sur le dossier d'éducation thérapeutique. Laurence Bouffette, l'intervenante, interroge ses étudiant(e)s : nul cours magistral aujourd'hui. La participation semble être le pilier de ce cours.
À découvrir : Rencontre avec Catherine Tourette-Turgis, à l'origine de l'Université des Patients
14h23 : Un téléphone sonne. L'intervenante ne sort pas de ses gonds, ne réagit pas. Je suis non seulement très étonné de son absence de réaction mais également gêné pour la personne dont la téléphone a sonné. L'étudiante peut sortir pour prendre son appel, calmement. Ah oui, j'avais omis que nous n'étions pas dans une salle de classe classique.
Le dossier d'éducation thérapeutique est présenté par l'intégralité de l'assemblée, chacun des « étudiants » prenant la parole pour ajouter un élément de réponse, ou pour compléter une précédente intervention. Des rires fusent fréquemment. Je constate que des liens forts sont tangibles entre les personnes de cette salle.

14h41 : Fou-rire général. L'intervenante a malencontreusement frappé sur le tableau noir. Une étudiante pense que quelqu'un attend à la porte et le signale. L'intervenante ne peut se retenir de rire, « c'était juste pour vous réveiller », parvient-elle à dire entre deux crises de rires.
À découvrir sur le même sujet : Un Diplôme Universitaire (DU) sur la santé connectée, ça vous tente ?
14h55 : Une étudiante dite patiente expert nous fait part de son parcours. Elle a subi une transplantation rénale. Lors des prémices de sa dialyse, elle travaillait, mais a subitement dû arrêter car trop épuisée. Peu de temps après la transplantation, elle a repris le travail. Elle le rappelle, maintenir un pied dans la vie professionnelle est primordial. Elle transmet en outre sa perplexité en découvrant que seules 20 % des personnes ayant subi une transplantation travaillent. Alors que pour cette étudiante, « on est comme tout le monde ».
Le sourire se maintient sur le visage de l'intervenante qui écoute ce témoignage et les réactions qui suivent. Échange et partage sont définitivement les mots-clefs de ce cours.
15h, note à moi-même : Déjà une heure que je suis sur ma chaise, je n'ai pas vu les minutes défiler. J'ai appris, et j'ai ri.
Après la théorie, la pratique
15h07 : L'intervenante propose une mise en pratique. Un groupe avec des mises en situation à faire entre des patients et deux professionnels de santé. Génial ! Parce que, je dois bien l'avouer, je n'ai pas tout saisi depuis le début du cours...
Le stress se fait ressentir chez les étudiants. L'intervenante est prévenante « vous allez assurer, vous le savez, vous assurez déjà ».
15h30 : Mise en situation, chaque fonction et chaque patient sont imaginés. Une psychologue et une infirmière se trouvent face à six patients. Elles sont là pour « entendre [leurs] besoins de la vie quotidienne, [les] aider à trouver des solutions alors qu'[ils sont] confrontés à la sclérose en plaques ».
À découvrir sur le même sujet : Les patients, futurs acteurs de santé ?
15h33 : Face à ces deux professionnelles, Nicolas, 36 ans et père de 2 enfants. Ses douleurs sont atroces et incessantes, il est psychologiquement diminué. Sa plus grande peur aujourd'hui n'est pas la souffrance perpétuelle, ni les traitements et encore moins la mort. Aujourd'hui, Nicolas a peur de perdre sa femme, ses enfants, son travail. Il s'effondre en larmes. Les professionnelles, nullement désarmées face à la réaction de Nicolas, lui parlent calmement : « c'est nécessaire de pleurer, d'extérioriser ». Une fois ses larmes séchées, elles reprennent « il faut accepter sa maladie, sa nouvelle condition et se donner de nouveaux objectifs ».
Chaque patient exprime sa détresse : isolement, difficulté à communiquer, appréhension face à l'évolution de la maladie... Et les professionnelles du moment trouvent parfaitement les mots pour apaiser les maux. Elles répondent à merveille aux interrogations des patients, sans jamais se montrer décontenancées. Elles les rassurent, proposent de mettre en place des ateliers leur permettant de renouer avec leur bien-être. À l'écoute, pédagogues et empathiques, nul doute : ces étudiantes sont prêtes à quitter les bancs de l'école.Grâce à un fort dosage en bicarbonate (ou bicarbonate de sodium , c'est la même chose), ce gâteau diminue l’excès d’acidité de l’estomac et facilite ainsi la digestion.
Le gâteau qui soigne !
Préchauffez le four à 180°C. Graissez un moule à manqué ou à cake ou encore à savarin.
Dans un cul de poule, renversez les pots de yaourts. Rincez un des pots de yaourt afin de l'utiliser comme mesure. Mélangez la farine, le bicarbonate et la levure. Ensuite, ajoutez alors les poudres mélangées tamisées, le sucre* et les oeufs entiers et mélangez bien.
Versez alors l'huile et mélangez à nouveau.
Puis, versez la préparation bien homogène dans le moule. Enfournez et comptez environ 30 minutes. Vérifiez la cuisson à l'aide d'une pointe de couteau : si elle est sèche, c'est cuit !
Enfin, démoulez le quatre-quart sur une grille et laissez-le refroidir.
Ce gâteau tout simple et très vite réalisé est à déguster nature ou accompagné d'une salade de fruits, d'une compote, ou d'un fromage blanc.
Pourquoi ce gâteaucament est-il préconisé dans une alimentation dédiée à la Maladie de Crohn ?
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/2018/05/14/maladie-de-crohn-bicarbonate-de-sodium/
*Après utilisation, pour une crème anglaise par exemple, récupérez les gousses de vanille, rincez-les et séchez-les. Versez le sucre dans un bocal hermétique et piquez alors les gousses de vanille. Vous obtiendrez un sucre vanillé naturel, qui remplacera avantageusement le sucre vanillé industriel en sachet.
Contenu relu et validé par une diététicienne WeCook.
Page 126 sur 214