
Si, en rentrant d'une soirée trop arrosée, nous dormons comme des masses, les lendemains de soirée sont eux dignes d'un parcours du combattant n'ayant pas bénéficié de repos depuis des jours. Car l'alcool, au même titre que le cannabis, a des effets néfastes sur le sommeil. Petite explication.
Alcool et Cannabis, les ennemis du sommeil
L'alcool, un faux-ami d'une bonne nuit
Si notre temps d'endormissement n'est jamais aussi rapide qu'après un verre de vin de trop, vous coucher en ayant trop bu perturbera votre sommeil, aussi bien en qualité qu'en quantité. En effet, l'alcool va agir tel un perturbateur de nos cycles de sommeil : les réveils seront plus fréquents et la durée du sommeil profond inéluctablement amoindrie. Car, ainsi que le rappelle le Dr Sylvie Royant-Parola au Figaro Santé, l'alcool est considéré comme "dépresseur du système nerveux central". En d'autres termes, "il ralentit dans un premier temps les fonctions cérébrales, exerçant ainsi des effets sédatifs. Mais il perturbe ensuite les cycles du sommeil, diminuant le temps passé en sommeil profond car il entraîne davantage de réveils." Or, un sommeil profond est essentiel à la mémoire et à nos capacités cognitives...L'alcool inhibe en outre la vasopressine, une hormone antidiurétique, d'où le nombre de passages record aux toilettes lors de votre dernière nuit d'ivresse. Et cet incessant va-et-vient aux toilettes va diminuer votre taux d'électrolytes, substances essentielles du corps humain (comme les ions sodium ou les ions potassium), favorisant de fait le déshydratation et une altération de l'équilibre acido-basique.
Conseil du jour : si vous souhaitez prendre l'apéritif ce soir, veillez à prendre votre dernier verre 3 à 4 heures avant le coucher. En effet, ainsi que le souligne le Dr Dasgupta au Huffington Post, notre corps a besoin de 3 heures pour métaboliser 25 cl d'alcool...
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/recherche/etudes-et-experimentations/2018/09/04/alcool-et-microbiote/
Cannabis et insomnies
Il est important de ne pas oublier que le cannabis est une drogue psychotrope, c'est-à-dire qu'elle agit sur le cerveau. Tout comme l'alcool, les fumeurs ont l'impression de s'endormir plus rapidement et facilement. Or, la consommation de cannabis altère lui aussi le sommeil en retardant la sécrétion de mélatonine, une hormone diurne ayant un rôle capital dans la régulation de notre horloge biologique. Donc, la consommation de cannabis va décaler l'heure du coucher et notre rythme de sommeil quotidien. Elle diminue en outre le sommeil paraxodal et altère le sommeil profond.Et les perturbations du sommeil croissent à mesure que la consommation de cannabis augmente. Le Pr Deidre Conroy, de l'université du Michigan a récemment constaté que les insomnies étaient 4 fois plus fréquentes chez les fumeurs réguliers que chez les fumeurs occasionnels.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/au-vert/bien-etre/2019/05/01/manque-de-sommeil-et-sante/
Sources
- Drogues Info Service, - Réseau Morphée, - Addict'Aide, - Le Figaro Santé, - Huffington Post, - Conseil d'éthique de l'industrie québecoise des boissons alcooliques.À l'occasion des journées européennes de l'obésité, l'Association française de Chirurgie (AFC) tire la sonnette d'alarme : en cas d'obésité, jusqu'à 5 fois plus de risques de cancers digestifs. Décryptage.
Surpoids,obésité et cancer
L'étude ESTEBAN menée par Santé publique France a de quoi nous inquiéter : en France, 54% des hommes et 44% des femmes âgés de 18 à 74 ans sont en situation de surpoids ou d'obésité. Plus exactement, 17% des Français de 18 à 74 ans sont obèses. Des chiffres qui préoccupent l'Association française de Chirurgie (AFC) qui, dans son communiqué de presse du 13 mai 2019, souligne que surpoids et obésité multiplient par 2 à 5 le risque de développer certains cancers digestifs. L'AFC est formelle : "le surpoids et l'obésité ont un effet multiplicateur de 2 à 5 pour 6 cancers digestifs : œsophage, vésicule biliaire, foie, colorectal, pancréas et estomac. » Et surtout, il existe un lien proportionnel entre l'augmentation de l'IMC et les cancers : "plus on est obèse, plus fort est le risque."Bien sûr, des disparités existent selon le sexe - le cancer colorectal chez l'homme (+46%) et chez la femme (+15%) - mais aussi l'âge : le risque de cancer est 3 fois plus élevé chez les jeunes adultes obèses par rapport à des obèses plus âgés - l'incidence est de 3,5 contre 0,8.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/cancers/2019/02/17/cancers-lies-a-lobesite-explosent-chez-les-moins-de-50-ans/
Tout commence dès le surpoids
Mauvaise nouvelle : les risques de cancers digestifs augmentent dès que l'indice de masse corporelle (IMC) dépasse les 25, soit une situation de surpoids. En cause ? Comme le souligne l'AFC, "l'augmentation de la sécrétion d'insuline et l'état inflammatoire chronique générés par l'obésité agissent comme facteurs multiplicateurs des cancers digestifs car ils favorisent la prolifération cellulaire." L'insulino-résistance et la sursaturation de la bile en cholestérol vont contribuer à la formation de calculs, en cause dans le cancer des voies biliaires. Chez les sujets en surpoids ou obèses, la hausse de la pression intra-abdominale est quant à elle en cause dans le reflux gastro-œsophagien, qui va considérablement augmenter le risque de cancer de l'œsophage ou de l'estomac... Alors, on n'oublie pas de penser prévention et dépistage. Pour prendre l'exemple du cancer colorectal, 70% des cas peuvent être évités ou guéris s'ils sont détectés suffisamment tôt.Obésité, jusqu'à 5 fois plus de risques de cancers digestifs
Cancer de l'œsophage
Les études sont unanimes : pour chaque unité d'IMC supplémentaire, le risque croît de 11%. Donc, entre un IMC de 25 et un IMC de 30, le risque de cancer de l'œsophage est 55% plus élevé. En cause ? Comme le souligne l'AFC, "l'obésité augmente la pression intra-abdominale ce qui favorise le relâchement du sphincter œsophagien inférieur, l'exposant aux sucs gastriques acides et augmentant ainsi le risque de reflux gastro-œsophagien." De plus, le temps de transit chez les personnes en surpoids ou obèses est plus conséquent : le contact avec le bol alimentaire contenant potentiellement des composés carcinogènes augmente donc.Cancer du pancréas
Dès qu'un adulte passe en surpoids (IMC > 25), le risque augmente de 10% pour 5 unités d'IMC supplémentaires, un risque encore plus conséquent en cas d'obésité (IMC > 30).Cancer colorectal
Pour chaque unité d'IMC supplémentaire, le risque croît de 2%, un risque bien plus conséquent chez les hommes (voir supra).https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/cancers/2018/03/14/il-agit-dans-lombre-personne-ne-veut-en-entendre-parler-le-cancer-colorectal/
Cancer du foie
De loin le plus inquiétant tant sa prévalence augmente en fonction de l'IMC. En effet, si le risque de cancer du foie augmente de 13% en cas de surpoids, il croît de 109% pour les personnes obèses. L'inflammation serait en cause dans la prolifération cellulaire, accélérant de fait la fibrose et la cancérogénèse.Cancer de l'estomac
Une nouvelle augmentation significative... Le risque de cancer gastrique est de +21% en cas de surpoids et de +36% en cas d'obésité.https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/cancers/2019/02/13/cancer-de-lestomac/
Cancer de la vésicule biliaire
Vous l'ignoriez peut-être mais l'obésité est une cause reconnue de la formation de calculs biliaires, notamment liée à une sursaturation de la bile en cholestérol. Ce type de cancer est plus fréquent chez les femmes (+29%) que chez les hommes (+16%) dès l'IMC augmente de 6kg/m2.Sources
- Association française de chirurgie, - Santé publique France.Chaque année, environ 57 millions de personnes meurent dans le monde. Parmi elles, en 2017, 1 personne sur 5 est morte de maladies causées par une surconsommation de sel, viande et de sucre. La malbouffe tue et, selon une étude publiée dans The Lancet, la malbouffe ne tuerait pas que dans les pays les plus riches. Quelques éclaircissements.
Une alimentation déséquilibrée impliquée pour un décès sur cinq dans le monde
Les résultats de l’étude de The Lancet, qui a étudié les causes de décès de plus de 195 pays entre 1990 et 2017, montrent que les premières causes de mortalité sont des maladies liées à notre régime alimentaire. Des régimes alimentaires trop riches en sucre, en sel, en viande, ou des régimes alimentaires trop faibles en aliments dits sains comme les céréales complètes, les fruits et légumes, les oléagineux sont tout autant responsables de la recrudescence de nombreuses maladies chroniques. D'après les chercheurs, dix millions de décès sont dus aux maladies cardiovasculaires (cardiopathies ischémiques très largement en tête), 913 000 à des cancers liés à l'obésité et près de 339 000 au diabète de type 2.Les cardiopathies ischémiques (CPI), ou maladies coronariennes, recouvrent, un ensemble de troubles dus à l’insuffisance des apports en oxygène au muscle cardiaque. En clair, nos artères se bouchent empêchant l’oxygène d’arriver jusqu’au cœur. Les CPI font partie des maladies dites cardio-neuro-vasculaires dont les principaux facteurs de risque sont notamment le diabète ; le surpoids et l’obésité ; la nutrition, la sédentarité, sans oublier la consommation de tabac et d’alcool.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/cancers/2019/02/17/cancers-lies-a-lobesite-explosent-chez-les-moins-de-50-ans/
Ouzbékistan et Afghanistan... les pays industrialisés ne sont pas les seuls concernés
Étonnamment, ce ne sont pas que nos sociétés très industrialisées qui sont touchées. Certains pay,s comme l’Ouzbékistan et l’Afghanistan, ont les taux les plus importants de décès liés à une mauvaise alimentation. Le Dr Toni Meier qui a publié une autre étude, en janvier, sur la prévalence des maladies cardiovasculaires dans 51 pays de 1990 à 2016, situés sur le continent européen ainsi que d’autres pays du Moyen-Orient et de l’Asie centrale (l’Arménie, l’Azerbaïdjan, Israël, le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan, la Turquie, le Turkménistan et l’Ouzbékistan), révèle qu' "une consommation de plus en plus importante de produits à base de farine blanche faible en fibres a conduit à une augmentation des maladies cardiovasculaires ces dernières années. En Albanie, en Azerbaïdjan et en Ouzbékistan, le nombre de cas a plus de doublé au cours de la période étudiée". En Asie Centrale, cela représente 42,5 % des morts de moins de 70 ans. Au contraire, la proportion la plus faible de morts liée à l'alimentation est retrouvée en Israël (89 pour 100 000 habitants), suivie par la France, l’Espagne et le Japon, pays dans lesquels les campagnes de prévention et une alimentation moins riche en viande (surtout pour le Japon) ont été salutaires. Autre étonnement, les Etats-Unis arrivent à la 43e place de ce classement.L'étude constate en outre de fortes disparités régionales : une consommation excessive de sel est le principal risque en Chine et en Thaïlande, alors que c'est une consommation insuffisante en céréales complètes qui fait le plus de victimes en Inde, aux Etats-Unis ou au Brésil.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/maladies-chroniques/2019/03/27/exces-de-sel-favorise-l-hypertension-arterielle/
Maladies chroniques et mauvaises habitudes alimentaires
Si les gens vivent plus longtemps, ils passent aussi plus de temps malades, car si on ne guérit pas les maladies chroniques (obésité, diabète, hypertension, etc.), on est capable de prolonger la durée de vie de ces malades. L’obésité, le diabète, l’hypertension sont des maladies chroniques avec lesquelles les patients doivent vivre plus longtemps.Selon les conclusions de cette étude, une carence en noix, graines, lait et céréales complètes serait la cause de ces décès. Rappelons que selon la nouvelle version du PNNS, il est conseillé de consommer 1 poignée de fruits à coques par jour (amandes, noix, noisettes…). La consommation de légumineuses doit être favorisée, ces céréales pouvant se substituer à la volaille. Il est conseillé de manger 2 produits laitiers par jour. La viande rouge doit être limitée à 500 gr par semaine. Enfin, la consommation d’aliments ultra-transformés est à limiter au maximum.
Et pour finir de vous convaincre des bienfaits d’une bonne alimentation sachez qu’en 2017, 255 millions de personnes ont vu leur qualité de vie altérée par leurs mauvaises habitudes alimentaires.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/2019/02/26/aliments-ultra-transformes-et-hausse-de-la-mortalite/
Sources
- Organisation Mondiale de la Santé, - The Lancet, - Santé publique France, - site de la Martin Luther University Halle-Wittenberg (MLU)Lorsque l’on souffre d’une allergie alimentaire ou d’une intolérance alimentaire comme la maladie cœliaque, il est fondamental de faire très attention aux contaminations croisées. Explications et conseils.
Contaminations croisées : définition
Les contaminations croisées correspondent à l’exposition indirecte d’un aliment avec une surface (planche de travail, couteau, tupperware, mains…) ayant elle-même été en contact avec une substance allergène (gluten, arachides, œufs, protéines de lait...) . Chez les personnes souffrant d’allergie alimentaire, une contamination croisée - et donc une consommation de l’allergène en question – peut être responsable d’une réaction allergique.Exemples de contaminations croisées
Imaginez : une cuillère ayant servi à votre moitié pour sa glace Macadamia Nut Brittle est simplement rincée à l’eau, et vous, allergique aux fruits à coque, n’y faites guère attention et utilisez la même cuillère. Si aucun résidu de fruits à coque n’est visible à l’œil nu sur la planche, des micro-organismes peuvent subsister. Autre exemple, cité par l’excellent Because Gus, un malade cœliaque qui partagerait son grille-pain avec une personne consommant du gluten : le pain gluten free du malade cœliaque a des chances d’être « en contact avec la protéine présente dans le pain ».https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/allergies-alimentaires/2018/05/31/allergie-ou-intolerance-alimentaire/
Contaminations croisées : le cas du gluten
Une analyse menée sur 5 624 produits de restaurants américains, pourtant labellisés « gluten free » a révélé que 32% des produits contenaient des traces de gluten. Les plats les plus concernés étaient les pâtes et les pizzas sans gluten : 50,8% des pâtes sans gluten contenaient des traces de cette protéine contre 53,2% des pizzas. Un bel exemple de contamination croisée…Comment éviter les contaminations croisées ?
À la maison
1- On commence par le nettoyage. Une étape cruciale avant d’enfiler le tablier : le nettoyage de la cuisine (table, comptoir et ustensiles) avec un nettoyant domestique. Vous pouvez par exemple utiliser 5ml d’eau de Javel et 750ml d’eau chaude et un peu de savon. Si vous souhaitez nettoyer lesdites surfaces et ustensiles avec du liquide vaisselle, pensez bien à le diluer avec de l’eau chaude. Du liquide vaisselle non dilué va créer une fine couche sur la surface à nettoyer, laissant donc potentiellement la vie sauve à certains allergènes. Vous avez aussi la possibilité d’utiliser du papier sulfurisé sur votre plan de travail, mais à manier avec des mains propres !2- Préparez d’abord les aliments ne contenant pas d’allergènes, vous limiterez ainsi le risque de contaminations croisées.
3- Lors de la cuisson, rappelez-vous que la chaleur ne détruit pas tous les allergènes : la caséine – une protéine du lait – est par exemple résistante à la cuisson. Et prudence avec le grille-pain, le micro-ondes ou encore la friteuse.
4- Ne mélangez pas les ustensiles : un ustensile doit être réservé à un plat.
Au supermarché
1- Si possible, oubliez les aliments transformés qui, en plus de n’être pas franchement bons pour la santé, sont particulièrement soumis aux risques de contaminations croisées. Lors de la fabrication de ces aliments, la même ligne de production peut être utilisée pour une glace contenant dse noix et une autre aux fruits rouges...2- Pensez à toujours vérifier les étiquettes sur les emballages des produits : en gras sont notés les allergènes. N’oubliez pas d’aller jusqu’au terme de la liste des ingrédients où il n’est pas rare de découvrir un « peut contenir… ».
3- Soyez prudent(e) avec les produits de boulangerie ou de charcuterie. Le risque de contamination par les allergènes est en effet élevé en raison des équipements utilisés pour trancher les différents pains ou encore la viande.
Au restaurant
Depuis 2014, l'affichage des 14 principaux allergènes est obligatoire au restaurant. Comme le souligne l'AFPRAL (l'Association française pour la prévention des allergies), "l'ingrédient doit figurer sur l'étiquetage dans la liste des ingrédients de la denrée par une référence claire au nom de l'allergène. Par exemple, si la recette d'une denrée met en œuvre de la lécithine issue de soja en tant qu'émulsifiant, celle-ci devra être mentionnée en tant que telle dans la liste des ingrédients : “émulsifiant : lécithine de soja”, et non “émulsifiant : lécithine” ou “émulsifiant : E322”".Quant aux contaminations croisées, difficile de savoir en amont. Mais pensez à observer (si vous le pouvez) les cuisines : les plats sont-ils préparés côte à côte ? Un ustensile est-il propre à une préparation ?
Pour les personnes souffrant de maladie cœliaque, n'hésitez pas à amener votre propre pain sans gluten.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/2019/02/19/eatspossible/
Contenu relu et validé par une diététicienne WeCook.
Sources
- The American Journal of Gastroenterology, - AFPRAL, - Allergies Québec, - Because Gus, - Allergies Québec.Le cancer colorectal est l’un des cancers les plus fréquents et les plus meurtriers. A la diversité des facteurs de risque, qui ne sont en outre pas spécifiques de cette maladie (âge, alimentation, habitudes de vie, …), s’ajoute l’absence de symptômes spécifiques. Bref tous les éléments sont réunis pour que ce cancer continue son bonhomme de chemin incognito. Mais c’était sans compter sur le microbiote intestinal…
Le microbiote intestinal au cœur de toutes les attentions
Aujourd’hui, il n’est plus une maladie, un trouble du comportement ou un déséquilibre de notre organisme sans qu’on nous parle du microbiote. Les bactéries présentes dans nos intestins sont étudiées de près pour comprendre leur rôle et leurs relations avec nos propres cellules, et essayer d’expliquer nos pathologies. Le cancer colorectal ne déroge pas à la règle. Plusieurs équipes de recherche avaient essayé de lier microbiote intestinal et développement de cancer mais les données n’étaient pas suffisamment robustes ni reproductibles pour amener à des conclusions solides.https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/2018/07/13/microbiote-intestinal/
Microbiote intestinal et cancer colorectal, les liens se précisent
Pour apporter davantage de puissance à leurs conclusions, deux équipes de recherche internationales ont repris les données de plusieurs études et ré-analysé l’ensemble. Et bien leur en a pris ! En confrontant des données issues de populations et de pays différents, les chercheurs ont identifié des points clés et confirmé certaines hypothèses déjà soulevées par le corps scientifique. Parmi les informations clés :- Le microbiote intestinal est plus abondant chez les personnes ayant un cancer colorectal que chez les sujets contrôles. Ceci s’explique notamment par la présence en plus grande quantité de bactéries originaires de la cavité buccale ;
- Chez les personnes ayant un cancer colorectal, le microbiote intestinal favorise certaines voies métaboliques (putréfaction, fermentation, …) ;
- Certaines voies métaboliques activées chez les personnes ayant un cancer colorectal entraînent la production de composés potentiellement toxiques pour les cellules de notre organisme ;
- La présence de composés spécifiques (acides biliaires secondaires) oriente les chercheurs vers un lien entre les bactéries présentes dans le cas des cancers colorectaux et une alimentation riche en viande.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/cancers/2018/03/14/il-agit-dans-lombre-personne-ne-veut-en-entendre-parler-le-cancer-colorectal/
Des perspectives pratiques
Mais les équipes de recherche vont plus loin qu’une « simple » description du microbiote intestinal. Grâce à des approches différentes, leurs observations amènent à deux perspectives particulièrement intéressantes :- L’identification d’espèces bactériennes qui pourraient permettre de diagnostiquer un cancer colorectal ;
- L’établissement de modèles prédictifs pour évaluer l’évolution d’un cancer colorectal.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/cancers/2019/04/01/cancer-colorectal-un-depistage-genetique
Sources
- Thomas AM, Manghi P, Asnicar F, et al., "Metagenomic analysis of colorectal cancer datasets identifies cross-cohort microbial diagnostic signatures and a link with choline degradation.", Nat Med., avril 2019, 25(4), p.667-678, - Wirbel J, Pyl PT, Kartal E, et al., "Meta-analysis of fecal metagenomes reveals global microbial signatures that are specific for colorectal cancer.", Nat Med., avril 2019, 25(4), p. 679-689, - Gut Microbiota For Health, - Faculty of Health and Medical Sciences, - European Society For Medical Oncology.Page 30 sur 214