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Le comportement alimentaire désigne l’ensemble des actions d’une personne en rapport avec l’ingestion d’aliments. Et ce comportement alimentaire suit un processus finement régulé afin d’assurer un équilibre énergétique, entre les apports et la dépense. Et tout ceci est sous l’action d’hormones bien précises, entre autres. On vous en dit davantage !

Les sensations alimentaires : notre guide pour manger selon nos besoins

Le comportement alimentaire assure à l’organisme un fonctionnement optimal, en lui apportant l’énergie, les nutriments, les vitamines et sels minéraux nécessaires notamment. Et ce comportement alimentaire est contrôlé par notre système nerveux et hormonal, le tout étant intégré au niveau du cerveau. Et plus précisément au niveau de l’hypothalamus. Comme vous le savez peut-être, la prise alimentaire se décompose en 3 parties : - La sensation de faim : en phase pré-ingestive, cette sensation initie la prise alimentaire ; - Le rassasiement : il survient au cours de l’ingestion d’aliments, pour freiner petit à petit la prise alimentaire ; - La satiété : elle traduit un état de non faim.

Chez l’animal sauvage ou même chez le nourrisson, ces sensations alimentaires priment pour le comportement alimentaire. Malheureusement, chez l'enfant et chez l’adulte, la prise volontaire d’aliments étouffe ces sensations de faim : il n’écoute plus son corps, ce qui conduit à des déséquilibres entre apports énergétiques et dépenses énergétiques. D’où les risques de prise de poids.

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/a-table/bien-manger/2018/04/09/vous-desirez-changer-vos-habitudes-alimentaires-commencez-par-ecouter-vos-sensations-alimentaires/

Une régulation à deux échelles

Au niveau de l’hypothalamus, il existe des centres détectant les signaux hormonaux, nerveux et métaboliques de la faim et de la satiété. Ces signaux sont divers : - Nerveux ; - Hormonaux ; - Neuromédiateurs ; - Peptidiques...

La régulation de la prise s’effectue à deux échelles : - À court terme : sur la base d’un repas, la régulation se fera sur la taille des portions, la composition et le choix des aliments, et la fréquence de la prise alimentaire - À long terme : sur la base de plusieurs jours/mois, la régulation porte sur le maintien de la balance alimentaire. Et ce afin de garder un poids stable (« pondérostat ») et une masse grasse stable (« adipostat ») également.

Hormones et peptides issus de l’intestin impliqués dans le comportement alimentaire

L’élément déclencheur de la prise alimentaire est une baisse de la glycémie. Lors d'une diminution de 10% du seuil normal de la glycémie, les neurones hypothalamiques déclenchent la prise alimentaire. L’arrivée des aliments dans l’estomac et l’intestin entraîne une réponse hormonale. Ces hormones remontent au niveau de l’hypothalamus qui intègre tous les signaux.

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/maladies-chroniques/2018/11/12/tout-savoir-sur-les-variations-de-la-glycemie/

À très court terme, les principales hormones impliquées sont :

- La cholécystokinine (CCK)

Cette hormone intervient très tôt après la prise alimentaire, pour initier le rassasiement. Ce sont les lipides et les protéines issus des aliments qui déclenchent sa sécrétion.

- L’insuline

L’insuline, elle, est sécrétée par l’arrivée de glucose des aliments. Elle a un effet anorexigène, c’est-à-dire qu’elle initie également la prise alimentaire.

À long terme, les principales hormones sont :

- La leptine

Sécrétée par la masse grasse, son taux circulant est proportionnel à la masse grasse et reflète également les variations de la masse grasse. Elle inhibe la prise alimentaire et active les dépenses énergétiques.

- L’insuline

Elle joue également sur la régulation à long terme. Elle induit une hypophagie (baisse de la prise alimentaire).

- La ghréline

Cette hormone déclenche la prise alimentaire. Elle est sécrétée au niveau de l’estomac. C’est elle qui contribue à la sensation de faim.

Le mécanisme est donc très complexe. Il ne s’agit pas d’une hormone, mais de plusieurs hormones qui régulent le comportement alimentaire. Et si les hormones jouent un rôle clé, le système nerveux est également un déterminant majeur de notre conduite alimentaire.

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/2019/02/09/pourquoi-jai-toujours-faim-decouvrez-comment-reactiver-lenzyme-de-la-satiete/

Sources

- Nutrition clinique pratique chez l’adulte et l’enfant, 2ème édition, Elsevier Masson, Jean-Louis Schlienger, 2014, - Biochimie Physiologie, Module PHY3, Cours du Cned 2ème année, Marlène Frenot, 2012

On les prend les yeux (presque) fermés, leur notice d’utilisation passe (souvent) de la boîte à la poubelle et pourtant les médicaments peuvent provoquer des effets indésirables du fait de leur composition. Les composés incriminés : leurs excipients.

Les excipients : que sont-ils ? à quoi servent-ils ?

Ce qui nous intéresse avant tout dans un médicament, c’est son principe actif. Celui qui va permettre de nous guérir ou prévenir le développement d’une maladie. Un point auquel on prête généralement moins attention, ce sont ses excipients : toutes les autres molécules présentes dans notre comprimé, notre gélule ou notre sirop … Ces composés sont ajoutés au médicament non pas pour leur action thérapeutique mais pour diverses raisons telles qu’en modifier le goût, donner la consistance ou encore faciliter la fabrication. C’est notamment grâce aux excipients que votre sirop contre la toux n’est pas trop liquide, que votre comprimé a cette forme facile à avaler (ou pas, ça dépend des avis) ou que votre pilule est rose !

Une équipe de recherche a récemment fait un état des lieux des excipients présents dans nos médicaments. En étudiant une base de données de médicaments disponible aux USA, ils nous livrent des chiffres percutants : - Un médicament pris par voie orale contient en général 8,8 excipients ; - Certains de ces médicaments contiennent jusqu’à 35 excipients ; - Les excipients représentent en moyenne 75% du poids du médicament.

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/2018/08/16/certains-medicaments-en-cause-dans-alteration-du-microbiote/

Des molécules pas si innocentes qu’il en paraît

Les excipients sont utilisés car ils n’ont pas d’effet thérapeutique, et ne peuvent donc pas interférer avec la molécule active. Cependant l’absence d’effet thérapeutique ne veut pas forcément dire que ces molécules sont inactives ! Nombreuses de ses molécules peuvent en effet provoquer des réactions allergiques ou des intolérances alimentaires chez les personnes qui y sont sensibles. On parle ainsi du gluten, du lactose, de la gélatine, du mannitol (un polyol) de l’aspartame (et sa molécule de phénylalanine), … et des troubles qu’ils peuvent provoquer : troubles du transit, rougeurs, démangeaisons, douleurs abdominales

Dans le jargon pharmaceutique, ces excipients sont appelés « excipients à effet notoire » car ils nécessitent des précautions particulières pour les personnes sensibilisées. Leur présence pose particulièrement problème : 1/ pour les personnes sensibles ; 2/ si aucune formulation alternative n’existe sans excipient à effet notoire ; 3/ si les personnes prennent plusieurs traitements, du fait de l’effet cumulatif des différents médicaments.

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/tous-pour-un/2018/01/23/oui-les-seniors-consomment-trop-de-medicaments/

Au quotidien, on fait comment pour éviter ces effets indésirables ?

À défaut de pouvoir se passer de son traitement, il faudra se montrer vigilant. Alors n’oubliez pas les recommandations de base : - Lisez bien les notices d’utilisation de vos médicaments, celles-ci listent la composition complète (substance actives et excipients), les contre-indications, les effets indésirables ; - Prévenez votre médecin et votre pharmacien si vous êtes allergique ou présentez des signes d’intolérance alimentaire (ils pourront vous proposer d’autres formulations de médicaments ne contenant pas les excipients gênants) ; - Informez-les également si vous avez d’autres traitements en cours.

Sources

- Reker D, Blum SM, Steiger C, Anger KE, Sommer JM, Fanikos J, Traverso G., « “Inactive” ingredients in oral medications », Sci Transl Med., mars 2018, 11(483), - Ameli, - Ansm, - Le Figaro Santé.

L’assistance publique-Hôpitaux de Paris alancé en 2017 l’étude Communauté de patients pour la recherche (étude ComPaRe), qui donnait la parole aux patients chroniques. Les premiers résultats ont été publiés. Petit résumé d’un grand débat.

L'étude ComPaRe : la parole donnée aux malades chroniques

« ComPaRe est une communauté de patients atteints de maladies chroniques qui s'engagent et donnent un peu de leur temps pour accélérer la recherche sur leur maladie », résume le Pr Philippe Ravaud, chef de service du centre d’épidémiologie clinique de l’Hôtel-Dieu (AP-HP), fondateur et investigateur de ComPaRe. Mais grâce à ce questionnaire, ce n’est pas que la recherche qui est évaluée c’est aussi le parcours des malades chroniques. La page d’accueil de l’étude le dit clairement : « Objectif, améliorer la qualité de vie et les soins apportés aux patients ».

Le projet est ambitieux, inclure 100 000 patients en 10 ans et les suivre 10 ans. En 2018, ComPaRe réunissait déjà 7 000 patients. En 2019, les résultats d’une « étude qualitative en ligne, nichée dans ComPaRe. Étude proposée à 2308 patients avec au moins une maladie chronique dont 1636 ont participé » a été publiée.

Les patients devaient répondre à la question :

« Si vous aviez une baguette magique, que changeriez-vous dans votre prise en charge pour la rendre plus facile et/ou acceptable ? »
Les résultats sont tombés. Ils ont été divisés en 3 parties : Propositions des patients pour améliorer les consultations (1701 idées) ; Propositions des patients pour améliorer l’hôpital (928 idées) ; Propositions des patients pour améliorer le système de santé (984 idées) (3).

Améliorer les consultations, le patient au centre de la relation…

Pour améliorer les consultations, les résultats montrent, par ordre d’importance, que les patients attendent d’abord et surtout une amélioration de leurs relations avec leurs médecins.

Les patients souhaitent vivement reprendre un rôle actif dans leurs relations. Pour cela, les médecins doivent restaurer la confiance que les patients avaient en eux. Le médecin doit ainsi prendre le temps d’« écouter et d’être ouvert aux paroles des patients ». Mais l’attitude des soignants doit aussi changer « apprendre l’humilité », « éviter une attitude paternaliste » et « prendre garde aux mots utilisés ».

Le patient souhaite que l’on fasse confiance à son expertise et pour cela qu’on prenne au sérieux ce qu’il dit et qu’on favorise l’utilisation « des questionnaires pour objectiver les plaintes des patients » mais il souhaite aussi que les soignants aient plus de relations avec les associations de patients.

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/tous-pour-un/2018/10/22/securite-sociale-sante-francais/

Des traitements adaptés

Les traitements et le suivi à domicile ont également une place importante dans les réponses. Les patients souhaitent que les traitements soient adaptés à leur vie. Avec cette proposition, le patient remet ici en première ligne sa qualité de vie, lorsqu’il demande, par exemple, de « Permettre des pauses dans le traitement, si possible ; Adapter le traitement pour minimiser les effets secondaires ; Proposer des traitements plus facile à prendre/utiliser ». Toutes ces propositions sont une façon de dire « le traitement devrait s’adapter à moi et non le contraire » !

Vient ensuite, la prise en charge globale du patient. Le patient rappelle qu’il est une personne à part entière et non qu’un organe souffrant, il faut donc « éviter une prise en charge fragmentée (organe par organe) » et privilégier « une prise en charge globale du patient ».

Améliorer l’hôpital, éviter la cacophonie…

La vie à l’hôpital fait malheureusement partie du quotidien du patient chronique. Pour le patient, ce qui devrait être amélioré est tout d’abord « la coordination entre professionnels de santé ». Très logiquement, le patient propose de mettre en place et « identifier un chef d'orchestre pour diriger l'équipe de soins », d’« accroître la prise en charge multidisciplinaire » et d’« améliorer le partage de l'information entre soignants ». Toutes ces propositions montrent que le patient entend une certaine cacophonie lorsqu’il parle avec l’équipe soignante. Si le patient doit adhérer au traitement pour un suivi optimal, le discours de l’équipe soignante doit être toujours le même.

Éviter l’errance médicale

Deuxième point qui mériterait d’être amélioré est le parcours de soins des patients. Et pour cela, les patients demandent d’abord de « simplifier la prise de rendez-vous » en diminuant « le délai d’obtention des rendez-vous ». Certains peuvent aller jusqu’à 6 mois d’attente. Pour un patient, c’est une source anxiogène surtout quand il ne sait pas quelle est sa pathologie. De plus, cela risque de diminuer les chances du patient de guérir plus rapidement.

Et surtout trouver le bon médecin !

Vient ensuite « Aider les patients à trouver le bon professionnel de santé ». Ici, on peut y voir l’errance médicale, « Faciliter l'identification du professionnel le plus compétent pour un patient donné ». Rappelons que certains patients chroniques peuvent attendre une dizaine d’années avant d’obtenir un diagnostic et de pouvoir suivre ainsi le bon traitement. Ou alors, trouver le médecin avec qui la relation sera plus facile. « Faciliter l'identification d'un professionnel humain et sur la “même longueur d'onde” que le patient ». Comment faire pour bien poser ce genre de jugements sans aller trop loin ? Si le bouche à oreille marche bien dans la recherche d’un médecin, les sites d’évaluation des médecins en France ne sont pas nombreux et beaucoup ont fermé car ils devenaient le défouloir des patients envenimant ainsi les relations entre les médecins et les patients.

https://le-quotidien-du-patient.fr/special/2018/02/12/pendant-40-ans-les-medecins-ne-mont-pas-pris-au-serieux-temoignages-sur-lerrance-diagnostique/

Réduire le fardeau financier...

Toutes ces propositions ne seraient pas complètes sans avoir abordé notre système de santé. Les patients proposent de réduire le fardeau financier des soins pour eux. Ils souhaiteraient donc que la Sécurité sociale augmente le nombre de soins remboursés. Rappelons que les soins non remboursés sont les suivants : les implants dentaires, la parodontologie, l'orthodontie pour les adultes à partir de 16 ans, les médecines naturelles (ostéopathie, acupuncture, etc.). Selon un article du site ameli.fr paru en septembre 2018, « Les soins auxquels les assurés déclarent le plus renoncer sont les soins dentaires prothétiques, mais aussi les soins conservateurs (74 %). Viennent ensuite les soins ophtalmologiques, qu’il s’agisse de consultations (21 %) ou d’achats d’optique (41 %). Puis les consultations de gynécologie (15 %) et de généraliste (près de 11 %). Les consultations chez des spécialistes parmi les suivants : urologue, gastro-entérologue, pneumologue, endocrinologue, neurologue, allergologue, médecine vasculaire, ORL, rhumatologue, sont citées par 9 % de ceux qui renoncent à des soins. Si l’on ajoute les taux de renoncement aux autres consultations spécialisées prises en compte dans le baromètre – cardiologie, psychiatrie et dermatologie –, ce sont un peu plus de 23 % des personnes qui évoquent des difficultés. Près de 8 % des personnes en renoncement ont évoqué des actes chirurgicaux non satisfaits et 9 % des analyses ou examens médicaux non réalisés. »

…et administratif

Sans surprise, le fardeau administratif est évoqué par les patients. Il est vrai que se battre sur deux fronts en même temps peut devenir un fardeau, faire des aller-retours entre l’hôpital, la mutuelle et la Sécurité sociale pour se faire rembourser lorsque l’on est malade peut être facilement épuisant.

Ce grand débat est la synthèse des plaintes que peuvent exprimer les patients. On le voit, il n’y a pas de grandes découvertes mais juste une prise en considération qui devrait être améliorée. Le patient ne doit plus se sentir perdu dans un environnement étranger mais accompagné.

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/tous-pour-un/2018/05/16/immersion-universite-patients/

 Sources

Étude ComPaRe, - Le Quotidien du Médecin, - Étude ComPaRe, "Améliorer la prise en charge des malades chroniques", - Ameli.fr.

L'ai cru trouve aisément sa place dans nos assiettes. Et c'est une bonne nouvelle ! Il favoriserait la diversité du microbiote intestinal mais participerait aussi à l'amélioration de la mémoire des personnes âgées. Explications.

De l'ail cru pour le microbiote et la mémoire

Une équipe de chercheurs de l'Université de Louisville (USA) a étudié l'impact de la consommation d'ail cru sur des souris de différents âges. En comparant la supplémentation ou non d'ail cru chez des souris âgées, les chercheurs ont constaté que celles à l'alimentation composée d'ail cru possédaient un microbiote plus diversifié mais aussi que leur mémoire à court et à plus long termes était améliorée. Mais pourquoi une telle étude ?

Le microbiote et la mémoire évoluent avec l'âge

On sait que la composition de microbiote n'est pas stable et évolue avec l'âge. De 0 à 3 ans par exemple, le microbiote va évoluer jusqu’à atteindre une composition proche de celle de l’adulte. A contrario, l'immuno-sénescence - altération progressive du système immunitaire liée à l'âge - affecte la composition du microbiote en favorisant les bactéries commensales pro-inflammatoires. Mais cette évolution du microbiote est à prendre avec des pincettes car unique à chacun. Le mode de vie, l'alimentation, l'environnement ou encore les médicaments ont un impact très conséquent sur la composition du microbiote.

Quant à la mémoire et aux facultés cognitives, il est acquis qu'elles diminuent lorsque les années s'accumulent. En effet, les neurones vieillissent et la vitesse de traitement de l'information diminue. La mémoire de travail, en charge du traitement des informations à court terme, perd également en performance. L'équipe de l'université de Louisville travaille activement à la compréhension

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/2018/07/13/microbiote-intestinal/

L'ail, ce formidable prébiotique

Si l'ail est réputé pour ses bienfaits, ce n'est pas un hasard. Formidable prébiotique, l'ail est riche en fibres, comme l'inuline et les fructo-oligosaccharides et stimule le développement des Bifidobactéries, de “bonnes” bactéries intestinales. Mais il est également riche en sulfure d'allyle, composé soufré qui serait à l'origine de cette double amélioration constatée durant cette étude. Le sulfure d'allyle limiterait d'abord le risque de dysbiose intestinale - ou déséquilibre - en favorisant les bonnes bactéries tout en agissant sur les bactéries pro-inflammatoires.

Et un microbiote en bonne santé le fera savoir au cerveau. Pour rappel, les intestins communiquent notamment avec le cerveau (et inversement) via les neurones du système nerveux entérique ou le nerf vague. Le Dr Stéphane Gayet rappelle en outre que le microbiote intestinal produit des molécules pouvant agir sur nos cellules endocrines (hormonales) de l'intestin, à l'origine de la sécrétion de neuropeptides - des protéines actives sur les cellules nerveuses. La communication entre les intestins et le cerveau n'est donc pas à négliger.

Il semblerait ici que l'axe intestin-cerveau soit efficace : les chercheurs ont constaté que les sujets ayant mangé un mélange à base d'ail cru avaient des niveau plus élevés d'expression du gène BDNF (Brain-Derived Neurotrophic Factor), gène impliqué dans le fonctionnement et la consolidation de la mémoire. Ce gène serait en partie lié au déclin des fonctions cognitives, aussi une supplémentation en ail et donc en sulfure d'allyle permettrait-elle de prévenir ce déclin.

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/recherche/etudes-et-experimentations/2019/02/22/axe-microbiote-intestin-cerveau/

Contenu relu et validé par une diététicienne WeCook.

Sources

- ScienceDaily, - INRA, "Le microbiote intestinal: une composante santé qui évolue avec l'âge", - Le Quotidien du Médecin, - Atlantico.

Selon l'étude menée par Santé publique France, les Français dorment moins de 7 heures par nuit. Cette durée de sommeil favoriserait, à terme, le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires, la dépression ou encore la prise de poids. Quelques petits éclaircissements.

Manque de sommeil et santé : quelles conséquences ?

De nombreuses études se sont penchées sur la durée du sommeil et ses conséquences. Il apparaît que dormir moins de 7 heures par nuit serait la cause de beaucoup de maladies.

Une prise de poids et ses conséquences

Tout d’abord, un sommeil court favoriserait la prise de poids. Une étude menée auprès de de 68 183 femmes pendant 16 ans a montré que les femmes qui avaient dormi habituellement 5 h ou moins avaient pris en moyenne 1,14 kg de plus que celles qui avaient dormi 7 h par nuit.

Lorsque l’on dort peu, l’estomac sécrète de façon abondante l’hormone qui stimule la faim : la ghréline, mais secrète moins d’hormone de satiété : la leptine. Ceci explique pourquoi nous avons tendance à grignoter lors d’une insomnie. De plus, lorsque l’on dort peu, l’organisme s’affaiblit et donc nous avons tendance à manger plus. La fatigue cause du stress ce qui engendre une intolérance émotionnelle et ce qui pousse à grignoter pour se rassurer.

La prise de poids pouvant favoriser l’obésité et le diabète de type 2, à partir d’un certain âge, on comprend mieux l’importance du temps de sommeil.

L’hypertension et ses conséquences

Mais ce n’est pas tout. Le manque de sommeil serait aussi associé à un risque d’hypertension. En effet, selon une étude parue dans la très sérieuse revue Nature, dormir moins de 5 heures par nuit augmenterait de 60 % le risque d’hypertension surtout chez les femmes ménopausées. Selon les chercheurs, les femmes ménopausées qui dorment peu ont un plus grand risque d’avoir une rigidité artérielle. Celle-ci est due essentiellement à une hypertension, c’est-à-dire une pression sanguine trop forte dans les artères qui épaissit et rigidifie les artères. Les personnes hypertendues risquent l’accident vasculaire cérébral, l’insuffisance rénale chronique...

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/maladies-chroniques/2018/04/05/lhypertension-arterielle-la-maladie-silencieuse-des-pays-developpes/

Dépressions et maladies neurodégénératives

Le manque de sommeil est-il la cause d’une dépression ou est-ce le contraire ? Selon la psychiatre Céline Martinot « Le lien de causalité est à double sens. Les troubles du sommeil peuvent être à la fois des signes précurseurs de décompensations maniaques ou dépressives mais aussi des facteurs favorisants ». De plus, selon le Pr Pierre Philip, directeur du service Sommeil, Attention, Neuropsychiatrie (SANPSY) au CHU de Bordeaux. « le syndrome d'apnées du sommeil est un facteur de risque reconnu de maladie bipolaire ». Qu’en est-il des maladies neurodégénératives ? Certaines données préliminaires suggèrent un lien entre ces maladies et un mauvais sommeil. Cependant, il n’est pas encore possible de dire à l’heure actuelle si la dépression a pu déclencher à elle seule une maladie d’Alzheimer, ou si elle n’en est qu’un signe annonciateur.

Les enfants et les adolescents aussi

Chez les enfants le manque de sommeil peut causer de l’hyperactivité, une mauvaise humeur, de l’impulsivité et une capacité de concentration limitée entraînant des difficultés scolaires et de mauvais résultats. En effet, selon certaines études, les élèves qui dorment peu ont plus de difficultés scolaires que les autres en raison de leur somnolence. Enfin, chez les adolescents, Céline Martinot précise bien que le manque de sommeil est un « facteur de fragilisation supplémentaire vis-à-vis des risques de troubles dépressifs et d'entrée dans les addictions ».

Attention, cependant à ne pas tomber dans l’excès contraire. En effet, une étude a aussi montré que l’excès de sommeil était aussi dangereux. Privilégiez donc la qualité à la quantité !

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/au-vert/bien-etre/2019/03/25/sommeil-et-systeme-immunitaire/

Sources

- Santé publique France, - Le Quotidien du Médecin, - Fondation pour la Recherche sur Alzheimer, - American Journal of Epidemiology, - Nature, - National Center for Biotechnology Information, - European Heart Journal, - National Center for Biotechnology Information.