
Une méta-analyse de très grande ampleur menée sur les diabétiques de type 2 révèle qu'un patient sur trois ne respecte pas le traitement qui lui a été prescrit. L'observance dans le traitement du diabète est très faible, inquiétant de fait tous les professionnels de santé. Décryptage.
Diabète de type 2 : quels traitements de référence ?
Aucun traitement ne permet à ce jour de mettre un terme au diabète de type 2. Il s'agit d'une maladie chronique nécessitant un traitement continu. Les premières mesures recommandées aux patients : une alimentation adaptée et la pratique d'une activité physique. Cependant, ces modes de traitement ne suffisent pas toujours et le recours aux médicaments est parfois nécessaire.Les biguanides comme la metformine constituent le traitement le plus usité chez les diabétiques de type 2. Les biguanides diminuent l'insulino-résistance, limitent la production de glucose par le foie et retardent l'absorption intestinale du glucose. Les sulfamides hypoglycémiants sont également prescrits à de nombreux diabétiques. Ils stimulent la sécrétion d'insuline, améliorent la glycémie avant et après un repas mais peuvent être responsables d'hypoglycémie. Les incrétines comme le GLP1 sont aujourd'hui utilisés en pharmacologie pour diminuer la dégradation du GLP1 par le corps grâce aux gliptines (DPP-4). Les GLP1 sont des substances que libère ce denier au début d'un repas pour stimuler la sécrétion d'insuline. Ces médicaments stimulent la sécrétion d'insuline seulement lorsque la glycémie est élevée, réduisent la sécrétion de glucagon (hormone qui contrôle la fabrication du glucose par le foie, Ndlr) et diminuent l'appétit. Ce sont ces trois classes thérapeutiques des médicaments qui ont été analysées par les chercheurs de l'Université de Surrey.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/maladies-chroniques/2017/11/14/le-diabete-de-type-2/
Diabète de type 2 : pourquoi 1 patient sur 3 ne respecte-t-il pas son traitement ?
L'équipe de chercheurs de l'Université de Surrey a suivi l'observance (façon dont un patient suit, ou pas, les prescriptions médicales et coopère à son traitement, Ndlr) de près de 1,6 millions de personnes souffrant de diabète de type 2. Pour ce faire, elle a croisé les données de 48 essais cliniques et études observationnelles consacrées à l'observance thérapeutique des diabétiques de type 2. Les résultats ont été publiés dans la revue Diabetes, Obesity and Metabolim.Il apparaît que la metformine est le traitement le plus couramment prescrit mais aussi le moins respecté. En effet, 30 % des doses de metformine ne sont pas prises. Les sulfamides hypoglycémiants ne font guère plus d'émules : 23% des doses prescrites ne sont pas prises par le patient. A contrario, les DPP-4 sont un peu moins boudés par les patients, puisque moins de 20 % des doses prescrites ne sont pas respectées. Le Pr Gérard Reach, endocrinologue à l'hôpital Avicenne, souligne pour Le Quotidien du Médecin que ce non respect du traitement pourrait être encore plus conséquent : "Un patient diabétique sur 3 est non-observant, c'est-à-dire qu'il achète moins de 80% des médicaments prescrits ; un chiffre qui, en plus, ne prend pas en compte les médicaments non pris une fois achetés." Mais pourquoi autant de prescriptions non respectées ?
Les auteurs de l'étude soulignent que cette non-observance serait principalement liée aux effets secondaires. La metformine par exemple est responsable de nombreux troubles gastro-intestinaux comme les flatulences ou la diarrhée.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/2018/05/24/gaz-ballonnements-stop/
Les auteurs rapportent en outre qu'un traitement nécessitant plusieurs doses chaque jour peut être mis en cause dans cette non-observance. Le Pr Reach rapport en outre que les médicaments servent "à éviter des complications encore non visibles. Il n'y a donc pas de bénéfice direct, pour nombre de patients, à se soigner."
L'observance au cœur de la relation thérapeutique
D'après le Pr Reach, le temps consacré à une consultation est trop restreint, les consultations sont courtes, le patient peut de fait ne pas comprendre le réel intérêt de son traitement. Sans bénéfice direct en effet, difficile au patient de se convaincre de l'efficacité du traitement. La consultation devrait permettre de donner les explications nécessaires sur la pathologie et les traitements, de favoriser le patients à exprimer ses doutes et y répondre, bref instaurer une relation de confiance. Mais difficile d'instaurer une telle relation par manque de temps, d'où la nécessité selon le Pr Reach d'une rémunération au forfait.L'accent devrait également être mis sur l'éducation thérapeutique, l'orientation à suivre pour une prise en charge optimale : "le médecin doit également expliquer à son patient ce que sa pathologie implique en termes de traitement, et aborder, en particulier, les notions de maladie chronique, d'intensification éventuelle du traitement dans un objectif de normalisation de la glycémie pour éviter les complications tardives de la maladie."
Enfin, il n'est pas rare qu'un traitement soit difficile à suivre pour les patients. Ces derniers le respectent donc de moins en moins, le délaissant parfois complètement. Un fait que les médecins doivent avoir pris le temps d'expliquer à leurs patients, afin qu'ils puissent - et osent - contacter leur médecin et trouver un autre traitement.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/maladies-chroniques/2018/11/14/etats-generaux-diabete-diabetiques/
Sources
- Fédération Française des Diabétiques, - Diabetes, Obesity and Metabolism : A Joutrnal of Pharmacology and Therapeutics, avril 2018, 20(4), p. 1040-1043, - Le Quotidien du Médecin.Alors que le sommeil n’était jusqu’à présent utile que pour « récupérer », il a en réalité des vertus bien plus importantes ! Car le sommeil pourrait être un moyen de prévenir des pathologies cardiaques, et notamment l’athérosclérose. Alors, avant de vous endormir, lisez cet article pour en savoir plus !
Un sommeil de courte de durée associé à des risques accrus d’athérosclérose
Les résultats d’une étude sur le lien entre athérosclérose et sommeil montrent que : - Un sommeil de très courte durée, c’est-à-dire un sommeil de moins de 6 heures, est associée à un risque de 27% de développer de l’athérosclérose, en comparaison à des sujets qui dorment plus. Et inversement, les personnes qui dorment plus présentent peu de territoires coronaires affectés par l’athérosclérose. - Outre la durée du sommeil, un autre facteur a un impact sur le risque de maladies cardiaques : la qualité du sommeil. Si votre sommeil est agité, si vous vous tournez souvent ou si vous avez de petits réveils nocturnes, cela augmente le risque de développer de l’athérosclérose de 34 %.C’est ce qu’a démontré une équipe hispano-américaine. Celle-ci a étudié ce lien entre sommeil et athérosclérose sur environ 4 000 volontaires, dont les deux tiers étaient des hommes. L’équipe s’est assurée que les personnes ne présentaient pas de problèmes cardiaques avant l’étude. Elle a suivi, sur 7 nuits, les volontaires de cette étude, en mesurant avec un instrument adapté leur temps de sommeil ainsi qu’en mesurant les réveils nocturnes, le type de sommeil, etc…
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/maladies-chroniques/2018/04/20/tout-savoir-sur-latherosclerose/
Mais attention : j’en vois certains qui se disent « chouette, il faut donc dormir beaucoup pour se protéger d’un risque cardiaque » ! En réalité, la conclusion n’est pas forcément de dormir plus de 8 heures. L’équipe n’a en effet pas pu dégager de conclusion quant à l’impact de nuits très longues sur les maladies cardiaques, du fait d’un nombre très limité de volontaires qui dormaient plus de 8 heures. En revanche, il est fort probable que les gros dormeurs présentent également un risque cardiaque plus élevé, particulièrement chez la femme. La moyenne idéale de sommeil se trouverait entre 7 et 8 heures.
Le sommeil impliqué dans d’autres types de pathologies
La bibliographie s’étoffe sur ce sujet : le sommeil ne sert pas qu’à récupérer, et n’est pas associé seulement à un état de fatigue. Car un mauvais sommeil serait associé à des risques de développer certaines pathologies : - Le diabète, - Le surpoids, - L’obésité, - La dépression, - Certains cancers.https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/obesite/2018/10/16/surpoids-et-obesite-quelles-differences/
Une bonne nuit de sommeil est composée en moyenne de 3 à 5 nuit de cycles de 90 minutes. Le rythme de sommeil n’est pas figé. Il varie : - Au cours d’une nuit, avec une alternance de sommeil lent profond et sommeil paradoxal. - Au cours de la vie : le sommeil lent est plus profond lors de la croissance, jusqu’à 20 ans environ. Avec le vieillissement, le sommeil lent profond fait place à un sommeil plus léger, ce qui explique que les adultes sont plus sujets aux troubles du sommeil. - En fonction de l’individu : d’une personne à l’autre, la qualité du sommeil ainsi que sa quantité ne seront pas du tout comparables. Le mode de vie, l’hygiène de vie jouent sur la qualité du sommeil. La génétique intervient également, mais plus pour différencier le lève-tôt du couche-tard. Ou bien pour différencier le petit dormeur du gros dormeur.
En France, 1 personne sur 3 souffre de troubles du sommeil. Alors, l’important est de se mettre dans de bonnes conditions pour bien s’endormir. Respirez, évitez les écrans, lisez un bon livre bien assommant, pas de caféine : ce sont quelques conseils de base pour optimiser votre endormissement. Si vraiment vous souffrez de troubles du sommeil, parlez-en à votre médecin. Alors à vos oreillers, prêt ? Dormez !
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/2018/03/27/pourquoi-les-hommes-ronflent/
Sources
– American College Of Cardiology, – Journal of the American College of Cardiology. – Inserm.Si vous faites partie de ces nombreuses personnes qui n'éprouvent aucun plaisir à nettoyer de fond en comble leur home sweet home, vous avez là un argument de poids pour ne plus rien nettoyer ! Une étude norvégienne a récemment comparé les dommages pulmonaires liés à l'usage des produits d'entretien aux dommages chez les fumeurs réguliers, de l'ordre d'un paquet par jour. Explications.
Faire le ménage : c'est aussi nocif que la cigarette (et c'est sérieux) !
Une équipe de chercheurs de l'université de Bergen a suivi durant plus de 20 ans un total de 6 235 participants grâce à la cohorte de l'European Community Respiratory Health Survey. Cette étude s'inscrit dans le prolongement d'études déjà menées soulignant la dégradation du système respiratoire du fait d'une exposition trop conséquente aux produits ménagers. En effet, les auteurs de l'étude rappellent qu'il était "déjà connu que les tâches ménagères peuvent exposer à des agents chimiques avec des effets nocifs potentiels sur le système respiratoire." Les conséquences ? Un risque accru d'asthme et des symptômes respiratoires non négligeables.En cause ? Les produits chimiques de nettoyage, comme le souligne le Pr Cecile Svanes "nous craignons que de tels produits chimiques, en causant régulièrement des dommages aux voies respiratoires jour après jour, année après année, puissent accélérer le taux de déclin de la fonction pulmonaire qui survient avec l'âge." Certains produits comme les sprays d'entretien seraient parmi les plus nocifs.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/au-vert/culture/livres/2018/10/08/perturbateurs-endocriniens-et-sante/
Un impact même à très long terme
Afin de mesurer les effets délétères sur notre système respiratoire, l'équipe de chercheurs a notamment observé la quantité d'air maximale expirée en une seconde (VEMS). Chez les femmes adeptes du ménage par exemple, le VEMS diminue de 22 millilitres chaque année, contre 18,6 millilitres chez celles qui pratiquent peu ou pas cette activité. Bon à savoir, le VEMS diminue davantage encore chez les personnes dont le ménage est l'activité professionnelle. L'équipe a en outre mesuré la quantité totale d'air qu'une personne expire de force, que l'on connaît sous le nom de capacité totale forcée (CVF). Utiliser des produits de nettoyage chimiques diminue considérablement la CVF : 13,2 millilitres de moins chaque année, contre 7,9 millilitres chez les personnes faisant peu ou pas le ménage. Une nouvelle fois, les professionnels du nettoyage sont davantage concernés : la CVF s'affaiblit de 14,4 millilitres par an chaque année.Ce déclin de la fonction pulmonaire est tel chez les professionnels du nettoyage que cela revient "au tabagisme d'un peu moins de 20 paquets-années", soit environ 1 paquet par jour pendant 20 ans. L'asthme est aussi plus fréquent chez les professionnels du nettoyage (13,7% des cas) que chez les non adeptes du ménage (9,6% des cas).
Des résultats nuls chez les hommes
Fait ô combien étonnant, l'équipe de l'université de Bergen n'est pas parvenue à dégager de différences significatives sur la fonction pulmonaire chez les hommes qui pratiquent ou non le ménage. Mais pourquoi ?Tout d'abord, les effectifs des professionnels du nettoyage suivis durant ces 20 ans ne comprenaient que 57 hommes, contre 293 femmes, un échantillon trop peu conséquent pour élaborer de solides conclusions. De plus, les hommes étaient moins nombreux que les femmes à déclarer faire le ménage à la maison (ça vous étonne ?) : 85 % des femmes déclaraient pratiquer une activité ménagère régulière contre 46 % des hommes. Si le panel était suffisant pour établir une analyse statistique, les biais auraient été presque inéluctables : les résultats pourraient en effet être mis à mal par les risques qu'encourent les hommes dans des activités autres, comme l'industrie ou l'artisanat où ils peuvent être exposés à des substances nocives. Enfin, les femmes pourraient être plus sensibles à ces produits que les hommes, "comme cela est rapporté pour [...] la fumée du tabac et [...] la poussière de bois."
Il appert que des biais sont possibles car cette étude ne distingue pas les différents types de produits utilisés ni les modalités de ménage.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/au-vert/bien-etre/2017/11/07/mesdames-laissez-les-hommes-faire-le-menage/
Sources
- American Journal Of Respiratory and Critical Care Medicine, - Sciences et Avenir,Notre microbiote intestinal communique avec notre cerveau et joue un rôle sur notre anxiété, notre stress, etc. Des modifications du microbiote sont même observées entre les personnes atteintes de dépression et celles qui n’en souffrent pas. Une étude belge vient nous en dire un peu plus sur le lien entre dépression, microbiote intestinal et qualité de vie…
Un projet flamand d’étude du microbiote intestinal
En se basant sur les données collectées auprès d’un millier de Belges, les chercheurs de cette équipe se sont intéressés aux personnes avec un diagnostic de dépression. Ils ont ainsi collecté des données sur leur traitement antidépressif, leur qualité de vie, et bien sûr leur microbiote intestinal. L’originalité de leur analyse réside dans le fait qu’ils ont cherché à relier ces différents composants (qualité de vie, dépression, microbiote intestinal) mais également à intégrer la prise ou non d’un traitement antidépressif pour établir une vue complète plus complète du sujet.https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/maladies-chroniques/2018/07/20/microbiote-intestinal-depression/
Le microbiote, élément central dans la dépression
À l’issue de cette analyse, on relève plusieurs observations intéressantes :1- Les personnes dépressives ont une moins bonne qualité de vie (on s’en serait douté mais c’est bien de le prouver scientifiquement !)
2- Certaines familles de bactéries sont associées positivement ou négativement à la qualité de vie : • Les bactéries des genres Faecalibacterium, Coprococcus, et dans une moindre mesure Dialister, sont plus représentées quand la qualité de vie est bonne. Ceci est cohérent avec des observations précédentes qui liaient Faecalibacterium et Coprococcus à l’inflammation intestinale et à la dépression dans les cas de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/maladies-chroniques/2018/07/24/microbiote-intestinal-et-mici/
• Les bactéries du genre Flavonifractor sont à l’inverse le reflet d’une qualité de vie dégradée. Ce genre bactérien est par ailleurs prédominant chez les patients dépressifs.
3- Le traitement antidépressif est un facteur de confusion important dans les analyses portant sur la dépression et le statut de ces patients. Ainsi, en intégrant ce paramètre dans l’analyse, seuls les genres Coprococcus et Dialister seraient associés au statut dépressif d’une personne, qu’elle soit ou non sous traitement.
Le microbiote intestinal, un axe de travail pour lutter contre la dépression ?
Face à ce constat, les auteurs envisagent la piste du traitement par probiotiques : les genres Coprococcus et Dialister étant associés à la fois à la qualité de vie et à la dépression, ils pourraient constituer d’intéressants psychobiotiques, à savoir des probiotiques ayant un effet bénéfique sur la santé des personnes souffrant de maladies psychiatriques.Source
Valles-Colomer M, Falony G, Darzi Y, Tigchelaar EF, Wang J, Tito RY, Schiweck C, Kurilshikov A, Joossens M, Wijmenga C, Claes S, Van Oudenhove L, Zhernakova A, Vieira-Silva S, Raes J., The neuroactive potential of the human gut microbiota in quality of life and depression., Nat Microbiol., Février 2019.Notre médecin, notre pharmacien, notre dentiste et tous les professionnels de santé sont soumis au secret médical. Mais savez-vous ce qu'a le droit ou non de dire le médecin ? Et à qui peut-il s'adresser ? LQDP fait le point.
Le secret médical : droit inaliénable du patient
Le code de la santé publique (article R4127-4) est très clair : "Le secret professionnel [le secret médical, NDLR], institué dans l'intérêt des patients, s'impose à tout médecin dans les conditions établies par la loi. Le secret couvre tout ce qui est venu à la connaissance du médecin dans l'exercice de sa profession, c'est-à-dire non seulement ce qui lui a été confié, mais aussi ce qu'il a vu, entendu ou compris."L'intérêt du secret médical est double. D'intérêt public d'une part, car chacun doit pouvoir être soigné convenablement et doit avoir la garantie de pouvoir se confier à un médecin, peu importe sa situation, afin de bénéficier de soins adaptés sans crainte aucune. Pour rappel, le droit au respect de l'intimité est inscrit dans la déclaration universelle des Droits de l'Homme.
D'intérêt privé d'autre part puisque le médecin se doit de garantir le secret au patient qui se confie à lui. Le Conseil national de l'Ordre des médecins souligne d'ailleurs que le secret médical est "un comportement imposé par la nature des informations dont la divulgation à des tiers pourrait porter atteinte à la réputation, à la considération ou à l'intimité de la personne qui s'est confiée au médecin." Au contraire, le secret médical n'est pas opposable au patient : le médecin doit lui fournir une information loyale, claire et appropriée sur son état.
Quid de la divulgation à des tiers ?
Le secret médical est une obligation générale et absolue. Ne pas le respecter, en révélant donc une information qui a trait à la santé du patient, est une infraction punie par la loi : jusqu'à une année de prison et 15 000 euros d'amende. Si cette obligation paraît évidente quant au traitement de l'information - le médecin n'a pas le droit de communiquer des informations à une compagnie d'assurances par exemple -, peut-il communiquer à la famille des données concernant son patient ? Eh bien non, et nous sommes nombreux à l'ignorer ! Comme le rappelle parfaitement l'article consacré au secret médical dans le dernier numéro de Conseils des notaires, "tous les membres de la famille sont considérés comme des tiers à la relation thérapeutique." Aussi, lorsque certains appellent le médecin de leurs parents pour en savoir davantage sur leur état de santé, le professionnel de santé n'est pas supposé s'épancher sur ce sujet. Mais la réalité est tout autre : il est rare qu'un médecin taise l'état de santé de son patient auprès de sa famille, même s'il s'agit officiellement d'une faute. Néanmoins, en cas de diagnostic grave ou de pronostic vital engagé, les règles évoluent (voir infra).Le patient peut en outre désigner une personne de confiance. Cette dernière peut donc s'enquérir du proche dont elle est la personne de confiance et la parole du médecin à son égard est alors libre.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/tous-pour-un/2018/03/12/le-dossier-medical-partage-vers-une-generalisation-de-la-sante-connectee/
Les exceptions au secret médical
Un diagnostic grave ou un pronostic vital engagé
Une dérogation a été mise en place pour les proches d'un patient dont le diagnostic est grave ou le pronostic vital engagé. Le médecin peut alors donner les informations qui lui semblent nécessaires aux membres de la famille, au conjoint, afin qu'ils puissent soutenir le patient. Ladite dérogation trouve place dans l'article L1110-4 alinéa 6 du Code de la santé publique : "en cas de diagnostic ou de pronostic graves, le secret médical ne s'oppose pas à ce que la famille, les proches de la personne malade ou la personne de confiance […] reçoivent les informations nécessaires destinées à leur permettre d'apporter un soutien direct à celle-ci, sauf opposition de sa part." Le patient a néanmoins la possibilité de s'opposer à la divulgation de son état de santé auprès de la famille.Si le patient n'est pas en capacité d'exprimer sa volonté, le médecin doit s'adresser à la personne de confiance ou à la famille, si aucune personne de confiance n'a été désignée.
Le décès du patient
Lors du décès d'un patient, le secret médical peut en partie être levé à la demande de la famille. Les ayants droit peuvent en effet avoir accès à certaines informations afin de connaître la cause du décès, pour permettre de la défense de la mémoire du défunt ou encore pour faire valoir leurs droits, auprès des assurances notamment. Là encore, le patient peut refuser à son médecin ou à tout autre professionnel de santé la divulgation de ces informations à la famille.Bon à savoir, en cas de don d'organes, l'avis des proches n'est pas pris en compte : la législation estime que le consentement d'un patient à un don d'organes ou de tissus est présumé, sauf s'il s'y est opposé avant son décès. Comme le souligne Rosine Maiolo pour le magazine Conseils des notaires, les proches "doivent simplement témoigner de l'éventuel refus que le défunt aurait exprimé de son vivant auprès d'eux."
En cas d'infractions pénales...
Il arrive parfois que le médecin puis communiquer des informations concernant son patient à des tiers. Il peut notamment signaler au procureur de la République, avec l'accord de la victime, des sévices ou privations laissant présumer que des violences physiques, sexuelles ou psychiques ont été commises. Le médecin a également la possibilité d'informer les autorités judiciaires, médicales ou administratives de privations ou de sévices infligées à un mineur ou une personne incapable de se protéger. Il peut en outre signaler les pratiques de dopage d'un sportif ou les accidents du travail....Ou lorsque la protection du patient est en jeu
Si la protection du patient l'exige, le médecin peut transmettre certaines informations le concernant à des tiers. Le médecin peut par exemple déclarer les maladies contagieuses à l'autorité sanitaire, informer le préfet des personnes dangereuses pour elles-mêmes ou pour autrui qui détiennent une arme ou désirent en acquérir une. Dans certains cas, il peut aussi établir un certificat médical préalable à une admission en soins psychiatriques à la demande d'un tiers ou en cas de péril imminent. Enfin, le médecin n'enfreint pas la loi s'il déclare au Procureur de la République la nécessité de placer une personne sous sauvegarde de justice.Le secret médical partagé
En cas d'une nécessaire continuité de soins ou afin de choisir la meilleure prise en charge possible, les professionnels de santé peuvent être amenés à échanger des informations sur le patient pris en charge. La loi évoque le "secret partagé" (article L1110-4 du Code de la santé publique).Pour en savoir davantage sur le secret médical, n'hésitez pas à vous procurer le dernier numéro du magazine Conseils des notaires, riche d'enseignements et accessible à tous. Disponible en kiosque, 6,90 €.
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Sources
- Code de la Santé publique, - Conseil national de l'Ordre des médecins, - Service-public.fr, - Conseils des Notaires, - 66 Millions d'Impatients.Page 39 sur 214