
Le caca est à de trop nombreux égards encore un mystère pour nous. C'est un sujet qu'on aborde partout, dont tout le monde parle mais qui reste pourtant un tabou. Le docteur Kôichiro Fujita et l'illustrateur Bunpei Yorifuji ont décidé de mettre nos excréments sur le devant de la scène avec leur excellent Au cœur du caca, aux Éditions B42.
Tout, tout, tout : vous saurez tout sur le caca
Difficile d'appréhender cet ouvrage. Information sérieuse ou anecdotes seulement vouées à nous faire rire ? Les deux ! Bunpei Yorifuji et Kôichiro Fujita nous livrent la "réalité des excréments » – de manière très ludique – pour nous faire "(re)découvrir les joies du caca » . Saviez-vous d'ailleurs que les excréments ne constituent pas l'apanage de l'homme et des animaux, mais que les végétaux produisent également des excréments ? Eux aussi absorbent la lumière et les nutriments afin de produire leur énergie métabolique, puis rejettent ce dont ils n'ont pas besoin. Mais de quoi n'ont-ils pas besoin ? L'oxygène ! Force est donc de constater que, chaque jour, nous respirons de la merde.Le caca et la santé
Les auteurs rappellent des faits prosaïques : ce que nous mangeons le matin, nous l'expulsons le soir. Si ce n'est pas le cas et qu'il faut attendre davantage, alors vous êtes objectivement sujet à la constipation. Si cela ne peut attendre jusqu'au soir, soit vous avez trop mangé, ou alors la diarrhée, ça vous connaît.
© Éditions B42
Vous découvrirez en outre le processus de digestion, merveilleusement illustré, vous en saurez davantage sur l'intestin –notre deuxième cerveau –, sur les bactéries de votre microbiote intestinal et les typologies du caca. À chaque crotte sa forme et sa mine d'informations. Aussi votre passage à la selle en dit-il long sur votre alimentation, sur votre état de stress ou sur certaines pathologies comme le syndrome de l'intestin irritable. Par exemple, le "caca banane" – excellent – suggère une alimentation équilibrée, composée de beaucoup de légumes et d'aliments nutritifs quand le "caca tout en un" – cyclique – révèle des repas pris sur le pouce et une mastication presque inexistante.
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Car finalement, nos excréments sont pris dans un triangle – le "triangle du caca" – dont les sommets représentent la nourriture, le mental et le rythme. Un déséquilibre de l'un de ces trois sommets induira inéluctablement un déséquilibre des deux autres, et donc votre caca en pâtira. Aussi est-il fondamental de connaître "les aliments qui font du beau caca », pour maintenir au moins l'un de vos trois sommets. Et, après avoir lu Bunpei Yorifuji et Kôichiro Fujita, vous ne l'ignorerez plus.
Au cœur du caca, il y a la planète
Les auteurs soulignent un fait que nous avons trop tendance à omettre : sans les excréments, nulle vie nouvelle n'apparaîtrait sur Terre. Cela commence avec la chaîne alimentaire : des animaux mangent d'autres animaux, s'en nourrissent puis rejettent ce dont ils n'ont guère besoin sous forme d'excréments. Interviennent ensuite les bactéries qui décomposent les matières organiques (protéines, lipides...) en éléments minéraux. Ces derniers se retrouvent et s'accumulent ensuite dans les fonds marins et fluviaux. Puis, "au bout de très, très longtemps », ces matières inorganiques redeviennent organiques. C'est là qu'entrent en scène les plantes qui, grâce à l'assimilation de l'azote et à la photosynthèse (conversion de la lumière du soleil en énergie), transforment les éléments minéraux puisés dans le sol en molécules organiques dont elles ont besoin, comme les glucides ou les acides aminés, "et c'est ainsi qu'elles produisent de nouvelles briques pour de nouvelles vies." Le caca est donc essentiel à la préservation de la vie sur Terre, CQFD. Et c'est l'une des forces de cet ouvrage : CQFD ! Une information claire, disséminée avec humour et pédagogie, nous permettant de saisir des concepts que nous avons trop longtemps écartés car prétendument trop complexes pour la compréhension de nous autres, simples mortels.
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Les 5 chiffres du caca
1 365 000 tonnes
Il s'agit de la quantité de caca produite chaque jour par l'Homme, à l'échelle de la planète donc. Bunpei Yorifuji et Kôichiro Fujita rappellent d'ailleurs qu'une telle quantité entassée sur la surface d'un tatami (91 x 182 cm) s'élèverait à 820 000 mètres de haut ! Et ce n'est pas sans rire que nous apprenons que la Principauté de Monaco serait recouverte en 22 minutes.200 g
C'est le volume d'excréments que nous expulsons chaque jour ou, comme le soulignent les auteurs, l'équivalent un bon steak au restaurant. Aviez-vous déjà réalisé que vous n'évacuez qu'une infime part de ce que vous mangez ?De 1,045 à 1,067kg/l
Il s'agit là de la densité de nos excréments. Une telle densité impliquerait que notre caca coule. Or, lorsqu'il flotte, c'est qu'il y a production de gaz au sein même du microbiote fécal.https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/2018/12/21/le-microbiote-fecal/
25 503 tonnes
La quantité de caca produite par jour au Japon. Sachant que ce pays possède presque deux fois plus d'habitants que la France, on peut donc estimer que les Français produisent chaque jour plus de 10 000 tonnes d'excréments, soit le poids de la Tour Eiffel.80 g
C'est le mince volume d'excréments expulsé par les jeunes femmes actives en proie à des situations quotidiennement stressantes.
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Un ouvrage qui prouve brillamment et sans tabou aucun que le caca peut être passionnant. À mettre entre toutes les mains (ou presque), à laisser aux toilettes, à offrir à votre ami qui se plaint sans cesse de son transit perturbé. Car le caca, la crotte, les excréments, le microbiote fécal, les fèces, les étrons, la merde... ne doivent pas rester isolés dans vos lieux d'aisance. Il faut en parler à présent, le tabou est levé.
Bunpei Yorifuji et Kôichiro Fujita, Au cœur du caca, Éditions B42, 2018, 22 €. Disponible sur le site de l'éditeur et en librairie.
L'expo du moment, où vous en apprendrez davantage sur le caca, le microbiote et l'intestin :
https://le-quotidien-du-patient.fr/invite/2018/12/18/exposition-microbiote-cite-des-sciences/
Un ulcère gastroduodénal fait peur, fait mal et se révèle bien plus fréquent qu'on ne le pense. Mais à quoi est-il dû ? Installez-vous cinq minutes, LQDP vous explique.
Ulcère gastroduodénal, de quoi parle-t-on ?
Un ulcère gastroduodénal se localise soit au niveau de l’estomac (ulcère gastrique) soit au niveau de la partie haute de l’intestin grêle (ulcère duodénal). Très douloureux, l’ulcère gastroduodénal a une incidence de 90 000 cas par an (soit environ 0.2% de la population française adulte). Cette pathologie touche autant les femmes que les hommes. L'ulcère duodénal est beaucoup plus fréquent que l'ulcère gastrique (quatre cas pour un) et affecte des sujets plus jeunes. À noter que l’incidence de l’ulcère gastro-duodénal tend à diminuer depuis ces dernières années. Alors, quels sont les symptômes, et les traitements ?Rôle de l’estomac
Pour rappel, l’estomac se situe après l’œsophage. Il est localisé légèrement en bas de la poitrine et a une forme de “J”. De l’estomac part le duodénum qui marque le début de l’intestin.L’estomac est fermé par des sphincters (fermetures) qui permettent : - En haut le reflux des aliments de l’estomac vers l’œsophage (ce qui limite les reflux acides), - En bas le passage de gros aliments mal broyés dans les intestins, permettant ainsi le passage d’un bol alimentaire homogène pour une digestion optimale.
L’estomac est très fortement irrigué et vascularisé. Ceci a un énorme impact pour la personne malade : en cas d’ulcère, une hémorragie peut avoir lieu car l’ulcère va atteindre les vaisseaux sanguins.
Les principales fonctions de l’estomac sont : 1- Le bol alimentaire arrive rapidement au niveau de l’estomac après avoir subi quelques transformations dans la bouche et l’œsophage. Le bol alimentaire présent dans l’estomac, appelé alors le chyme, va être à la fois pétri par les mouvements de l’estomac pour le transformer comme une sorte de bouillie relativement homogène. Par ailleurs, l’estomac permet déjà une digestion des aliments. 2- Certaines cellules de l’estomac sécrètent de l’acide chlorhydrique. Cela crée une acidité au niveau de l’estomac afin de : • favoriser des transformations d’enzymes non actives en enzymes actives, • transformer les aliments en nutriments plus facilement assimilables, • détruire la majorité des bactéries pathogènes pouvant pénétrer dans l’intestin, • Certaines cellules sécrètent des enzymes permettant la digestion de protéines par exemple
Enfin, certaines cellules de l’estomac sécrètent du mucus (comme un gel à la surface interne de l’estomac) pour protéger les parois gastriques de l’acidité.
L’acidité produite dans l’estomac responsable des ulcères gastriques
L’estomac sécrète une grande quantité d’acide chlorhydrique au quotidien. En conséquence, il doit lui-même se protéger de cette acidité via la production continue de mucus. Si celle-ci n’est pas suffisante ou même inadéquate, il s’ensuit la formation d’un ulcère.L’ulcère gastrique résulte donc d’un déséquilibre entre la production de mucus dans l’estomac et la production d’acide chlorhydrique. L’acidité provoque une agression au niveau de la paroi de l’estomac et/ou du duodénum. Des lésions érosives apparaissent : l’acidité creuse la paroi gastrique, la fragilisant et atteignant des couches de cellules profondes. Donc contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’ulcère gastrique n’est pas lié à une hyper-sécrétion d’acide chlorhydrique mais à une protection inadaptée contre les substances néfastes présentes au niveau de l’estomac.
En revanche, pour l’ulcère duodénal, le facteur dominant est l'agression chlorhydrique.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/2019/01/15/forte-prescription-des-medicaments-contre-la-gastrite/
Les différents types d’ulcères
Selon la localisation de l’ulcère gastrique, on distingue : - L’ulcère gastrique de type I : très fréquent et qui a tendance à récidiver. Il est présent au niveau de la petite courbure de l’estomac, - L’ulcère gastrique de type II : plus associé à un ulcère duodénal, - L’ulcère gastrique de type III : au niveau de l’antre de l’estomac, qui est lié plus à une prise importante de médicaments, - L’ulcère pré-pylorique localisé au niveau du pylore.Symptômes de l'ulcère
Les symptômes sont principalement une douleur intense, localisée au niveau de l’estomac suite à une prise alimentaire. Rythmée par les repas, cette douleur apparaît de 1 à 2 h après le repas. C’est une douleur sourde, comme une crampe ou comme une sensation de pesanteur. Elle peut vite être calmée par une prise alimentaire ou des substances anti-acides. Les nausées et vomissement sont très rares.Outre la douleur, l’érosion possible de petits vaisseaux peut induire une hémorragie. À long terme, une perforation conduit à un syndrome abdominal aigu (= urgence médicale !). L’examen clinique ne permet pas directement de faire le diagnostic : un recours à la fibro-oesogastroscopie est nécessaire.
Les facteurs favorisant les ulcères gastroduodénaux
Plusieurs facteurs viennent favoriser l’apparition d’ulcère : - Antécédents familiaux (le risque est multiplié par 2 s’il existe des antécédents familiaux au premier degré), - Âge : après 40 ans, le risque d’apparition d’ulcère est plus important, - Présence dans l’estomac d’une bactérie appelée Hélicobacter pilori, - Utilisation régulière et fréquente de médicaments agressifs pour la muqueuse gastrique, comme l’utilisation anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), - Alcool, - Un régime alimentaire pauvre en fibres.Le tabac semble plus être un facteur aggravant l’ulcère qu’un facteur favorisant cette pathologie. Il limiterait en effet la cicatrisation de la paroi gastrique.
Traitements de l'ulcère
L’objectif du traitement est : - Obtenir une cicatrisation des lésions ce qui supprimera la douleur, - Éviter les récidives, - Prévenir le risque d’évolution de l’ulcère en sténose ou perforation.Le traitement est d’abord médicamenteux (la diététique n’a pas un effet guérisseur, mais plus soulageant).
Pour cela, plusieurs moyens sont utilisés : - Règles hygiéno-diététiques, - Suppressions de la prise d’AINS Repas équilibrés, à heures régulières, - Suppression du tabac, - Suppression des épices, des aliments à goûts forts ainsi que des aliments trop gras, - Traitements médicamenteux.
Plusieurs médicaments sont proposés pour une durée de 6 à 8 semaines en moyenne : - Anti-sécrétoires gastriques, - Protecteurs muqueux donnés avant les repas et le soir au coucher, - Anti-acides, - Antibiotiques pour éliminer Helicobacter pylori, bactérie souvent présente en cas d’ulcère
Les douleurs disparaissent très vite, 2 jours en moyenne après la première prise des médicaments.
Traitement chirurgical
Des traitements chirurgicaux sont envisagés selon la gravité et la localisation de l’ulcère.https://le-quotidien-du-patient.fr/special/2018/02/22/lulcere-du-pied-diabetique-bientot-un-mauvais-souvenir/
Sources
- SFNGE, - Hepatoweb, - Bases Physiopathologiques de la diététique, Cours de BTS Diététique 1ère année, Module BP6, Françoise CINQUIN et Jean-Claude GANDONNIERE.Une étude (suisse) confirme que les femmes qui font un infarctus retardent l’appel aux urgences. Notamment parce qu'elles ne savent pas reconnaître leurs symptômes. Un délai qui menace leur chance de survivre à un infarctus du myocarde.
Survivre à un infarctus
Au-delà de la réponse, la question pose déjà problème, isn’t it ? Et pourtant, c’est très sérieux. Cette étude suisse confirme ce stéréotype de genre : les femmes en train de faire un infarctus (ou leur entourage ; qui ne fait pas d’infarctus, lui) retardent l’appel aux urgences, notamment parce que leurs symptômes sont davantage méconnus ou plus atypiques que ceux des hommes. Ce délai menace fatalement leurs chances de survie à moyen et long terme.J'ai (juste) mal au cœur
« Je ne me sens pas très bien. J’ai mal au cœur. J’ai dû manger quelque chose qui ne me convient pas. Ça va passer… » En effet, « les femmes victimes d’un infarctus semblent moins enclines que les hommes à attribuer leurs symptômes à un problème nécessitant un traitement en urgence », commente Matthias Meyer, cardiologue, premier auteur de l’étude.Et pourquoi ? Parce que le symptôme emblématique de l’infarctus – une douleur persistante dans la poitrine, irradiant le bras gauche et la mâchoire – est davantage un « symptôme d’homme ». Les femmes, elles, souffrent plus souvent de douleurs dans le dos ou à l’estomac, accompagnées, entre autres, de nausées ou de sueurs froides. « Vous devez prêter attention à l’un de ces symptômes, qu'il soit modéré à sévère, s’il dure plus de 15 minutes», alerte le docteur Meyer. De plus, outre le déni, « les femmes tendent à banaliser leurs symptômes car elles sont plus endurantes à la douleur » ajoute Olivier Muller. Les médecins aussi peuvent s’y laisser prendre et faire de mauvais diagnostic. Ainsi, toujours selon l'étude suisse, en cas de fortes douleurs d’un patient dans la poitrine, les généralistes dirigent 2,5 fois plus souvent les hommes que les femmes vers un cardiologue.
« Il est urgent de bousculer nos idées reçues, qui nous font considérer les femmes comme protégées des maladies cardio-vasculaires jusqu’à leur ménopause, grâce à leurs hormones, tempête le Professeur Claire Mounier-Vehier, cardiologue au CHRU de Lille et présidente de la Fédération Française de Cardiologie.
Lors d’un infarctus, ce délai d’appel aux urgences demeure significativement plus long pour les femmes. Un détail anodin ? Sûrement pas ! Ce retard, objet de l'étude a même été chiffré : 37 longues minutes !
L'infarctus du myocarde
Petit rappel : un infarctus survient quand une des artères qui irriguent le cœur se bouche. Le cœur n’est plus alimenté en oxygène et le patient décède. Après l'infarctus, chaque minute compte !Pour une explication complète :
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/2018/10/15/infarctus-du-myocarde/
« Le traitement d’urgence consiste à rétablir au plus vite la circulation du sang dans l’artère obstruée. Pour déboucher l’artère en cause, on introduit dans le réseau artériel (au niveau de l’aine, souvent) une sonde, munie à son extrémité d’un ballonnet gonflable. Puis on remonte jusqu’au site bouché. Là, le ballonnet est gonflé : il écrase le caillot ou la plaque coupables. Le plus souvent, cette opération est complétée par la pose d’un stent, petit ressort métallique qui se déploie pour maintenir le vaisseau ouvert » explique Matthias Meyer.
Trente-sept minutes de chance en moins de survie
Une équipe d’un hôpital zurichois a donc examiné le parcours de soins de 4360 patients – 967 femmes et 3393 hommes – traités pour un infarctus du myocarde entre 2000 et 2016.Dans cette étude, elle a distingué deux délais. D’une part, le temps mis par le patient pour appeler un service médical, une fois apparus les premiers symptômes d’infarctus. D’autre part, le délai mis pour déboucher l’artère, une fois le patient arrivé à l’hôpital.
Résultats : ce dernier délai – à l’hôpital – a diminué de façon "presque" comparable chez les femmes (18 minutes de moins) et les hommes (25 minutes de moins). En revanche, le délai total d’intervention (temps d’appel par le patient et prise en charge hospitalière) restait plus long de 41 minutes chez les femmes.
Un écart largement dû au fait que les femmes mettent 37 minutes de plus que les hommes à appeler un service médical. Même sur la période la plus récente (2012-2016), ce délai reste plus long de 32 minutes. Les femmes attendent ainsi 3 heures et 46 minutes avant d’avoir recours à un service médical, contre 3 heures et 14 minutes pour les hommes.
Les associations de patients sont mobilisées et multiplient campagnes de prévention et de sensibilisation. Au-delà, il demeure le combat des idées reçues. Soyons vigilantes !
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/2018/03/27/coeurs-de-femmes-mesdames-vous-n-etes-pas-egales-aux-hommes-face-a-la-detection-des-maladies-cardiovasculaires/
Sources
Étude suisse publiée le 11 décembre dans la revue European Heart Journal : Acute Cardiovascular Care. Fédération française de cardiologie : Infarctus chez la femme.
Les troubles du comportement alimentaires sont de plus en plus fréquents, notamment parmi les adolescents et les jeunes adultes. Environ 10% de la population est touchée par l’une des trois formes syndromiques principales. Ces troubles sont : l’anorexie, la boulimie et l’hyperphagie. Hyperpha- quoi ? Hyperphagie !
Hyperphagie, de quoi parle-t-on ?
L’hyperphagie est un trouble du comportement alimentaire, au même titre que l’anorexie ou la boulimie. Sauf que ce trouble du comportement alimentaire est largement moins connu. On confond souvent l’hyperphagie et la boulimie et on les regroupe souvent sous un seul et même terme : l’hyperphagie boulimique. Mais ce sont bel et bien deux troubles du comportement alimentaire distincts.Contrairement au boulimique, l’hyperphage ne met pas en place de stratégie de contrôle du poids : exit les vomissements, l’usage de laxatifs, l’arrêt de l’alimentation… Ce trouble se définit par une prise alimentaire en quantité excessive et celle-ci est souvent suivie par un sentiment de culpabilité et de honte mais aucune action de « correction » ne sera mise en place.
Répérer les signes d'hyperphagie
Les signes sont la répétition de crises hyperphagiques impulsives où la personne mange de façon rapide, une grande quantité d’aliments, jusqu’à ce qu’elle ressente des douleurs au niveau de l’estomac ou une sorte d’inconfort digestif. Ces crises se font souvent à l’abri des regards."Un jour, j'ai acheté huit paquets de Balisto parce qu'il y avait des promos au supermarché. Le caissier m'a dit “vous en avez pour trois mois !” Je l'ai méprisé. J'ai pensé : non, j'en ai pour une heure. Tant mieux, si toi ça te fait trois mois. J'aimerais bien que ça me fasse trois mois, mais je ne choisis pas. Les gens vous répètent que si, ça se choisit, que c'est une question de volonté. Vous vous sentez faible. Vous vous dites que vous n'avez aucun mental. En plus de ça, vous êtes moche, grosse. Votre confiance en vous plonge plus bas qu'elle n'était. C'est un cercle de l'enfer. "
Ces crises hyperphagiques peuvent survenir à tout moment, mais elles sont plus particulièrement favorisées par les frustrations de la vie quotidienne, l’ennui ou la solitude. L’hyperphagie peut apparaitre après une longue période de restriction alimentaire, de contrôle de son poids.
Sauf que ce cercle vicieux, s’arrête au moment de la perte de contrôle et de la culpabilité. Aucun mécanisme de restriction ou de reprise de contrôle alimentaire ne sera mis en place. Les hyperphages mangent alors tout ce qu’ils trouvent, sans sensation de faim.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/au-vert/bien-etre/psycho/2018/10/17/perception-de-notre-corps/
Le répérage d’un trouble du comportement alimentaire est compliqué. Et cela n’est pas facilité du fait de la honte liée à ces troubles et de par la méconnaissance des troubles par les professionnels de santé.
Prise en charge de l'hyperphagie
Tout comme les autres troubles du comportement alimentaires, l’hyperphagie nécessite une approche collaborative avec l’intervention de différents professionnels de santé : médecin, diététicienne spécialisée dans les TCA, psychothérapeute… Il s’agit d’un long parcours avec notamment un travail sur le rapport aux émotions, un travail de développement de l’affirmation de soi, une approche psycho-corporelle… Il n’y a donc pas que la dimension alimentaire !https://le-quotidien-du-patient.fr/article/a-table/alimentation-sante/2018/12/06/perte-de-poids-autant-dans-la-tete-que-dans-l-assiette/
Sources
- Témoignage de Chloé, L’express - Docteur Christophe Bagot, "Hyperphagie" - Elyane C, Déprogrammation alimentaire, "Hyperphagie, c’est quoi, les causes et comment se soigner"Une étude menée par le CHU de Besançon a étudié l'impact d'une consommation de fromage contre les allergies alimentaires ou dermatologiques chez les enfants. Une nouvelle étonnante mais pourtant très sérieuse. Décryptage.
Du fromage contre les allergies alimentaires ?
Depuis 2002, l'étude PATURE menée par le Pr Dalphin (chef de service du service de pneumologie du CHU de Besançon) suit une cohorte d'enfants évoluant en milieu rural dans 5 pays. Les premiers volets de cette étude menée en Allemagne, en Suisse, en Autriche, en Finlande et en France ont déjà déterminé "la diminution dans le milieu agricole (ou fermier) du risque allergique ainsi que du rôle protecteur de la diversité alimentaire précoce."Le nouveau volet de cette étude, PATURE IV, mené en collaboration avec l'INRA s'est intéressé à la consommation de fromage, riche en diversité microbienne, chez les enfants. Les données concernant les facteurs environnementaux, les maladies allergiques ainsi que les pratiques alimentaires ont été recueillies chez 931 enfants, depuis leur naissance jusqu'à leur sixième année. La consommation de fromage a notamment été étudiée chez les enfants âgés de 12 à 18 mois selon la fréquence et la diversité. Les fromages consommés étaient : le fromage pressé, le semi-pressé, à pâte molle, bleu, frais ou de la ferme.
L'équipe de recherche a constaté que la consommation de fromage entre 12 et 18 mois a plusieurs effets bénéfiques : - réduction significative d'eczéma (ou dermatite atopique) à 6 ans, - réduction tout autant significative de risque d'allergie alimentaire à 6 ans, - risque diminué de rhinite allergique, d'asthme et de sensibilisation aux allergènes (alimentaires ou inhalés).
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/tous-pour-un/2018/04/17/depistage-des-allergies-quoi-quand-comment/
Pourquoi le fromage aurait de tels effets ?
Ces aliments possèdent une très grande diversité microbienne qui permettrait au microbiote de correctement se constituer et se diversifier. Les premières années de l'enfant étant particulièrement importantes quant au développement du microbiote intestinal, la consommation de fromage et de ses bactéries favoriserait l'installation et le maintien des bonnes bactéries au sein de notre microbiote.Bon à savoir : dans cette étude, toute consommation de fromage entre 12 et 18 mois est corrélée à une baisse du risque d'eczéma et d'allergie alimentaire. Or, l'étude a constaté que le moindre risque d'eczéma et d'allergie alimentaire est retrouvé "indifféremment chez les enfants ayant bénéficié d'une diversité et d'une fréquence de consommation de fromage plus importantes." Aussi des études complémentaires devraient permettre de déterminer si la baisse du risque est liée à la fréquence ou à la quantité.
Cette étude souligne la nécessité d'analyser le microbiote intestinal sur les consommateurs de fromage afin de saisir les mécanismes en jeu.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/2018/09/19/le-microbiote-du-nouveau-ne-a-t-il-un-impact-sur-les-pathologies-dadulte/
Contenu relu et validé par une diététicienne WeCook.
Sources
- INRA, - Sophie Nicklaus et al., "The protective effect of cheese consumption at 18 months on allergic diseases in the first 6 years", Allergy, octobre 2018.Page 50 sur 214