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Des études commencent à démontrer la relation étroite entre alimentation et dépression. On mange parce qu’on se sent mal, donc on grossit, donc on se sent mal, donc on mange et pour certains, vraiment trop. Manger ses émotions : voilà un cercle vicieux qu’il faut savoir briser. Le Docteur Cyril Gauthier qui exerce à l'Espace Médical Nutrition et Obésité (EMNO) à Dijon et à la Clinique du Châlonnais nous explique cette relation compliquée que nous entretenons avec la nutrition.

Pourquoi cherche-t-on à se rassurer avec l’alimentation ?

"Dans certaines situations, l’alimentation peut nous servir à réguler nos émotions. J’irai même plus loin, l’alimentation peut jouer un rôle anxiolytique. Chez certains patients anxio-dépressifs, ce rôle se manifeste sous une forme de perte de contrôle comme dans le phénomène de l’addiction, ils parlent alors de « manger leur émotion ».

Les personnes anxio-dépressives se tournent vers une alimentation plus grasse et plus riche, comme, pour certains, la cigarette. Elle va stimuler le système neurobiologique de la récompense. Le patient déprimé a un manque de sérotonine, l’hormone du bonheur, qui va augmenter sous l’effet de l’alimentation plus grasse. D’où le rôle antidépresseur ou anxiolytique de cette alimentation.

Le cercle vicieux s’installe. Ils ont une alimentation plus grasse, ils prennent du poids. Le tissu adipeux s’accumule au niveau de l’abdomen (graisse vicérale) et ce tissu va secréter des cytokines inflammatoires qui peuvent, à leur tour, favoriser la dépression. 

Il y a aussi la force de l’habitude.

C’est très compliqué de changer les habitudes des patients prises pendant l’enfance. Perdre les habitudes alimentaires de ses parents, celles prises à l’école ou au travail est très difficile. Et aussi l’habitude de manger quand on ne va pas très bien. Manger devient alors la forme d’expression de nos émotions et nous avons tous notre façon de les exprimer.

Ainsi, la personne qui mange vers 17h, ce n’est pas uniquement parce qu’elle a faim, c’est aussi une forme de relâchement. C’est la fin de la journée, elle se détend.
Une autre mangera le soir vers 21h. Dans ce cas, c’est de l’émotion pure. Ce n’est plus de la faim car elle vient de dîner et ce n’est pas du relâchement car ce n’est pas la fin de sa journée de travail. Manger le soir, c’est pour combler quelque chose, nous pourrions appeler ça un doudou.
D’autres personnes auront un besoin irrationnel et involontaire d’être « remplies » pour être apaisées et donc pouvoir dormir. Pour changer nos habitudes, il est indispensable de les comprendre puis de tenter petit à petit d’introduire de nouvelles habitudes sans être dans la contrainte permanente.

Les régimes et autres cures sont-ils efficaces ?

Beaucoup de patients se rendent compte qu’ils sont dans un cercle vicieux. Souvent, et s’ils ne sont pas suivis, ils tentent alors de mettre en place un processus d’hyper-contrôle très rigide de leurs modes alimentaires, qu’on appelle la restriction cognitive.

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/au-vert/bien-etre/psycho/2018/07/16/la-restriction-cognitive-generatrice-de-frustration/

Ils vont avoir l’impression de maîtriser les choses mais en fait, ils verrouillent leurs émotions et au bout d’un certain temps, ces patients ne peuvent que lâcher et reprendre du poids bien malgré eux et toute leur volonté. Dans ce cas, les patients ont l’impression que s’ils reprennent du poids, c’est à cause d’eux. En fait, c’est parce qu’on leur a mal fait perdre.

Ceux qui vont dans des centres d’amaigrissement reprennent souvent et malheureusement du poids lorsqu’ils rentrent chez eux. C’est finalement assez logique s’il n’y a pas de travail sur les habitudes, c’est-à-dire le fond. On coupe un patient de ses habitudes en le mettant dans un centre (ce qui peut avoir un bénéfice immédiat), on lui donne une alimentation équilibrée et calibrée associée à une activité physique régulière. Il maigrit logiquement mais quand il rentre chez lui, il peut recommencer à manger comme à son habitude. C’est donc sur les habitudes qu’il faut travailler !

Comment casser les habitudes ?

Nous avons mis en place un programme de prise en charge dans lequel nous faisons prendre conscience aux patients que le problème n’est pas uniquement ce qu’il met dans l’assiette mais pourquoi et comment. Pourquoi je mange ? Comment j’en suis arrivé là ? Comment je fonctionne avec l’alimentation ?

C’est pourquoi, la première chose que nous évoquons avec les patients lorsqu’ils arrivent à l’EMNO ou dans le centre du Chalonnais, c’est que le nombre de kilos qu’ils perdront n’est pas si important et qu’ils ne sont pas là uniquement pour perdre du poids comme leur promettent les amaigrisseurs que nous ne sommes pas. Le côté atypique de notre démarche est là. Ne pas forcément perdre du poids mais comprendre pourquoi on l’a pris.

Certains patients ne reviennent pas car ils sont à la recherche d’un régime qui va vite. Dans ce cas, je préfère ne pas répondre à leur demande. Répondre à la demande du patient n’est pas nécessairement lui venir en aide pour sa santé. Souvent, je les vois quelques années plus tard, après être passés par les phases de yoyo des régimes.

La pédagogie en santé

L’équipe est pluridisciplinaire. Elle est constituée de médecins, d’infirmières et aides-soignants, de diététiciens, de psychologues, de professionnels d’activité physique et de secrétaires. Chacun a un rôle à jouer dans le parcours thérapeutique afin d’aider le patient à progresser dans sa démarche globale.

Ainsi, les psychologues ne font pas une psychanalyse avec le patient mais l’aide à gérer les éventuels déclencheurs émotionnels de prises alimentaires. Par exemple, « Je suis stressé, je vais manger ».
Dans ce cas, il ne faut pas empêcher le patient de manger mais plutôt lui apprendre à gérer son stress, ce qui va briser son habitude de manger. Et c’est là qu’on en arrive à la pédagogie en santé.

Il faut arriver à identifier ces habitudes et à les interpréter, en se recentrant sur la personne et non sur la maladie. Chaque patient a un vécu qui lui est propre, qui lui permettra d’évoluer et de trouver sa démarche pédagogique thérapeutique. Quand le patient rentre chez lui, il a compris comment il en est arrivé là et ce que représente l’alimentation pour lui.

Vous proposez donc le même traitement à tous vos patients ?

On établit un parcours pour chaque patient. Lorsqu’un patient arrive dans nos centres, nous commençons d’abord par faire sa connaissance. Quelles sont ses attentes ? Ses craintes ? Ses objectifs médicaux ? Ses freins ? Ses objectifs de vie ?

En fonction de ce profil, on individualise la prise en charge. Certains auront davantage besoin d’un psychologue ou d’un soignant, d’autres d’un diététicien ou un professionnel de l’activité physique... La prise en charge est construite sur cette base. Le suivi est là pour évaluer ce qui fonctionne ou pas, sans aucun jugement. Quels sont les freins et ressources ? Que peut-on changer ? Nous adaptons notre démarche à chaque patient. Les changements viennent avant tout de lui.

On va comprendre avec lui quels sont les outils qui l’amènent vers une évolution positive. On ne dit pas à un patient : « Il faut faire comme ça », ça ne marchera pas pour une maladie comportementale comme l’obésité. Le côté atypique de notre démarche est là. Ne pas forcément perdre du poids mais comprendre pourquoi on l’a pris ou pourquoi nous avons des difficultés à en perdre.

Qu’est-ce qu’un bon résultat si ce n’est pas la perte de poids ?

Je vous donne deux exemples. Un ancien rugbyman professionnel vient me consulter. Il mesure 2 m, pèse 170 kg. Il concède « je mange mal, je mange vite, je mange trop ». Il ne présente aucune problématique émotionnelle vis-à-vis de l’alimentation en dehors d’avoir du plaisir alimentaire. En un an, cet homme a perdu 33 kg.

Une femme vient me consulter. Elle a environ 60 ans, a suivi toute sa vie des régimes depuis l’âge de 9 ans. Son mari l’accompagne car il en a assez de la voir suivre des régimes qui lui promettent des merveilles. Elle ne mange plus en famille, se pèse 2 fois par jour, ne va plus au restaurant. Elle se prive de tout. En un an de prise en charge, elle a perdu 2,2 kgs... Mais désormais, elle mange en famille, elle va au restaurant, elle se pèse une fois par semaine, s’autorise des petits plaisirs alimentaires sans culpabiliser. Je l’ai vue récemment, elle m’a dit qu’elle venait de passer un noël serein ce qui ne lui était pas arrivé depuis une dizaine d’années. 

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/au-vert/bien-etre/mode-beaute-sante/2018/12/04/constater-sa-perte-de-poids-sans-passer-sur-la-balance/

Dans le premier exemple, la perte de poids est importante. Pour le second exemple ? Elle n’a perdu que 2,2 kgs ! Et pourtant, le résultat est atteint ! Cette femme a retrouvé une qualité de vie. Les résultats ne peuvent donc pas s’évaluer uniquement sur le critère du poids. Ce qui nous fait dire que nous prenons en charge des personnes et pas une maladie.
Quand quelqu’un va mieux et qu’il est en meilleur santé, on a gagné !

Vous parlez plutôt de parcours de santé que de soins

Le ministère de la Santé et la Direction générale de la santé (DGS) ont introduit dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018, l’article 51. Il permet d’expérimenter de nouvelles organisations innovantes en santé, dès lors qu’elles contribuent à améliorer le parcours des patients, l’efficience du système de santé, l’accès aux soins ou encore la pertinence de la prescription des produits de santé. 

Les Agences Régionales de Santé (ARS) ont répondu. Plus de 370 projets ont été présentés, seuls deux ont été (pour le moment) retenus dont le nôtre. J’ai donc la chance avec l’accompagnement de l’ARS Bourgogne Franche Comté et le soutien de la Fondation Ramsay Générale de Santé  d’être le premier porteur d’une expérimentation de l’article 51 dans le domaine de la nutrition-obésité.

Cette expérimentation « EMNO » a pour principal objectif d’améliorer la qualité de vie des personnes souffrant d’obésité en les intégrant dans une démarche de parcours thérapeutique globale avec égalité d’accès aux soins pluridisciplinaire et la mise en place d’une démarche pédagogique en santé moderne."

Léa Coulanges

D’après un entretien avec le Dr Cyril Gauthier, médecin nutritionniste, Espace Médical Nutrition et Obésité Dijon, Hôpital Privé Dijon Bourgogne et Clinique du Chalonnais (Châtenoy-le-Royal) etMembre Collège Scientifique Fondation Ramsay Générale de Santé

Dans leur rapport 2018, le World Cancer Research Fund (WCRF) et l’American Institute for Cancer Research (AICR) ont mis en lumière les liens entre nutrition et cancers. Ils ont défini à chaque tumeur ses aliments agresseurs et protecteurs.

L'alimentation est chaque jour davantage incriminée dans la prévalence des cas de cancers dans les pays développés. Mais, ces liens entre alimentation et cancer sont-ils avérés ? Ou est-ce une légende urbaine ? LQDP décrypte l'actualité.

1- Une alimentation bio protège-t-elle davantage du cancer ?

Les études se multiplient afin de souligner l'effet protecteur des aliments issus de l'agriculture biologique contre le cancer. Citons d'abord l'étude publiée en 2014 dans le British Journal of Cancer qui soulignait que le risque de cancer du sang diminuait de 21 % chez les consommatrices de bio. Cette étude avait été menée sur 623 080 femmes. Plus récemment, une étude française a fait grand bruit en mettant en avant un risque de cancer diminué de 25 % chez les consommateurs réguliers de produits biologiques. Un lien plus conséquent pour les lymphomes (-76 %) et pour les cancers du sein chez les femmes ménopausées (-34 %). Attention, ces chiffres sont à interpréter avec modération car aucun lien de cause à effet n'a pu aboutir et les biais semblent inévitables. En effet, les auteurs de ladite étude soulignent que les personnes qui consomment bio ont souvent tendance à être plus attentives à leur hygiène de vie. Les bienfaits des aliments issus de l'agriculture biologiques seraient liés à une moindre exposition aux pesticides, mais ce n'est qu'une hypothèse.

https://le-quotidien-du-patient.fr/special/2018/10/23/alimentation-bio-et-risques-de-cancer/

2- La viande rouge est-elle cancérogène ?

Diabolisée depuis plusieurs années pour ses impacts sur la santé ou la planète, la viande rouge semble dans une mauvaise passe. D'ailleurs, les recommandations nutritionnelles suggèrent de ne pas dépasser 500 g de viande par semaine et de limiter la viande rouge. Mais pourquoi ? Tout d'abord parce que le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) reconnaît la viande rouge comme "cancérogène probable" notamment pour le cancer colorectal. Ensuite, parce qu'une étude française (sur la cohorte S.U.V.I.MAX) a constaté que ceux qui mangent en moyenne 100 g de viande rouge par jour ont un risque de cancer supérieur de 30 % à ceux qui n'en mangent que 40 g par jour. Le responsable n'est pas scientifiquement identifié, mais les chercheurs évoquent le fer héminique, présent dans la viande, qui favoriserait la formation de composés N-nitrosés cancérogènes.

3- La cuisson au barbecue ou au grill est-elle dangereuse ?

Cuire la viande à haute température favorise la libération de substances chimiques cancérogènes : les amines hétérocycles et des hydrocarbures aromatiques polycycliques. Les premières sont produites sous l'effet de la chaleur par la créatine, naturellement présente dans la viande. Les seconds eux naissent de la décomposition des graisses sur les flammes d'un barbecue. Des substances toxiques volatiles s'échappent alors avec la fumée pour se déposer sur l'aliment.

4- Une consommation excessive de sel favorise-t-elle le risque de cancer ?

À celles et ceux qui ne peuvent s'empêcher de saler chacun de leurs plats (parfois sans les goûter en amont), mauvaise nouvelle : une consommation excessive de sel favorise le risque de tumeur de l'estomac. En effet, le sel est en cause dans l'inflammation des parois et stimule le développement de composés N-nitrosés. Le sel favoriserait également la colonisation par la bactérie Helicobacter pylori, qui augmente le risque de cancer de l'estomac.

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/a-table/bien-manger/bonnes-cuissons-bons-gestes/2018/10/11/consommation-sel/

5- Un verre de vin par jour, vraiment bon pour la santé ?

Les études semblent se mettre d'accord : une consommation d'alcool, même modérée a des conséquences sur le risque de développer un cancer. Une étude publiée dans The Lancet, menée dans 195 pays, a étudié la consommation d'alcool au quotidien. Sur 100 000 personnes, 918 personnes buvant un verre par jour seront affectées par un cancer, contre 914 chez celles ne consommant pas d'alcool. Un écart moindre, presque infime en effet. Mais, à deux verres par jour, 977 personnes auront un cancer, et 1 252 à cinq verres par jour. Un verre ça va, mais davantage : s'abstenir.

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/cancers/2018/03/14/quelle-alimentation-pour-minimiser-les-risques-de-cancer-ou-bien-de-rechute/

Contenu relu et validé par une diététicienne WeCook.

Sources

- Julia Baudry, Emmanuelle Kesse-Guyot et al., « Association of Frequency of Organic Food Consumption With Cancer Risk Findings From the NutriNet-Santé Prospective Cohort Study »,JAMA Intern Med., 22 octobre 2018,
- Curl  CL, Beresford  SAA, Fenske  RA,  et al., « Estimating pesticide exposure from dietary intake and organic food choices: the Multi-Ethnic Study of Atherosclerosis (MESA) » Environ Health Perspect., 2015, 123 (5),
- Sciences et Avenir, février 2019, n° 864.

Une des dernières études de la revue scientifique Nature met en lumière le rôle de l'asparagine (acide aminé) et, au-delà celui de l'alimentation, dans la progression ou non du cancer (ici du sein). Explications.

Du rôle de l’asparagine sur des souris atteintes d’un cancer mammaire de grade 3

En effet, une étude récente de Nature explique que l’asparagine, acide aminé présent dans l’asperge mais également dans les fruits de mer, la viande ou les légumineuses a une influence sur la progression du cancer mammaire chez la souris. 

L’hypothèse de l’expérimentation était la suivante : certaines cellules cancéreuses – dont celles du cancer du sein – ont un besoin vital d’asparagine pour proliférer. Or, il existe deux moyens de réduire la quantité d’asparagine disponible pour l’organisme et donc pour les cellules cancéreuses qui s’y trouvent.
– Le premier : adopter un régime pauvre en asparagine (mais c’est contraignant car cet acide aminé est très répandu).
– Le second : recevoir un traitement à base d’une protéine enzyme qui détruit l’asparagine, à savoir l’asparaginase.

Or, l’expérimentation démontre que, lorsque des souris déjà déjà atteintes d’une forme grave de cancer mammaire (grade 3) sont soumises à un régime pauvre en asparagine ou bien reçoivent de l’asparaginase, leur cancer n’évoluait que très peu. (Pour autant, il ne s’agit, en aucun cas, d’en déduire que la consommation d’asparagine pourrait favoriser le cancer du sein.)

Le rôle de l’alimentation dans la cancérogénèse.

Les cellules dites cancéreuses ou malignes sont généralement classées en trois grades. Le grade 0 correspond à une cellule normale ; le grade 1 à une cellule cancéreuse peu agressive et le grade 3 à une cellule cancéreuse très agressive. Cette organisation reste très schématique. Il convient de prendre en compte qu’il existe un gradient très progressif entre le grade 0 et le grade 3, et, déjà, entre le grade 0 et le grade 1. 
En réalité, le processus de transformation cancéreuse d’une cellule est un phénomène très lent, particulièrement progressif ainsi que multifactoriel. 

On compte une vingtaine d’acides aminés constituant les protéines. Parmi eux, certains sont appelés essentiels, car notre organisme n’est pas en mesure de les synthétiser. L’alimentation doit impérativement les apporter en quantité suffisante.
Les autres ne sont pas essentiels, car notre organisme peut les fabriquer. L’asparagine fait partie du deuxième groupe. 

Pour en savoir plus :

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/a-table/bien-manger/aliments/2018/11/28/proteines/

Tout comme l’asparagine, la sérine et la glycine sont des acides aminés non essentiels. D’où l’idée – en présence d’un cancer déclaré - de priver l’organisme entier de ces molécules de façon à affaiblir les cellules cancéreuses.

L’étude des conséquences de notre alimentation sur la cancérogénèse ne cesse de progresser. L’an dernier, des chercheurs de l’université de Glasgow ont également montré que la privation d’autres acides aminés – à savoir la sérine et la glycine – ralentissait le développement de lymphomes malins et de cancers du côlon-rectum.
C’est cette même idée que l’on retrouve dans la conception du régime dit « cétogène ». Privées de glucose, les cellules cancéreuses, au motif que certaines cellules cancéreuses en ont un besoin vital, seraient détruites. 

Des perspectives encourageantes dans la lutte contre le cancer ?

A défaut d’annoncer des résultats tangibles, il est déjà possible d’affirmer que l’impact de la nutrition sur la progression de certains cancers est avéré

Il est également « encourageant » de se dire que, même si ces cellules cancéreuses peuvent proliférer, – du moins celles de grade 2 et surtout de grade 3 -, certaines sont totalement dépendantes de molécules dont les autres cellules du corps peuvent très bien s’en passer. Envisager de priver le corps de la (ou les dites) molécule(s) est une des pistes de recherche actuelle.

Ces traitements sont d’autant plus prometteurs qu’ils n’ont pas les effets secondaires des traitements cytostatiques (médicaments qui s’opposent aux divisions cellulaires) tels que pertes de cheveux, lésions de la muqueuse buccale, troubles digestifs…

https://le-quotidien-du-patient.fr/invite/2018/02/09/revolutionnaire-novagray-adapte-les-seances-de-radiotherapies-aux-patients-explications-de-clemence-franc-sa-fondatrice/

Ainsi, ces études – ouvrant la voie à la recherche de nouveaux traitements radicalement différents, – personnalisés et moins agressifs – demeurent précieuses et prometteuses.  

Sources

Revue Nature, 2016 : Asparagine promotes cancer cell proliferation through use as an amino acid exchange factor.

Revue Nature, 2018 : Cloning and expression of L-asparaginase from Bacillus tequilensis PV9W and therapeutic efficacy of Solid Lipid Particle formulations against cancer.