
20 ans d’existence, 72 associations fondatrices, 78 associations nationales regroupées, plusieurs centaines de milliers de patients/usagers adhérents réunis. Voilà le beau palmarès détenu par France Assos Santé, l’Union nationale des associations agréées d’usagers du système de santé, organisation de référence pour représenter et défendre les intérêts des patients et des usagers du système de santé. Présentation.
L'histoire de France Assos Santé
En 1996, certaines associations intervenaient dans le domaine de la santé. Et parce qu’on est plus fort à plusieurs réunis que seul, elles se sont petit à petit regroupées en Collectif Interassociatif Sur la Santé, devenu ensuite France Assos Santé. La première grande victoire de cette association est le vote de la loi du 4 mars 2002 sur les droits des malades et la qualité du système de santé (reconnaissance du droit à l’information ; consentement des patients ; indemnisation des accidents médicaux…). Cette loi a amorcé la démocratie sanitaire. Mais aussi la généralisation de la représentation des usagers dans les instances de santé aux niveaux local, régional, national.Instituer la représentation
France Assos Santé délègue des représentants des usagers (RU) « [porteurs] de la parole des usagers du système de santé, [garants] du respect de leurs droits et de leurs intérêts ». Ils siègent dans les instances et commissions au sein desquelles ils sont mandatés et sont membres d’une association de santé agréée. On les trouve au niveau national dans les conseils d’administration de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Mais aussi au sein de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES). Ou encore à différentes commissions comme pour la Haute Autorité de santé (commission de la transparence ; commission des stratégies de prise en charge ; commission de certification des établissements de santé [CCES]) ; à différents comités de pilotage de l’INCa (Comité de pilotage Plan Cancer ; Comité de suivi de radiothérapie…).France Assos Santé également présente dans les établissements de santé
Les RU sont aussi présents dans les établissements de santé. Que ce soit au niveau de leurs conseils de surveillance qui se prononcent notamment sur la stratégie de l’établissement en contrôle la gestion. Ou après des commissions des usagers qui veillent au respect des droits, facilitent les démarches et informent les patients sur les voies de recours et de conciliation.On les retrouve aussi dans l’organisation départementale et régionale du système de santé, par exemple, de la Conférence régionale de la Santé et de l'Autonomie (CRSA) [elle donne un avis sur le plan stratégique régional de santé, ainsi que sur les objectifs et moyens donnés à l'Agence Régionale de Santé. Ainsi, elle en évalue les résultats, en approuve le budget et les comptes.] ou de la Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM).
Défense individuelle et collective
« Ce qui porte notre action est la volonté de défendre et de permettre la participation des malades et des usagers du système de santé aux décisions qui les concernent. »France Assos Santé agit au niveau individuel et collectif. Les droits des malades et ou des usagers du système de santé passent par des prérequis qui nécessitent d’être reconnus dans les textes, de la loi jusqu’au règlement. Et ensuite appliqués dans les faits : accès à son dossier médical et à ses données de santé, par exemple.
Sur le même sujet : devenir un patient expert
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/tous-pour-un/2018/05/16/immersion-universite-patients/
D’un point de vue collectif, les malades ou les usagers doivent pouvoir prendre part aux décisions qui les concernent. Il faut donc qu’ils soient représentés lors des réflexions et des décisions qui touchent à l’organisation de notre système de santé.
Guider les malades et les usagers
France Assos santé guide les malades ou les usagers pas à pas dans leur démarche. Ainsi, sur le site, vous trouverez des lettres types qui vous permettront par exemple de demander votre dossier médical. Mais aussi des fiches pratiques claires qui se terminent toujours par un renvoi vers leur ligne directe si on désire en savoir plus. Des fiches sur 5 thèmes qui permettent de se renseigner sur : - les droits des malades (droits des patients, consentement aux soins…) ; - la démocratie sanitaire (le représentant des usagers, l’organisation régionale et territoriale de notre système de santé…) ; - la sécurité sociale (prise en charge des frais de santé par l’Assurance maladie, couverture maladie universelle complémentaire…) ; - assurance et emprunt (accès à l’assurance des personnes malades ou en situation de handicap…) ; - la santé et le travail (les revenus des salariés en arrêt maladie, le temps partiel thérapeutique…).Trouver un établissement de santé
Le site vous permettra de trouver un établissement de santé ou une maison de retraite.Cette association a également créé en en mars 2014, 66 Millions d’impatients. C’est un site « d’information au service de tous les usagers du système de santé. C’est-à-dire de l’ensemble de nos concitoyens car nous sommes tous concernés par les enjeux de santé et l’accès aux soins, notamment les patients que nous avons préféré rebaptiser les “im-patients“ ». Et ce site est une véritable plateforme d’échange et d’informations des usagers en matière de prise en charge et d’organisation des soins.
Le site de 66 millions d'impatients
Vous l’aurez compris, France Assos Santé permet aux usagers ou malades de devenir des acteurs éclairés. Et ce pour participer pleinement à leurs prises en charge médicales.
Il vous arrive de choisir votre alimentation selon ses propriétés nutritionnelles plutôt qu’en fonction du plaisir qu’elle vous procure ? Vous allez vite comprendre que la restriction cognitive génère une frustration bien plus calorique, à terme qu'une assiette de frites !
La restriction cognitive, un générateur de frustration
La restriction cognitive désigne le comportement consistant à limiter volontairement sa prise alimentaire, avec un objectif de perte ou de maintien de son poids. Ce contrôle sur la prise alimentaire traduit la majorité des régimes restrictifs actuels et vous amène parfois à prendre une décision que vous pensez rationnelle au détriment de vos sensations physiologiques.Pour atteindre votre objectif, vous maîtrisez les quantités consommées, en vous interdisant certains aliments comme le chocolat ou les frites, voire en fuyant certaines situations comme un dîner entre amis. Votre cerveau finit donc par associer l’alimentation à un sentiment de privation, se traduisant globalement par une consommation diminuée et maîtrisée… ponctuée de craquages incontrôlables.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/2018/04/09/vous-desirez-changer-vos-habitudes-alimentaires-commencez-par-ecouter-vos-sensations-alimentaires/
Non aux craquages culpabilisants, oui aux écarts plaisir !
Vous avez craqué pour un éclair au chocolat alors que vous aviez réussi à résister aux frites ce midi ? C’est normal ! Un régime restrictif associé à un sentiment de privation augmente les comportements alimentaires négatifs tels que les pensées obsessives envers les aliments ou les épisodes de rage alimentaire, voire une nette augmentation de la quantité consommée. Une fois la règle transgressée, la dimension du craquage n’a plus d’importance et vous êtes alors capable de dévorer l’intégralité d’un paquet de bonbons.Avec près de 80.000 repas sur toute une vie, l’alimentation doit rester un moment agréable et non un challenge éprouvant au quotidien. Alors écoutez-vous un peu plus souvent et autorisez-vous quelques imprévus : un petit écart vaudra toujours mieux qu’un gros craquage ! Tant que cela reste occasionnel, faites-vous plaisir en vous accordant une assiette de frites, un verre de vin ou une crêpe au sucre. Pensez un peu à vous, votre corps vous le rendra bien !
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/2018/06/28/8-astuces-anti-fringales-et-se-jeter-sur-le-paquet-de-bonbons/
Sources
Polivy J, Herman CP. The effects of resolving to diet on restrained and unrestrained eaters : the "false hope syndrome". Int J Eat Disord. 1999;26(4) :434-447. Gravel, K. Manger avec sa tête ou selon ses sens : perceptions et comportements alimentaires. Université de Laval, 2013. Apfeldorfer G, Zermati JP. (2007) Les régimes amaigrissants sont des troubles du comportement alimentaire, Réalités en Nutrition, 6, 6-11.(Contenu relu et validé par une diététicienne WeCook. Article mis à jour le 16 juillet 2018)
L’alimentation du sportif sert à compenser les pertes liées à l’activité physique, à améliorer les performances et à compenser le stress oxydatif. Ainsi, son apport en protéines est alors particulièrement important. Il est exprimé en grammes par kilogramme par jour. Mais existe-t-il un régime protéiné adapté au sport ? LQDP vous dit tout.
Les apports en protéines à adapter selon la pratique sportive
Les sports de loisirs
Avec une à trois séances par semaine, ces sportifs ne présentent pas de changements majeurs dans leur alimentation. L’apport en protéines est le même que pour celui des adultes. Soit 0,8 à 1,1 g/kg/jour avec une à deux portions de viande, poissons ou œufs par jour.
Les sports de force (musculation)
dans le cas où il y a augmentation de la masse maigre, nécessite entre 2 à 2,5 g/kg/jour, au maximum pendant six mois. Au-delà de cet apport, la trop grande concentration de protéines représente un danger pour l’organisme. Les protéines sont alors apportées par deux portions de viande, poisson ou œufs ainsi que quatre produits laitiers (voire plus) et des suppléments protéinés. Généralement, l’alimentation doit couvrir environ 2/3 des apports en protéines et la poudre de lactosérum environ le tiers restant. Le maintien de la masse musculaire, sans son augmentation, engendre une quantité de 1,3 à 1,5 g/kg/jour, ce qui représente deux portions de viande, poisson ou œufs avec trois à cinq produits laitiers.
En endurance
les sportifs de haut niveau auront besoin entre 1,2 à 1,4 g/kg/jour. Pour arriver à cet apport, les deux portions de viande, poisson ou œufs ainsi que les trois à cinq produits laitiers (voire plus) couvriront ce besoin.
En période d'entraînement
L’alimentation doit respecter les règles de compositions des repas, avec une fréquence de quatre à cinq repas (trois repas principaux et deux collations). Les principales erreurs alimentaires du sportif sont d’apporter trop de glucides à index glycémique élevé (les glucides simples comme le pain blanc, le sucre, les céréales pour petit-déjeuner, le miel…), trop de lipides et de consommer peu de fruits, de légumes et de produits laitiers.
Et sinon : le régime riche en graisses, ça vous dit quelque chose ?https://le-quotidien-du-patient.fr/article/a-table/alimentation-sante/2018/03/28/le-regime-cetogene-arnaque-ou-solution-miraculeuse/
Quelle collation pour le sportif ?
En période d'entraînement, les compositions des repas doivent comprendre un apport en protéines, en vitamines et minéraux (fruits et légumes) et en glucides complexes. Il faut bien insister sur la quantité de ces derniers. Les protéines doivent être en majorité animales. Ce sont les protéines de bonne qualité qui comportent le meilleur équilibre en acides aminés essentiels par rapport aux protéines végétales.
La collation avant l'entraînement
À prendre environ une heure avant. Elle doit privilégier les glucides complexes ainsi qu’une source de protéines peu grasse et digeste. Éviter, par exemple, le lait, lourd et difficile à digérer et préférer les yaourts ou les fromages blancs.
Quelques exemples
– Pain complet + jambon blanc ou blanc de dinde + fruit – Riz + thon + tomates – Pâtes al dente ou pâtes complètes + deux œufs + fruit – Pain complet + fromage blanc + fruitLa collation après l'effort : le rôle des protéines est essentiel pour la reconstitution musculaire
Elle doit être prise environ trente minutes après l’activité physique. Les glucides et les protéines vont inciter le muscle à se reconstruire et favoriser la récupération. Les glucides vont soutenir les protéines en leur apportant l’énergie nécessaire pour le métabolisme.
Il est important de constituer sa collation avec deux types de protéines. Les protéines lentes mettent plus de temps à être digérées et absorbées que les protéines rapides. Elles poursuivront le travail des protéines rapides lors de leur épuisement. Et elless vont fournir les acides aminés essentiels après l’ingestion durant trois heures. Les protéines lentes libèrent leurs acides aminés deux heures après l’ingestion et pendant six heures.
Le lait est un aliment intéressant. En effet, il contient ces deux types de protéines : 80% de protéines lentes (caséines) et 20% de protéines rapides (lactosérum). Les œufs comportent de l’ovalbumine, une protéine rapide également.
Et après l'effort, on n'oublie pas les étirements :https://le-quotidien-du-patient.fr/dossier/crampes-et-courbatures-explications/
Quelques exemples :
– Un à deux bols de lait (protéines rapides et lentes) + fruit + 10 à 15 g de poudre de lactosérum (protéine rapide) – Deux fromages blancs (protéines rapides et lentes) + fruit + 10 à 15 g de poudre de lactosérum – Deux œufs (protéines rapides) + légumes + un grand verre de lait ou plus + 10 à 15 g de poudre de lactosérum – Deux yaourts (protéines rapides et lentes) + céréales (privilégier les céréales complètes et peu sucrées. Ou bien un muesli à réaliser vous-même avec le vrac disponible en magasins diététiques ou biologiques) + fruit + 10 à 15 g de poudre de lactosérumLa collation est importante car elle favorise la régénération des tissus musculaires, la perte de la masse grasse, la constitution des stocks de glycogène (l’énergie), la croissance musculaire et donc le gain de force.
Contenu relu et validé par une diététicienne WeCook.Sources
- CERIN, - Musculation.com, - Mag-nutrition.com.
La plateforme MICI Connect évolue. Seulement un an après son lancement, elle devient disponible en application !
MICI Connect : l'application d'accompagnement personnalisé pour les malades de Crohn et de RCH
L'AFA Crohn RCH, l'association qui se bat au quotidien contre les Maladies Inflammatoires Chroniques de l'Intestin (MICI), met à disposition des malades et de leurs proches l'application MICI Connect. Il s'agit d'une plateforme gratuite d'accompagnement personnalisé pour les personnes souffrant de la maladie de Crohn et de rectocolite hémorragique.Pour bien comprendre :
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/maladies-chroniques/2017/10/16/mici/
Une plateforme « pour les malades et imaginée par les malades » - utilisée par déjà plus de 3 600 personnes - qui évolue désormais en application.
MICI Connect, un formidable outil numérique du quotidien
Le lancement de la dite application devrait pouvoir faciliter le quotidien des 250 000 malades en France. Et tous ces malades n'ont pas un égal accès à l'information, aux soins, à des conseils et à un soutien. Raison pour laquelle MICI Connect souhaite se rendre accessible au plus grand nombre. Aussi, les malades pourront accéder à une information directe, fiable et personnalisée. De plus, l'application fournit de nombreux conseils pour une amélioration du quotidien.Le patient doit renseigner ses informations médicales et ses préoccupations pour que l'application propose un parcours personnalisé. Actualités, fiches pratiques (droit des patients, tabac, vacances...), vidéos explicatives et même recettes sont à disposition du patient sur l'application grâce à l'AFA Crohn RCH.
Pour connaître l'histoire et les missions de l'AFA :
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/maladies-chroniques/2018/04/12/association-afa-combat-mici/
Une application pour suivre l'évolution de sa maladie...
L'utilisateur peut également renseigner ses scores concernant sa fatigue, sa qualité de vie, le nombre de selles... Toutes ces informations prennent place dans le « carnet de santé digital ». En somme, MICI Connect est un outil de suivi d'évolution de la maladie, particulièrement utile pour les consultations avec les professionnels de santé.
Sur MICI Connect, il est possible d'évaluer sa fatigue et sa qualité de vie, d'accéder à des recettes et à de multiples articles
… Et pour rompre l'isolement
Ces maladies méconnues et invisibles sont souvent la cause d'un isolement certain chez les personnes atteintes d'une MICI. Là encore, l'application est là pour eux. En effet, les utilisateurs ont la possibilité d'échanger avec leurs pairs et avec des professionnels de santé. En outre, ils peuvent répondre à des enquêtes ayant pour dessein l'amélioration des parcours de soins.
Les résultats de l'enquête menée auprès des utilisateurs de MICI Connect
MICI Connect, application gratuite. Disponible sur l'App Store et sur Google Play.
La présence de la flore intestinale est décrite depuis environ un siècle dans la littérature. Récemment, les récentes techniques innovantes ont permis de mieux identifier cette flore intestinale, aussi nommée microbiote intestinal. Et il est temps de tout savoir sur le microbiote intestinal.
I - Où les micro-organismes intestinaux sont-ils localisés ?
La sphère intestinale, ou appareil digestif, est un vaste appareil composé de divers organes : cavité buccale, œsophage, estomac, intestin grêle, côlon qui se finit à l’anus. L’appareil digestif est également composé de glandes annexes : foie, vésicule biliaire, pancréas et glandes salivaires. Les micro-organismes sont principalement localisés dans l’intestin grêle et surtout dans le côlon. L’estomac a un pH trop bas, le rendant presque stérile. Ainsi, la répartition du microbiote intestinal est la suivante : - 10 à 1000 bactéries/ml dans l’estomac, - De 10 000 à 10 millions de bactéries/ml dans l’intestin grêle, - Et 10 milliards à 10 000 milliards/ml dans le côlon.Ce microbiote se localise entre la lumière intestinale (la « lumière » d’un organe étant l’espace creux de celui-ci) et le mucus de la paroi intestinal.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/2018/07/06/tout-savoir-sur-le-microbiote/
II - Composition du microbiote intestinal
Une étude innovante lancée en 2008 par l’INRA, appelée MétaHIT, tente d’identifier l’ensemble du génome du microbiote. Cette étude se base sur l’analyse de selles d’une centaine de volontaires. Il a ainsi été identifié un total de 3,3 millions de gènes différents, avec plus de 100 espèces microbiennes différentes. Les bactéries prédominent le microbiote. Chaque individu porte en lui plus de 160 espèces de bactéries différentes.Le microbiote intestinal est caractérisé par un noyau phylogénétique similaire d’un individu à l’autre en termes de composition. Il a été ainsi décrit un état normal du microbiote intestinal appelé « normobiose ». Un écart à cet état normal est défini par une dysbiose, induisant alors des pathologies (immunitaires, digestives, etc…).
1 - Distinctions bactériologiques
Juste avant de savoir de quoi est composé le microbiote intestinal, voici quelques notions bactériologiques. On distingue en microbiologie : - Les bactéries aérobies : ce sont des bactéries qui nécessitent de l’oxygène pour vivre, - Les bactéries anaérobies : ce sont celles qui peuvent se passer d’oxygène pour vivre.
Il est à noter que les espèces présentes dans le microbiote intestinal ne sont généralement pas cultivables en laboratoire.
Le microbiote intestinal est composé d'espèces dominantes : - Firmicutes (60-80 %), avec notamment Clostridium Ruminococcus et Clostridium Faecalibacterium, - Bactéroidètes (15-30%), avec notamment B. thetaiotaomicron, B. fragilis, B. ovatus, et B. caccae, - Actinobactéries (2-25%), avec notamment des bifidobactéries, - Entérobactéries (1-2 %), - Eubactéries.
Et d'espèces minoritaires : - Streptocoque, - E. coli, - Entérobactéries.
III - Naissance du microbiote intestinal
Avec un microbiote placentaire quelque peu développé, le microbiote d’un individu se crée dès sa naissance, au moment de l’accouchement. La formation et le développement du microbiote se créent au moment où le bébé rentre en contact avec la flore vaginale de sa mère. Lorsqu’il y a césarienne, la formation du microbiote se fait via le contact aux micro-organismes de son environnement. Le contact peau à peau favorisera également le développement du microbiote chez le bébé. Enfin, l’allaitement permettra de transférer des bactéries probiotiques via le lait maternel.1 - Une colonisation microbienne ordonnée
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette colonisation microbienne ne se fait pas de façon aléatoire. Elle suit un ordre précis : 1) les premières bactéries intestinales ont besoin d’oxygène (bactéries aérobies) pour proliférer (exemple : entérocoques, staphylocoques…) 2) La consommation d’oxygène présent dans les intestins par ces bactéries aérobies favorise ensuite la prolifération de bactéries dites anaérobies (exemple : bactéroïdes, clostridium…) 3) Puis il y aura une évolution qualitative et quantitative en fonction de différents paramètres : - Diversification alimentaire - Génétique - Hygiène de l’individu - Traitements médicaux.2 - Stabilisation et appauvrissement du microbiote intestinal
La stabilité du microbiote intestinal s'opère à l’âge adulte, que ce soit au niveau quantitatif ou au niveau qualitatif. Quelques fluctuations peuvent intervenir du fait de l’activité des hormones sexuelles, des traitements médicamenteux (prise d’antibiotiques par exemple). Puis, chez les seniors, le microbiote est appauvri par les changements physiologiques, comme une diminution de l’immunité, une alimentation moins variée, la prise de nombreux médicaments y compris des antibiotiques et surtout le mode de vie, parfois moins indépendant. Si on observe une certaine stabilité (qualitative et quantitative) du microbiote d’un individu à un autre, il reste spécifique et propre à chacun de nous. Parmi les 160 espèces de bactéries que comporte en moyenne le microbiote d'un individu sain, une moitié est communément retrouvée d'un individu à l'autre.Le microbiote présent dans nos intestins permet un état de normobiose. Cet état permet à l’organisme un fonctionnement optimal, car les micro-organismes du système digestif ont un rôle beaucoup plus important que l’on ne pourrait penser. Et ce rôle va au-delà de la digestion.
IV - Le microbiote intestinal au service de l’Homme
Cette biomasse importante présente au niveau intestinal exerce des fonctions physiologiques diverses. Ces fonctions sont bénéfiques, et certains auteurs considèrent même cette biomasse comme un organe à part entière.1 - Rôle dans l’immunité
Les micro-organismes font office de véritable barrière intestinale face aux invasions de bactéries pathogènes ou de composés toxiques pour l’organisme. Mais au-delà de cette fonctionne de barrière, les micro-organismes aident à la maturité du système immunitaire présent dans le tube digestif. Par exemple, il a été montré que chez des souris dites « axéniques », dépourvues de germes intestinaux, le système immunitaire est moins développé, une sécrétion d’antigènes moins importante, une concentration en lymphocytes plus faible que des souris normales. Et ce qui est surprenant, c’est que ceci ne se cantonne pas qu’aux intestins, mais on observe les mêmes effets dans la rate et les ganglions. Et si on inocule les souris axéniques avec des souches du microbiote de souris porteuses de germes, ces effets disparaissent et on observe une amélioration de la maturité du système immunitaire.2 - Fonction métabolique
Les fibres (et glucides) non digérées dans les intestins servent de substrats pour les micro-organismes coliques. En moyenne, 10 à 60 g de sucres non fermentescibles se retrouvent dans le côlon, selon le régime alimentaire de l’hôte. Ces substrats sont métabolisés par les bactéries coliques, en différentes étapes. Ils apportent donc de l’énergie pour ces bactéries. Une fois la biotransformation effectuée par ces bactéries, il y aura génération de nouveaux substrats qui pourront être absorbés et utilisés par l’organisme. Par exemple, certains glucides non fermentescibles se décomposent en pyruvate puis en acides gras à chaînes courtes (acétate, propionate ou butyrate par exemple). Et ces acides gras à chaînes rôles ont des effets bénéfiques pour l’organisme. Par exemple, le butyrate stimule la croissance et le renouvellement cellulaire.Le métabolisme des protéines
Bien que minoritaire, le métabolisme des protéines est également important pour certaines bactéries qui n’utilisent pas de sucres pour leur croissance, mais des substrats azotés. Cette fermentation protéique, bien qu’elle soit différente de la fermentation glucidique, conduit également à des acides gras à chaînes courtes (acétate, propionate ou butyrate). Elle conduit également à des composés tels que l’ammoniac. Ce dernier peut ensuite être utilisé par certaines bactéries, mais peut être absorbé et éliminé par le rein, après transformation en urée.3 - Rôle de maintenance
Les bactéries sont dotées d’enzymes, que l’hôte ne possède pas. Ces enzymes peuvent être utiles pour diverses raisons. Si les cellules intestinales sont abîmées, ces enzymes peuvent être utilisées pour améliorer le maintien de ces cellules. Les enzymes peuvent également servir pour aider à la production du mucus, espèce de film protecteur de l’épithélium intestinal.4 - Fabrication de vitamines
Le microbiote intestinal intervient également dans la fabrication de vitamines du groupe B et la vitamine K. La vitamine K est l’une des seules vitamines que l’organisme peut synthétiser, mais ce avec l’aide des bactéries coliques. En cas de prise d’antibiotiques sur une longue durée, il est possible d’avoir des carences en vitamine K, car le microbiote est totalement déséquilibré. Des supplémentations seront administrés en cas de prolongation du traitement. Chez les nouveaux-nés en revanche, les carences son plus importantes du fait d’une flore intestinale peu développée. Des complémentations sont nécessaires à la naissance.V - Microbiote intestinal et pathologies digestives
Le microbiote intestinal, véritable organe à part entière de l’organisme, joue un rôle essentiel dans le bon fonctionnement de l’organisme. Une dysbiose ou déséquilibre de l’écosystème bactérien a un impact sur l’organisme, et est associé à des pathologies.1 - Microbiote intestinal et MICI
Un lien évident a été établi entre les maladies intestinales chroniques inflammatoires (MICI). Parmi ces maladies, on peut citer la maladie de Crohn ou bien la rectocolite hémorragique.https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/maladies-chroniques/2017/10/16/mici/
Ces maladies sont liées à une activation spontanée du système immunitaire au niveau intestinal. Et on observe un déséquilibre au niveau du microbiote : les bactéries aux effets pro-inflammatoires prédominent sur les bactéries aux effets anti-inflammatoires. De même, certaines espèces prédominent dans le microbiote intestinal, telles les entérobactéries ou les fusobactéries, alors que d’autres espèces se raréfient (clostridia notamment).
Le déséquilibre du microbiote : cause ou conséquence de la maladie de Crohn et de la RCH ?
Néanmoins, les chercheurs ne sont pas encore en mesure de déterminer si ce déséquilibre est une cause ou un effet de la pathologie. Une récente hypothèse est qu’un déséquilibre bactérien apparaît sous l’influence de facteurs génétiques ou environnementaux, tout en ayant un impact direct sur la pathologie. Cela fait comme un effet ping-pong. Les chercheurs ont en outre identifié des gènes de prédisposition aux MICI qui ont un rôle déterminant. Parmi ces gènes, une mutation sur le gène NOD2. C'est ce gène code pour un récepteur du système immunitaire intestinal qui doit détecter des composants de la paroi bactérienne.Les recherches actuelles ont testé l’utilisation de prébiotiques ou de probiotiques pour guérir de ces pathologies. Mais ces tests ne sont à l’heure actuelle pas concluants. D’autres approches microbiologiques restent encore à étudier, comme le choix d’inoculation d’espèce bactérienne ciblée ou bien de souche génétiquement modifiée pouvant avoir un effet sur le système immunitaire.
2 - Microbiote intestinal et syndrome de l'intestin irritable (SII)
Le syndrome de l'intestin irritable, vous connaissez : douleurs abdominales, diarrhées chroniques et/ou constipation. Environ 10 % de la population française souffrirait de cette pathologie, sans qu'il n'existe de traitements pour la guérir. Une pathologie dont l'origine est encore inconnue, mais pour laquelle de plus en plus de scientifiques s'accordent à dire qu'il existe un lien avec le microbiote intestinal. Les patients atteints de SII, ou colopathie fonctionnelle, auraient un microbiote moins diversifié que des personnes saines.https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/maladies-chroniques/2018/02/20/le-sii-est-une-maladie-chronique-et-taboue-qui-empoisonne-la-vie-de-tous-ceux-qui-en-sont-atteints-parlons-en/
Et ce déséquilibre pourrait jouer un rôle important dans le développement de la maladie. 3 arguments viennent en faveur de l'idée de cette implication du microbiote : - une activité métabolique anormale du microbiote chez les personnes malades, - certains SII suivent un épisode infectieux, - des médicaments ou principes actifs agissant sur la flore permettent une amélioration des symptômes.
Des analyses du microbiome intestinal soulignent que non seulement le microbiote chez la personne malade diffère de celui du sujet sain, mais qu'en plus ce microbiote varie selon les symptômes du colopathe (prédominance de diarrhée, prédominance de la constipation ou alternance des deux).
Une altération des bactéries du microbiome chez les personnes souffrant de SII
Par exemple, lorsque la diarrhée prédomine, le nombre de bactéries productrices de butyrate et méthane diminue. En d'autres termes, la dysbiose chez les colopathes fonctionnels induirait des altérations du métabolisme bactérien. Il a été ainsi montré que les bactéries prédominantes sont des lactobacilles, des bactéroïdes et bifidobactéries chez les personnes atteintes de SII dans les groupes diarrhées ou groupe alternant diarrhée et constipation comparé aux sujets sains. Néanmoins la difficulté réside dans la reproductibilité des études, où les résultats sur l'identification des souches bactériennes n'est pas toujours reproductible d'une étude à l'autre. Par ailleurs, des rats axéniques inoculés avec le microbiote fécal de patients atteints de SII, ont à leur tour développé une hypersensibilité intestinale. Le microbiote pourrait donc avoir un rôle majeur dans la genèse et/ou le maintien de l'hypersensibilité viscérale. Ceci ouvre de nombreuses perspectives de guérison via le microbiote intestinal à travers des antibiotiques, des probiotiques ou prébiotiques.VI - Microbiote intestinal et autres pathologies
1 - Microbiote intestinal et maladies chroniques
On sait que les maladies chroniques, comme le surpoids, l’obésité ou le diabète, sont des pathologies dont les causes sont multifactorielles. La génétique, l’alimentation, la sédentarité sont les principales causes incriminées dans ces maladies. Mais on relève chez les patients une inflammation intestinale, et le microbiote semble impliqué. Des études montrent qu’une surconsommation de graisses alimentaires augmente la concentration de bactéries Gram négative (test de coloration de la paroi, voir supra). Ces bactéries augmentent à leur tour leur sécrétion de lipoprotéines solubles et pro-inflammatoires. Une inflammation locale et intestinale a donc lieu. Mais ces lipoprotéines solubles traversent également la paroi intestinale, provoquant une inflammation dans la circulation sanguine, le foie… Cette inflammation dispersée favorise l’insulino-résistance. La recherche s’efforce de comprendre ces mécanismes, et l’intérêt de l’utilisation de bactéries probiotiques pour ralentir la progression de ces maladies. A long terme, des stratégies préventives pourront également être testées.2 - Microbiote intestinal et cancérogenèse
Le microbiote intervient à plusieurs niveaux dans le lien entre microbiote et cancer : Certaines bactéries ou même une dysbiose intestinale favorisent le développement de tumeurs. Une dysbiose en faveur de fusobacterium par exemple est associée à un risque du cancer colorectal. La présence d’helicobacter pylori dans l’estomac est quant à elle associée au développement du cancer de l’estomac. Enfin, des études montrent que les femmes ayant eu plusieurs traitements d’antibiothérapies sont plus exposées au risque de cancer du sein.Le microbiote jouerait également un rôle de prévention dans la cancérogenèse, avec un effet synergique entre microbiote et traitement anti-cancer. Le microbiote influence l’efficacité de médicaments utilisés en oncologie : celui-ci favorise la perméabilité intestinale, et la migration de bactéries qui induisent une réponse immunitaire. Il y aurait donc là un réel effet synergique, avec une augmentation de la réponse immunitaire. De fait, l’immunothérapie, de plus en plus utilisée en oncologie, s’appuie sur le microbiote car celui-ci stimule la réponse immunitaire en cas de traitement.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/2018/02/01/le-microbiote-influencerait-il-limmunotherapie/
Ainsi, l’utilisation du microbiote pour le traitement contre le cancer ouvre des perspectives intéressantes. Connaître le microbiote du patient pourrait orienter sur le choix du traitement afin d’optimiser la guérison.
3 - Microbiote intestinal et neuropsychiatrie
L’intestin, c’est 200 millions de neurones ! Outre leur rôle dans la motricité intestinale pour en assurer le péristaltisme et une meilleure absorption des nutriments, les neurones présents dans les intestins transmettent des informations vers le cerveau. Et là encore, le microbiote serait lié à des pathologies neurologiques ou psychiatriques. Par exemple, de récentes études ont montré que l’utilisation d’antibiotiques améliore le comportement chez l’autiste. Et le microbiote jouerait un rôle dans bien d’autres pathologies : schizophrénie, troubles bipolaires, Parkinson ou maladie d’Alzheimer pourraient également avoir un lien avec le microbiote intestinal. L’utilisation d’antibiotiques ou de probiotiques est un axe de recherche actuel pour freiner les symptômes liés à ces pathologies. Même si à l’heure actuelle, les résultats sont encore précoces, ils offrent de belles perspectives de soins, jamais étudiées.VII - Les thérapies pour soigner les pathologies en influençant le microbiote intestinal
Depuis quelques années, les recherches expérimentales ont permis une meilleure connaissance du microbiote intestinal. L’identification et le rôle des souches de bactéries présentes a permis de mieux appréhender le rôle de ce microbiote intestinal. Plusieurs thérapies pourraient être envisagées pour soigner des pathologies :1 - L’alimentation
Ce que nous mangeons influence directement notre microbiote, et nous pourrions augmenter la consommation d’aliments favorisant le développement de bactéries bénéfiques pour l’organisme.2 - L’utilisation de probiotiques
Un apport oral de souches bactériennes bénéfiques pour l’organisme permettrait de lutter contre l’apparition de pathologies.3 - La consommation de prébiotiques
Ces aliments non digestibles qui favorisent certaines souches de bactéries pourraient être intéressants pour l’organisme4 -L’utilisation d’antibiotiques
Un traitement spécifique sur certains types de bactéries pourrait « nettoyer » nos intestins. Restera encore à vérifier les effets secondaires liés à une consommation de ces médicaments !5 - La transplantation fécale
Depuis peu, la transplantation fécale ouvre un nouveau type de thérapie : cette technique consiste en l’administration de souches bactériennes de selles d’un individu sain et de l’implanter vers un individu malade.En savoir plus :
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/maladies-chroniques/2018/01/12/le-microbiote-fecal-illustre/
Le lien du microbiote avec de nombreuses pathologies reste encore à éclaircir, mais cela offre des perspectives de thérapies, encore inimaginables il y a quelques années ! Il y a fort à parier que le microbiote intestinal nous réserve nombre de surprises.
Sources
- Inserm, - C. Landman et al., « Le microbiote intestinal : description, rôle et implication physiopathologique », La Revue de Médecine Interne, Vol. 37, Issue 6, Juin 2016, p. 418-423, - Fondation pour la Recherche Médicale, - C. Cherbuy et al., « Le microbiote intestinal: une composante santé qui évolue avec l'âge », Innovations Agronomiques, 2013, 33, p. 37-46, - Doré J, Corthier G., « The human intestinal humain » Gastroenterol Clin Biol, 2010, 34 : S7–S15.Page 107 sur 214