
Vous avez beau surveiller continuellement ce qui se trouve dans votre assiette, ne jamais faire d'écart, et pourtant vous ne parvenez pas à perdre du poids ? Votre flore intestinale est peut-être en cause ! LQDP a mené l'enquête. Microbiote intestinal et surpoids : Décryptage.
Le microbiote intestinal : un rôle clé dans la prise de poids
Plusieurs études corroborent le fait que le microbiote intestinal a un impact sur la prise de poids. Il y a quelques années, l'équipe de Jeffrey Gordon soulignait déjà l'effet du microbiote sur la prise de poids chez la souris. Pour ce faire, l'équipe de recherche a comparé des souris conventionnelles et axéniques (sans microbiote). Résultat : les souris conventionnelles consommaient d'une part moins d'aliments et étaient davantage capable de digérer les fibres alimentaires et d'en extraire de l'énergie que les souris axéniques.Pour bien comprendre :
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/2018/07/13/microbiote-intestinal/
L'étonnante composition du microbiote intestinal
Et ce n'est pas tout. La composition du microbiote intestinal diffère fortement chez les sujets en surpoids. Un autre travail de recherche souligne d'ailleurs que le ratio Firmicutes / Bactéroïdetes chez des souris obèses est de 100/1, au lieu de 10/1 chez des souris non obèses. La preuve d'un microbiote différent. Et lorsque l'on compare la composition du microbiote chez l'Homme, le résultat est sensiblement identique. En effet, chez les personnes obèses, les firmicutes dominent très largement. Ces dernières ont notamment une meilleure capacité à digérer les glucides complexes. Elles extraient donc davantage de calories des aliments, entraînant de fait une augmentation de la masse graisseuse.Mais l'équipe de Jeffrey Gordon a également étudié des patients obèses soumis une année durant à un régime pauvre en graisses ou en sucres. Les pertes de poids étaient respectivement de 20% et 10% selon les régimes. Mais surtout, le rapport Firmicutes / Bactéroïdetes évolue : de 95/5, le ratio est passé, après un an de régime, à 70/30. Une composition du microbiote intestinal donc très proche des personnes dites minces.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/maladies-chroniques/2018/08/09/bilophila-wadsworthia-bacterie-diabete-obesite/
Un seul régime pour plusieurs réactions
Une équipe de chercheurs de l'Imperial College de Londres et de l'Inserm ont réalisé une expérience pour le moins étonnante sur des souris génétiquement modifiées. En amont, les chercheurs ont prélevé les composés produits par les bactéries intestinales des différents rongeurs. Puis, tous ont suivi un régime riche en matières grasses. Un constat sans appel : certaines souris prenaient beaucoup plus de poids que d'autres. De plus, quelques souris devenaient moins tolérantes au glucose, principal signal d'alerte du diabète. Et c'est le le triméthylamine-N-oxyde (TMAO) qui permettait de prédire la tolérance ou non au glucose.Après les souris, place à l'Homme. Une étude est en cours sur près de 2 000 personnes afin de vérifier ces résultats. Et de confirmer les liens entre le microbiote et la réponse à l'alimentation.
Bonne nouvelle :
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/recherche/etudes-et-experimentations/2018/07/19/bienfaits-sport-sur-microbiote-intestinal/
Vers des régimes alimentaires personnalisés ?
Les chercheurs font preuve d'optimisme. Ils pensent qu'à terme des profils pourront être définis grâce à des échantillons urinaires et sanguins afin de déterminer le régime alimentaire optimal à chacun. Et Dominique Gauguier de l'Inserm conclut : « Ces résultats ouvrent des perspectives extrêmement prometteuses sur la conception de régimes alimentaires personnalisés et sur l’exploitation de nos bactéries intestinales pour favoriser une meilleure santé ».Sources
- Inserm, « Les bactéries intestinales : signal d’alerte face à une alimentation déséquilibrée », - Institut Danone, « Microbiote intestinal et obésité », - Eckburg PB et al., « Diversity of the human intestinal microbial flora. », Science, 2005, 308, p. 1635-8. - Gordon J. et al., « The gut microbiota as an environmental factor that regulates fat storage. », Proc Natl Acad Sci U S A, novembre 2004, 101(44), p. 15718-23.On ne va pas se mentir : dès que les beaux jours reviennent, on rêve toutes et tous d'un bon barbecue ! Si la cuisson au barbecue n'est pas mauvaise pour la santé, son utilisation nécessite de respecter certaines règles. Alors, cancérigène la cuisson au barbecue ?
Cuisson au barbecue : attention à l'installation
Toute matière marquée par les flammes est potentiellement cancérigène. En cause : les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et les acides aminés hétérocycliques (HCA), deux molécules qui se forment à très haute température, notamment à la suite du contact direct des aliments avec les flammes. Il convient donc d’être prudent : leur ingestion et leur inhalation sont à éviter au maximum.
Afin d'éviter la formation de ces composés chimiques cancérigènes, l'Anses recommande de ne pas dépasser les 220°C lors de la cuisson (les flammes atteignant les 500°C). Les aliments doivent donc être placés sur une grille située à au moins dix centimètres au-dessus des braises.
Favorisez la cuisson verticale
Privilégiez un modèle de barbecue à cuisson verticale, idéal pour prévenir les risques. Préférez le charbon de bois épuré – plus 85 % de carbone – au charbon ordinaire. Attendez l'extinction des allume-feu avant de placer votre viande sur le grill et n'en utilisez jamais pour raviver le feu pendant la cuisson. Enfin, nettoyez bien la grille après chaque utilisation afin d'éliminer les résidus de combustion, très nocifs puisque que ce sont des concentrés d'hydrocarbure.
Diversifiez votre alimentation
Les substances toxiques se formant au contact des flammes, évitez au maximum la chute de graisse provenant de la viande sur les braises. Privilégiez les viandes maigres et les poissons. Ou dégraissez la viande avant la cuisson. Dans tous les cas, ne mangez pas les parties noircies.
Un sujet épineux :https://le-quotidien-du-patient.fr/article/a-table/bien-manger/aliments/2017/12/15/doit-on-continuer-a-manger-de-la-viande/
Comme la diversité est le maître mot en matière d'alimentation, nous vous recommandons d'accompagner vos viandes et vos poissons de légumes tels que poivrons, tomates, champignons, aubergines ou courgettes. Mais sans trop les faire cuire ! La très haute chaleur diminue leurs qualités nutritionnelles dont les vitamines et les minéraux.
Contenu relu et validé par une diététicienne WeCook.Très récemment, Pierre Menès a témoigné de sa maladie du foie, appelée NASH (non alcoholic steatohepatitis ou en français stéatose hépatique non alcoolique). Une greffe l'a sauvé de cette pathologie, qu'on appelle la "maladie du soda". Mais bien avant d’envisager une greffe, des modifications de l'alimentation peuvent être particulièrement utiles.
La stéatose hépatique : le mal du siècle
Pierre Ménès illustre ce qui tend à devenir le mal du siècle. La stéatose hépatique se caractérise par une accumulation de graisses dans les cellules du foie (hépatocyte). Ces graisses sont en général des triglycérides, une forme des lipides. Si les cellules sont lésées et inflammées, on parle alors de stéato-hépatique. Cette pathologie est liée à une mauvaise alimentation. Trop de graisses, un peu d’alcool, des produits ultra-transformés, des produits sucrés… Elle peut facilement évoluer en cirrhose. A l’examen clinique, le foie apparaît plus gros et la palpation du ventre peut être douloureuse.La maladie du « foie gras »
Cette maladie du « foie gras » est liée à l’obésité, et est associée à un risque d’apparition au syndrôme métabolique et au diabète. Il a été montré qu’environ 6 millions de personnes aux Etats-Unis ont montré une progression vers une NASH et que 600 000 souffrent d’une cirrhose liée à une NASH. En Europe, la NASH touche environ 20 à 30% de la population générale. Ces chiffres sont très inquiétants, d’autant plus que les enfants de moins de 10 ans sont de plus en plus touchés par cette pathologie.Les traitements de la stéatose hépatique
La NASH, si elle n’est pas trop avancée, se traite principalement par une modification hygiéno-diététique. De même, la NASH induit en général des effets secondaires et provoque parfois du diabète ou de l’hypertension. Dans ce cas, des traitements médicamenteux pourront servir pour traiter ces pathologies associées à la NASH. Pour les modifications des habitudes alimentaires, voici ce qui peut être proposé :1 - Limiter les apports caloriques
La NASH concerne généralement les personnes en surpoids ou obèses. Il est primordial de retrouver son poids de forme. Favorisez les apports en protéines, féculents (type légumes secs/céréales complètes) ainsi que les légumes. Limitez les desserts sucrés, les plats gras...2 - Favoriser les aliments à indice glycémique bas
On limite ainsi les aliments à saveur sucrée (bonbon, confiture, aliments raffinés et transformés), et on favorise les aliments riches en fibres tels que les aliments complets, les légumes ou les légumes secs.Pour en savoir plus :
https://le-quotidien-du-patient.fr/type-fiche/2017/12/11/tout-savoir-sur-lindice-glycemique-en-7-points/
3 - Éviter les aliments gras
Limiter les aliments riches en acides gras saturés. Viande grasse, charcuterie, beurre, crème fraîche notamment. Et limiter les aliments riches en acides gras trans : les graisses trans sont obtenues à partir de l’hydrogénation des huiles végétales. Ils contribuent à augmenter les LDL-cholestérol. Ce type d’acide gras se retrouvent principalement dans les produits ultra-transformés (lisez les étiquettes, les acides gras trans apparaissent sous le nom de « huiles hydrogénées », ou « huiles partiellement hydrogénées » entre autres).4 - Favoriser les aliments riches en oméga 3
Huile de colza, huile de noix ou bien noix, poissons gras par exemple seront à ré-introduire dans votre alimentation.En savoir plus sur les oméga 3 :
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/2018/06/15/omega-3-omega-6-vrai-ou-faux/
5 - Éliminer l’alcool
Pour éviter de surcharger le travail de détoxification du foie, éliminez l’alcool de votre alimentation.Ce régime alimentaire permettra de limiter le risque d’apparition du diabète, de limiter le risque cardiovasculaire en favorisant la consommation de bons lipides ainsi que d’épargner un trop gros travail du foie. L’un des objectifs est également de perdre du poids. Une perte de poids de 5 à 10 % du poids de la personne permettrait de faire régresser la NASH ! Et enfin bouger ! Quelque soit l’intensité, bouger diminue la graisse dans le foie. Des examens et des suivis sont nécessaires à 6 mois. Ensuite, des tests hématologiques auront lieu tous les 6 mois et des consultations avec un hépatologue seront indispensables. En cas d’échec du suivi cité précédemment, une chirurgie bariatrique sera nécessaire pour limiter le degré d’avancement de la NASH.
https://le-quotidien-du-patient.fr/special/2018/07/27/steatose-hepatique-et-microbiote-intestinal/
Sources
- Le Quotidien du Médecin, - Le Figaro Santé, - Fréquence Médicale, - World Gastroenterology Organisation Global Guidelines.La vieillesse est un processus normal dans notre évolution. Nos cellules vieillissent et notre microbiote aussi, laissant ainsi s’installer des bactéries qui évoluent en maladie chronique voire en cancer. Mais quels liens existe-t-il entre microbiote intestinal et cancer ?
Influence du microbiote sur le vieillissement et inversement
Selon un rapport de la Ligue contre le cancer, « compte tenu des évolutions démographiques, et notamment du vieillissement de la population : on estime qu’en 2050, 1 cancer sur 2 surviendra chez des personnes âgées de 75 ans et + (contre 1cancer sur 3 en 2015)».Ces chiffres montrent bien que vieillir signifie pour beaucoup être malade. Depuis quelques années des études ont montré une corrélation entre le processus de vieillissement et l’état de notre microbiote. Ainsi des chercheurs de la Western University et du Lawson Research Institute à London au Canada ainsi que du Tianyi Health Science Institute à Zhenjiang en Chine ont étudié les bactéries intestinales provenant d’une cohorte de plus de 1000 Chinois âgés de 3 à 100 ans, en bonne santé. Les résultats de l’étude ont montré une corrélation directe entre la santé des participants et le microbiote intestinal. Dans un communiqué de presse, le Pr Gregor Reid de la Western University de l’étude, posait tout à fait logiquement la question : « est-ce le fait de bien vieillir qui est influencé par vos bactéries intestinales ? ». D’autres études pourraient peut-être répondre à cette question.
Pour aller plus loin :
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/2018/07/13/microbiote-intestinal/
Acides gras et longévité
On sait que le microbiote agit sur les fonctions digestives. Mais qu'il régule aussi l’équilibre entre bactéries commensales (participant activement au maintien de la santé), et pathogènes. Le microbiote contribue en outre au maintien de l’intégrité de la barrière intestinale en stimulant la production de mucus, en produisant des acides gras à chaîne courte (AGCC). Ce sont ces acides gras qui contribueraient à la longévité du sujet. Les études montrent que les sujets âgés fragiles ont moins de bactéries productrices d’AGCC. Ce qui entraîne une moindre protection de l’intégrité de la muqueuse intestinale. Et favorise une plus grande perméabilité du tractus digestif aux substances bactériennes pro-inflammatoires et tumorigènes chez les sujets âgés ou obèses. En bref, moins vous avez d’AGCC plus vous avez de risques de développer un cancer, a contrario plus vous en avez plus vous avez de chances d’être centenaire !L’inflammaging
Avec l’âge, les cellules commensales auraient tendance à diminuer. Mais on remarque également que l’inflammation chronique de bas grade ou inflammaging, perturbe le système immunitaire favorisant ainsi la prolifération des cellules cancéreuses. Mais ce n’est pas tout ! La paroi intestinale joue également un rôle important. En effet, cette paroi est constituée de bactéries mais elle est protégée par des lymphocytes T qui assurent l’immunité d’une personne.La dysbiose intestinale
Lorsque ces lymphocytes n’agissent plus, le mucus de la paroi est détruit favorisant ainsi l’introduction et l’expansion des virus dans l’organisme, c’est ce qu’on appelle la dysbiose intestinale. « Le virus prépare le terrain, la bactérie profite des dégâts. Elle consomme les sucres laissés disponibles par la malabsorption, produit des graisses et encombre le foie, baisse l’immunité en générant une inflammation chronique, signal d’alerte de l’organisme qui tente de se défendre, et… favorise la réinfestation virale et la fragilité immunitaire ». En attaquant les lymphocytes, mais aussi des cellules qui participent à la protection du sujet contre les cellules cancéreuses (macrophages, par exemple), l’inflammaging participe à un processus de réduction de la vigilance du système immunitaire vis-à-vis des cellules cancéreuses.Cure de jouvence au microbiote ?
Des interventions sur le microbiote intestinal pourraient réduire l’inflammation. Et aussi ramener les fonctions immunitaires vers un profil plus proche de personnes plus jeunes. De façon à limiter le risque de cancer chez les sujets âgés fragiles.Certaines recherches vont dans ce sens. Elles souhaitent offrir une cure de jouvence aux malades âgés. Des chercheurs ont montré qu’en mêlant la circulation sanguine de deux souris, une vieille et une jeune, la vieille « rajeunissait », autrement dit perdait les dégradations dues à l’âge. Seul problème : la jeune vieillit.
Sources
- La Ligue contre le Cancer, « Observatoire sociétal des cancers », - Creapharma, - Biragyn A and Ferrucci L., « Gut dysbiosis: a potential link between increased cancer risk in ageing and inflammaging. », The Lancet Oncology, 2018, 19(6), e295–e304. - Passeport Santé, - Le Monde.Une étude récente démontre le lien entre le microbiote intestinal et le développement de la stéatose hépatique, aussi appelée NASH. Une piste pour un diagnostic plus précoce. Explications.
Stéatose hépatique et microbiote intestinal
Des équipes françaises et étrangères ont montré que des signatures moléculaires ainsi qu’un biomarqueur précoce étaient modulés et associés à l’apparition de la NASH. Dans cette étude menée auprès de 105 femmes obèses, les chercheurs ont prélevé des échantillons d’urine et de plasma. De même, de réguliers bilans sanguins ont eu lieu pour analyser des données spécifiques liées au foie, au métabolisme. Enfin, les chercheurs ont prélevé des selles pour déterminer la composition du microbiote intestinal.Pour tout savoir sur la stéatose hépatique :
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/2018/07/27/steatose-hepatique-nash/
Un microbiote moins diversifié en cas de stéatose hépatique
L’analyse du microbiote (appelé « microbiome ») a permis d’identifier plus de 10 millions de gènes microbiens. Les chercheurs ont pu catégoriser des degrés de la NASH en fonction de ce microbiome. Ils ont ainsi observé que chez les femmes présentant une stéatose hépatique avancée, les signatures microbiennes étaient moindres, et la diversité du microbiote diminuée. Aussi, une augmentation des signes pro-inflammatoires au niveau du foie apparaissait.https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/2018/07/13/microbiote-intestinal/
Des biomarqueurs précoces modulés par la stéatose hépatique
Des études in vitro montrent qu’un des composés microbiens, l'acide phénylacétique, favorise l’accumulation des triglycérides dans le foie. Ce composé pourrait être un biomarqueur intéressant pour identifier de façon précoce l’état du foie du patient et son degré d’avancement dans la NASH. Les travaux montrent également qu’un transfert de microbiote fécal de patients humains présentant une stéatose hépatique vers des souris augmente le taux de triglycérides dans le foie de ces souris.Et aussi :
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/maladies-chroniques/2018/01/12/le-microbiote-fecal-illustre/
C’est comme si le microbiote portait le phénotype de cette pathologie et qu’il pouvait le transmettre à d’autres individus. Ces travaux sont porteurs d’espoir pour les patients atteints de la NASH : l’utilisation de microbiote de sujets sains pourrait être utile pour réguler le degré d’avancement de la NASH chez les personnes atteintes de cette pathologie.
Sources
- Le Quotidien du Médecin, - Le Figaro Santé, - Fréquence Médicale, - World Gastroenterology Organisation Global Guidelines.Page 104 sur 214