
Novembre, mois sans tabac. Pour arrêter de fumer, vous passez à la cigarette électronique. Mais la vapeur vous fait tousser. Pourquoi ? Combien de temps est-ce que ça va durer ? Et que faire pour arrêter de tousser ?
Une réaction normale
Vous n’êtes pas tout seul ! Presque tous les vapoteurs toussent dans les premiers jours de leur passage à la cigarette électronique. Pour autant, c’est désagréable, parfois inquiétant.La raison la plus courante : votre corps se manifeste. Une toux grasse vous apprend que vos poumons sont en train de se débarrasser des goudrons accumulés au long de vos années de tabagisme. Si vous aviez arrêté sans la cigarette électronique, vous auriez toussé de la même façon.
Le tabagisme a également causé des micro-lésions dans votre gorge et sur vos muqueuses. Ces lésions réagissent au passage de la vapeur et de la nicotine.
Combien de temps ça dure ? Une à deux semaines, le temps que les lésions se réparent. Vos poumons mettront plus de temps à se nettoyer, mais vous n’aurez plus de toux à répétition.
Que faire ? Surtout, ne pas reprendre de cigarettes classiques, qui entretiendraient les lésions. Tenez bon pendant 15 jours. Vous pouvez baisser la puissance de votre batterie si elle est réglable. Et essayer un liquide plus riche en glycérine végétale (« VG », sur l’étiquette). Tous les détails plus bas dans l’article.
https://le-quotidien-du-patient.fr/special/2017/11/01/5-verites-qui-derangent-sur-la-e-cigarette/
Un nouveau geste
La toux peut aussi venir de nos habitudes de fumeur. On tire sur le vaporisateur personnel comme sur une cigarette de tabac. Une grosse bouffée bien forte. Ça, ça fait tousser.Pour « bien vapoter », il est nécessaire d’adopter un nouveau geste. C’est la même différence qu’entre boire de l’eau fraîche à grandes goulées et boire doucement un liquide chaud. Aspirez doucement, lentement, longuement. C’est un coup à prendre.
Combien de temps ça prend ? Quelques semaines peut-être, pour trouver le bon geste.
Que faire ? Pensez à votre aspiration quand vous vapotez. Tenez le vaporisateur à la verticale, et non horizontalement comme une cigarette classique. Imaginez que vous buvez chaud.
Un matériel adapté
Vous avez besoin d’un matériel pour vapoteur débutant. Pour parler le langage des vapoteurs : un atomiseur « serré », avec très peu d’ « airflow ». Concrètement, votre matériel doit délivrer un volume de vapeur modeste, sans quoi vous allez tout bonnement suffoquer.Votre atomiseur doit aussi accepter des résistances hautes : autour de 1 Ohm, voire davantage. En-dessous ? Vapeur trop chaude, trop gros volume de vapeur.
Vous devriez pouvoir régler la puissance de votre batterie, à l’aide de petits boutons « plus » et « moins ». Rien ne sert d’envoyer la patate. Baissez à 15 watts et constatez la différence.
Enfin, on oublie trop souvent l’importance de l’embout. Vous savez, ce tout petit cylindre que vous mettez dans votre bouche. Souvent, il est en métal. L’auteur de ces lignes a plus d’une fois fait cesser la toux de vapoteurs comme par magie, simplement en remplaçant cet embout (le « drip tip », comme on dit) par un autre en téflon ou en delrin. Le téflon fait baisser la température de la vapeur et parfois, c’est suffisant pour qu’elle cesse de vous irriter.
Combien de temps ça prend ? Le temps de trouver une très bonne boutique de cigarettes électroniques, qui n’essaie pas de vous vendre du matériel pour vapoteurs confirmés.
Que faire ? Aller sur internet. Nous vous donnons à la fin de cet article quelques liens de bon conseil.
Du bon usage de la nicotine
Pour réussir votre sevrage tabagique, vous avez besoin d’un liquide fortement dosé en nicotine. Un taux de nicotine trop bas, c’est l’assurance de se retrouver en manque. Mais si votre matériel est trop puissant (Cf. ci-dessus), la nicotine va vous faire tousser.Que faire ? Ne baissez pas votre taux de nicotine ! Voyez le paragraphe précédent : baissez la puissance de la batterie, fermez les trous d’ « airflow » si votre atomiseur en comporte, changez d’embout. Et consultez un professionnel en boutique : il est probable que votre atomiseur soit trop « ouvert », pas assez « serré », autrement dit, qu’il laisse passer trop d’air et vous délivre trop de vapeur.
Un liquide qui vous convienne
Parfois, la toux sèche persiste au-delà des premières semaines malgré un matériel adapté. Il faut alors se préoccuper de la composition de votre liquide.Le propylène glycol, ou « PG », est l’un des deux composants majeurs du e-liquide. Il produit une vapeur sèche. C’est pourquoi on le mélange souvent avec la glycérine végétale, véritable chamallow liquide. Pour la plupart des vapoteurs, opter pour un liquide plus faiblement dosé en « PG » suffira à faire disparaître l’irritation. La composition est clairement indiquée sur toutes les étiquettes.
Que faire ? D’abord, achetez des liquides de bonne qualité. Oubliez ceux des bureaux de tabac. Et ceux made in USA, in Philippines, Malaisie etc. C’est important : le propylène glycol de « qualité pharmaceutique » est moins irritant que ses voisins. Il suffit parfois d’une bonne marque pour changer la donne.
Ensuite, essayez un liquide dosé à 50 % de « PG ».
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/tous-pour-un/2018/11/06/sevrage-tabagique-cigarette-electronique/
Intolérance
Mais dans quelques cas exceptionnels, le problème est plus grave. De rares vapoteurs font en effet une réaction au propylène glycol. Le « PG » provoque alors, entre autres symptômes d’irritation, une inflammation des bronches.Et là, opter pour un liquide à 100 % de glycérine végétale ne suffit pas. Car les arômes qui donnent le goût à votre liquide sont eux aussi dilués dans du propylène glycol. Si vous êtes intolérant au PG, vous serez intolérant aux arômes.
Comment le savoir ? Procurez-vous un flacon de e-liquide au « propylène végétal », appelé aussi « végétol ». Choisissez-le sans arômes. Si vous ne toussez pas en vapotant ce flacon (après avoir nettoyé votre atomiseur et changé la résistance), il est possible que vous soyez intolérant au PG. Seul un pneumologue pourra poser un diagnostic définitif.
Demandez conseil ! Il n’y a pas de questions bêtes. Plus vous en saurez sur la cigarette électronique, plus facile sera votre sevrage. Consultez en particulier :
https://www.facebook.com/groups/vapeinfoservice/ Le groupe d’entraide spécialisé dans les questions que se posent les nouveaux vapoteurs. Sérieux, fiable.
https://www.ecigarette-public.com/f76-premiers-pas Un forum de vapoteurs.
L’axe intestin-cerveau permettrait à l’intestin de communiquer avec le cerveau... et inversement. Cet aspect bi-directionnel restait à prouver ! Une équipe de recherche britanique avance des pistes sérieuses et prometteuses. Explications.
L’axe cerveau-intestin bi-directionnel
Effectivement, une équipe de chercheurs britanniques a mis en évidence, dans une étude parue en 2018, la relation bi-directionnelle cerveau et intestin.En clair, l'axe bi-directionnel permet au cerveau d'influer sur les activités motrices, sensitives et sécrétoires du tube digestif et à l'intestin d'exercer une action sur les fonctions cérébrales.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/maladies-chroniques/2018/07/20/microbiote-intestinal-depression/
Une preuve ? Certains patients ayant une maladie inflammatoire chronique des intestins (MICI) pourraient développer une anxiété plus active. Et inversement, des sujets présentant des antécédents de comorbidité psychique peuvent réactiver une MICI en rémission ou asymptomatique.
Méthodologie
L'étude a été basée sur 405 adultes diagnostiqués maladie de Crohn ou rectocolite hémorragique. L’activité des MICI était déterminée et les données portant sur l’anxiété et la dépression collectées par une échelle d’évaluation (HADS) à l’inclusion et après un suivi de 2 ans (ou plus).
Un espoir pour les patients atteints de MICI et de SII ?
Sans hésiter, la réponse est oui !
En effet, on sait que l’origine des MICI est une réponse immunitaire inadaptée. Or, celle-ci pourrait également jouer un rôle dans le développement de troubles de l’humeur. De fait, actuellement, chez la souris présentant une inflammation intestinale chronique modérée, l'administration de probiotiques peut normaliser les pathologies psychiatriques. Ainsi, dès que la mise en évidence d'une relation cerveau-intestin bi-directionnelle sera prouvée, le patient pourra se voir proposer une approche thérapeutique plus globale.
Enfin, un grand espoir également pour les maladies neurodégénératives, telle Parkinson ou neuropsychiatriques, comme l'autisme, la dépression ou encore la schizophrénie. Elle pourraient être diagnostiquée beaucoup plus tôt.
Sources
L'étude Bi-directionality of Brain-Gut Interactions in Patients With Inflammatory Bowel Disease. L'axe cerveau-intestin serait bi-directionnel Le microbiote, allié de notre cerveau
Exhausteur de goûts, nitrates, E152, E950, colorants, mono-et diglycérides d'acides gras, lecithines, E1451, E 472b, dioxyde de silicium, acide sorbique, E417, sucralose, jaune de quinoléine… Bienvenue dans le monde obscur des additifs alimentaires !
Les additifs alimentaires, qu’est-ce que c’est ?
D’après la réglementation européenne, les additifs alimentaires sont des substances ajoutées volontairement dans les produits alimentaires dans un but technologique tel que colorer les aliments, conférer une texture particulière, améliorer la conservation, ... En-dehors de cela, ils n’ont pas d’intérêt nutritionnel (ils ne sont pas ajoutés dans le but d’améliorer la qualité nutritionnelle du produit).Il existe 26 catégories d’additifs alimentaires, parmi lesquelles :
- Les édulcorants, qui servent à donner une saveur sucrée ; - Les colorants, utilisés pour colorer un aliment ou renforcer une coloration déjà existante ; - Les conservateurs, qui aident à prolonger la durée de conservation des produits alimentaires par exemple en limitant le développement de micro-organismes ; - Les antioxydants, qui empêchent l’altération due à l’oxygène de l’air ambiant et qui peut se traduire par le rancissement d’une matière grasse, le brunissement des fruits et légumes coupés, etc. ; - Les acidifiants, qui vont augmenter l’acidité ou la saveur acide d’un aliment ; - Les anti-agglomérants, utilisés pour limiter l’agglomération des particules et donc la formation de blocs ou de grumeaux ; - Les émulsifiants utilisés pour mélanger et maintenir stable un mélange de substances qui ne sont pas dispersibles l’une dans l’autre (par exemple l’huile et l’eau) ; - Les exhausteurs de goût, qui aident à renforcer le goût et/ou l’odeur d’un aliment ; - Les stabilisants, qui vont permettre de maintenir l’état physico-chimiques des produits alimentaires (par exemple, retarder la fonte des crèmes glacées, maintenir le moelleux des gâteaux, …).Pour aller plus loin :
https://le-quotidien-du-patient.fr/special/2018/10/10/edulcorants-et-microbiote-intestinal/
Comment reconnaître les additifs alimentaires ?
Les additifs ne sont pas des ingrédients en tant que tels mais ils doivent être mentionnés dans la liste des ingrédients présente sur l’emballage des produits alimentaires. Deux informations doivent être indiquées : - La catégorie à laquelle appartient l’additif (édulcorant, antioxydant, exhausteur de goût, …) - Le nom de l’additif ou son numéro E.Ce numéro E correspond à un code européen qui permet d’identifier les additifs alimentaires. Dans ce code, la lettre E est suivie de 3 à 4 chiffres compris entre 100 et 1521. Pour autant il n’existe pas 1420 additifs mais 334 autorisés en Europe.
Peut-on avoir confiance ?
Les additifs alimentaires ne peuvent être introduits dans les produits alimentaires que s’ils en ont reçu l’autorisation au niveau européen. Pour tout nouvel additif ou lorsque des données nouvelles sont disponibles, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) réalise une évaluation du composé et rédige un rapport avec ses conclusions. La Commission Européenne s’appuie ensuite sur ce rapport pour autoriser ou non l’utilisation du composé comme additif dans l’alimentation humaine. La décision de la Commission Européenne prend notamment en compte 3 éléments : 1 - le composé ne doit pas poser de problème de sécurité pour la santé du consommateur aux doses établies, sur la base des données scientifiques disponibles au moment de l’évaluation, 2 - l’effet technologique est démontré et ne peut être obtenu par un autre moyen, 3 - l’emploi du composé en tant qu’additif n’induit pas le consommateur en erreur.Lorsqu’un composé est autorisé comme additif alimentaire, son autorisation porte à la fois sur le composé en lui-même, les aliments dans lesquels il peut être incorporé, et la dose maximale à laquelle il peut être ajouté. On est ici dans le cadre d’une liste positive : seuls les additifs alimentaires présents sur la liste sont autorisés, les autres sont par défaut interdits.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/2018/04/04/une-pincee-dadditifs-dans-mon-assiette/
Prudence reste de mise
Ce système d’évaluation n’empêche pas les doutes émis sur la sécurité d’emploi des additifs. Les publications régulières de nouvelles données scientifiques viennent constamment remettre en question les connaissances existantes sur tel ou tel composé. Dans ce cas, l’additif X est-il sûr pour la santé ? Pourquoi l’additif Y est-il autorisé alors que des études le disent nocif ? Il faut alors garder en tête deux éléments : - La publication d’une étude scientifique démontrant tel ou tel effet d’un additif, ou plus largement d’un composé, sur la santé ne peut être suffisante à elle seule pour conclure sur la sécurité ou la nocivité dudit composé. L’évaluation de la sécurité ne peut se faire que sur l’ensemble des données disponibles, en confrontant les résultats et les conditions d’expérimentation. - La procédure d’évaluation et d’autorisation est un processus long, qui conduit généralement à un décalage entre les données scientifiques disponibles (plus avancées) et la décision réglementaire. Pour cette raison, des réévaluations régulières sont réalisées afin d’actualiser les conclusions, et si besoin la réglementation, en prenant en compte les dernières données disponibles.Pour permettre de se faire un avis sur le sujet, l’UFC Que Choisir a établi et mis en ligne une grille d’appréciation des additifs alimentaires sur la base des avis EFSA et des données scientifiques actuellement disponibles.
Dans la pratique, sachez que la présence d’additifs dans les produits alimentaires révèle généralement un haut niveau de transformation du produit. Et vous savez maintenant que les Aliments Ultra Transformés ne sont pas vos meilleurs amis…
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/a-table/bien-manger/aliments/2018/06/27/aliments-ultra-transformes-aut/
Sources :
- Economie.gouv.fr, « Colorants, édulcorants, conservateurs… : tout savoir sur les additifs alimentaires », - Règlement (CE) No 1333/2008 du Parlement Européen et du Conseil du 16 décembre 2008 sur les additifs alimentaires, - Règlement (UE) No 1169/2011 du Parlement Européen et du Conseil du 25 octobre 2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires - Anses, « Le point sur les additifs alimentaires ».Que contiennent les assiettes de nos enfants ? Si nous avons accès aux menus de nos chères têtes blondes, nous ignorons tout de la nature de ces produits. Où sont-ils préparés ? Comment sont-ils conditionnés ? Et que fait-on de la qualité nutritionnelle de l’assiette ? Sandra Franrenet a mené l’enquête dans Le livre noir des cantines scolaires et offre un décryptage magistral de leur fonctionnement.
D'abord, qui contrôle la cantine scolaire ?
L’époque où nos chères cantinières préparaient elles-mêmes le déjeuner des enfants est révolu. Si certaines collectivités se rebellent afin de reprendre en main la gestion de la restauration collective, elles sont en grande minorité. La majorité des cantines scolaires font aujourd’hui appel à une société de restauration collective (SRC). Gain de temps, gain d’argent espéré et risques sanitaires amoindris semblent convaincre les collectivités. Mais une fois le cahier des charges et le contrat signés, la SRC prend le contrôle de l’assiette au détriment de la qualité nutritionnelle du déjeuner des enfants. Rappelons que ces SRC sont des sociétés privées dont le dessein est la maximisation du profit pour assurer leur pérennité. Nul ne peut les blâmer, toute entreprise doit maximiser son profit pour assurer sa survie. Sauf qu’ici, c’est le déjeuner de nos enfants qui est en jeu. Et c'est là le problème.Quoi de bon au menu ?
En regardant succinctement le menu des plus petits, on se rassure. On y trouve des sources variées de protéines, nombre de fruits et de légumes, des produits laitiers. Sur le papier, tout semble réuni pour une alimentation équilibrée. Sur le papier seulement.Des aliments ultra transformés
Pour un gain de temps et d’argent optimal, quoi de mieux que les aliments ultra transformés (AUT) ? La réponse de Marie-Line Huc, diététicienne-nutritionniste conseil, est sans appel « ils reviennent moins cher que les plats maison réalisés avec des produits bruts ». De plus, les produits transformés permettent une meilleure gestion des quantités. L’auteur utilise l’exemple d’un bœuf bourguignon. Si la collectivité commande un bœuf bourguignon préparé et reconditionné, elle aura la possibilité de commander la juste quantité selon le nombre d’élèves. A contrario, si le cuisinier devait cuisiner (vous nous excuserez du pléonasme), la quantité et le mode de cuisson auraient un impact sur le rendement final. Une organisation plus complexe et du temps perdu donc. Et le temps, c’est de l’argent.Une stratégie gagnant-gagnant pour les SRC et les collectivités dont les dépenses diminuent considérablement. Mais cela empiète sur le contenu de l’assiette. Sandra Franrenet a mené l’enquête dans la cuisine centrale de son arrondissement de Paris où les allumettes fumées végétales bio surgelées, les portions de colin d’Alaska meunière et les cocktails de fruits au sirop sont au menu, accompagnés d’épaississants, de colorants et autres réjouissances. Les allumettes fumées végétales et le colin d’Alaska comprennent d’ailleurs plus de 15 ingrédients, dont certains ne sont guère rassurants. D’ailleurs, si vous trouvez sur des étiquettes des termes tels que « huiles hydrogénées », « maltodextrine », « sirop de glucose », « protéines hydrolysées », « isolats de protéines de soja », vous avez entre les mains un AUT.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/a-table/bien-manger/aliments/2018/06/27/aliments-ultra-transformes-aut/
Des protéines animales à toutes les sauces
Il y a quinze ans déjà, l’ONU et la FAO reconnaissaient dans leur rapport qu’ « une alimentation comportant davantage de denrées alimentaires raffinées, d’aliments d’origine animale et de graisses joue un rôle majeur dans l’épidémie actuelle d’obésité, de diabète et de maladies cardiovasculaires ». Or, à la cantine, les enfants mangent très largement de quoi favoriser ces pathologies. Peut-être avez-vous déjà remarqué que les plats sont très souvent accompagnés de sauces ?La liaison froide, lorsque la cantine réchauffe un plat déjà cuisiné, cuit puis refroidi, nécessite des plats en sauce afin qu’ils ne se dessèchent pas trop une fois réchauffés. Imaginez un steak cuit puis refroidi 2 jours avant l’arrivée à la cantine, qu’il faudrait ensuite de nouveau réchauffer avant de le servir aux enfants. Ce steak serait bien trop sec pour faire l’unanimité. Alors, en amont, des sauces sont ajoutées. La solution miracle pour éviter que les viandes ne se dessèchent ou pour camoufler la mauvaise qualité des aliments.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/a-table/bien-manger/aliments/2018/09/18/doit-on-continuer-a-manger-de-la-viande/
Salé-sucré
Les sauces sont élaborées à partir de... fonds de sauce. Mais, quel est le problème ? Quand on entend fonds de sauce en restauration collective, on est très loin des fonds de sauce de grand-mère qui mijotaient des heures durant, on se rapproche plutôt des fonds de sauce industriels. L’ingrédient principal ? Les sucres, des dérivés du sucre pour être exact. Ils sont multiples et répondent à plus d’une cinquantaine de noms. Sirop glucose-fructose, sirop de maïs, sucanat, nectar d’agave, amidon modifié, dextrine, maltodextrine et extrait de malt d’orge sont autant de noms des dérivés du sucre. Le sucre étant un merveilleux exhausteur de goût, force est de constater son intérêt dans les fonds de sauce. Ainsi, lorsque les enfants mangent une viande en sauce, le gras, le sel et le sucre sont tous trois réunis.Difficile de rester serein face au contenu de l'assiette des plus petits. Les AUT et les sucres n'étant que la partie immergée de l'iceberg, nous ne saurions que vous recommander la lecture du Livre noir des cantines scolaires. Car il est fondamental d'être informé avant d'envisager de bouleverser les assiettes. Et c'est clairement nécessaire.
Sandra Frangent, Le livre noir des cantines scolaires, Leduc.s Editions, septembre 2018, 18 €. Disponible sur le site de l'éditeur.
Qui ne s’est pas déjà désolé des repas de la cantine des plus jeunes ? Il faut le reconnaître : leur déjeuner ne fait vraiment pas envie. La loi Agriculture et Alimentation compte y remédier, avec un objectif de 50% de produits locaux dont une part conséquente de bio. Certaines collectivités ont un long chemin à parcourir… Du local, du sain et du bio à la cantine, mission impossible ?
Du local et du bio dans l’assiette : le défi de la restauration collective
La loi Agriculture et Alimentation, adoptée le 2 octobre 2018, est claire : d’ici 2022, 50 % des produits de la restauration collective devront être des « produits locaux ou sous signes d’origine et de qualité (dont les produits bio) ». Mais comment atteindre cet objectif quand rien n’a été mis en place jusqu’à présent ?Si méfiance est encore de mise à l’égard de la cantine scolaire, force est de constater sa légitimité. Les denrées arrivent directement en barquettes dans certaines cantines, sont issues de filières très longues et le nombre d’acteurs ou d’intermédiaires pour une seule denrée est bien supérieur au nombre d’élèves d’une classe. Ce dont nous sommes a priori certains : ces produits respectent les normes d’hygiène et ont été achetés d’après les règles du code des marchés publics. Néanmoins, qu’un produit ait parcouru la moitié du globe ou qu’il ait connu nombre de traitements phytosanitaires importe peu.
Si le gouvernement entend améliorer le contenu des assiettes des plus petits, cette loi ne fixe pas d’obligation de résultat. Aussi est-il fort plausible que de nombreuses cantines soient loin des 50% de local dans 4 ans. Elles auraient pourtant tout à y gagner.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/a-table/bien-manger/enfants/2018/02/26/faites-vous-confiance-aux-repas-servis-a-la-cantine-de-votre-enfant/
Une cantine bio et un budget maîtrisé
Les collectivités déjà engagées en faveur d’une alimentation saine font simplement preuve de bon sens pour parvenir à cet objectif. Et cela commence par le choix d’une agriculture locale et une diminution des intermédiaires. Ecocert France, l’organisme de certification de l’agriculture bio, illustre l’essor du bio dans les assiettes des collectivités. Il a en effet lancé en 2013 le label « En cuisine » qui recense les restaurants collectifs engagés vers le bio et le local. À ce jour, plus de 1 200 restaurants collectifs ont obtenu ce label.A contrario, nombreuses sont les collectivités qui clament haut et fort que le bien manger a un prix et utilisent ce frein qu’est le budget afin de consolider leurs modes actuels d’approvisionnement. Il paraît évident pour certains que le bio et le local ont un prix bien trop élevé pour la collectivité. Pourtant, l’enquête 2017 de l’Observatoire national de la restauration collective bio et durable souligne que les collectivités en conversion vers le bio et le local parviennent à maîtriser leurs coûts. L’Agores, le réseau des directeurs de restauration publique territoriale, confirme qu’un repas composé de 20% de bio au menu coûte 1,80 €. Un prix sensiblement identique à celui d’un repas dit conventionnel, qui va de 1,50 € à 2,00 €.
Du bio au local
Après l’argument prix vient celui de la supposée non disponibilité du bio local. Une nouvelle fois, ladite enquête révèle que 58% des produits bio utilisés dans les cantines proviennent d’un périmètre inférieur à celui d’une ancienne région administrative. En effet, face à la pérennité de l’agriculure biologique et à la demande sans cesse croissante, nombreux sont les agriculteurs et les coopératives à basculer dans le bio. De quoi rassurer tous les parents inquiets face à l’assiette de leurs bambins et à répondre à la demande des consommateurs : en 2017, 86% des parents sondés souhaitaient davantage de bio dans les restaurants collectifs.Du bio et du local dans l’assiette, c’est donc bel et bien possible !
Vous souhaitez agir ? Suivez le guide :
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/a-table/consommation/2018/01/11/une-cantine-bio-pour-vos-enfants-cest-possible/
Sources
- Projet de loi Agriculture et Alimentation, site du gouvernement, - Agores, - Association Unplusbio, - Association Agir pour l'Environnement, - Alimentation Générale.Page 75 sur 214