
On sait qu'il y a davantage de microbes que d'humains sur la planète. On évoque les graves infections microbiennes. Pourtant, on a tendance à oublier les microbes de notre quotidien. Murielle Naïtali a souhaité remédier à ce manque avec son ouvrage Que serions-nous sans eux ? Les microbes de notre quotidien.
Des microbes à la maison
Préparatifs des seize ans de Louise : la maison et les dix membres de la famille s'agitent pour que cet événement soit inoubliable. De prime abord, rien ne saurait nous indiquer qu'il s'agit d'un ouvrage dit scientifique. C'est là tout l'intérêt de cet ouvrage : Murielle Naïtali explicite à merveille ce que sont les microbes et nos divers microbiotes grâce à ce synopsis et ces dix personnages.Nous découvrons Louise, « l'adolescente coquette » et explorons grâce à elle ses microbiotes intestinal, buccal et cutané. Chacun des gestes de l'adolescente sont décryptés pour que puisse être expliquée la dysbiose de notre microbiote. Un exemple marquant que celui du shampoing, à l'origine d'une perturbation de l'équilibre de la microflore du cuir chevelu. La pédagogie est clairement au rendez-vous.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/2018/07/06/tout-savoir-sur-le-microbiote/
Et des microbes pour tout le monde
À chaque membre de la famille son thème. Valérie, la mère de Louise, l'archétype de la « ménagère du week-end », permet à l'auteur d'expliquer les divers principes de contaminations microbiennes. Pour éviter un charabia beaucoup trop complexe au commun des lecteurs, des scènes de la vie courante sont analysées, comme le repassage ou le nettoyage de la cuisine. Une lisibilité d'autant plus claire qu'elle permet de comprendre l'impact de chacun de nos actes sur les microbes de notre quotidien. Nous en apprenons davantage sur les bases de la conservation et les moyens de limiter les risques bactériologiques grâce à Eugénie, la grand-mère cuisinière. Ou bien sur les relations privilégiées entre microbes et microfaune du sol avec Jean-Michel, le grand-père jardinier. Et nous faisons aussi la connaissance de Julie, jeune mère grâce à qui nous appréhendons les risques liés à la grossesse et les précautions à prendre après l'arrivée de bébé.Autant de situations qui permettent d'exploiter le large éventail des fonctions de nos microbiotes, le tout avec une grande clarté. Livre chaudement recommandé par LQDP !
Murielle Naïtali, Que serions-nous sans eux ? Les microbes de notre quotidien, Éditions Quæ, 2018, 15 €. Disponible sur le site de l'éditeur.
La chirurgie bariatrique obtient de bons résultats. En France, elle est en progression constante : 58 130 interventions en 2016 contre 54 241 en 2014, 50 084 en 2013 et 44 992 en 2012. Cependant, l'intervention n'est pas anodine. Elle demande une grosse préparation pré et post-opératoire. Aussi, c'est une décision qui ne se prend pas à la légère. Voici 8 questions/réponses pour initier une première réflexion sur la chirurgie bariatrique : pour moi ou pas pour moi ?
1. J'ai 8 kilos de trop et j'ai la flemme de faire un régime. Puis-je me tourner vers la chirurgie bariatrique ?
Nonnnnnn ! La chirurgie bariatrique ne peut être envisagée qu’après l'échec d’une prise en charge comprenant des mesures hygiéno-diététiques et un accompagnement psychologique.Voici les 3 critères pour envisager une chirurgie bariatrique
- IMC supérieur à 40, associé à, au moins, une pathologie : hypertension, diabète, troubles articulaires, apnée du sommeil… - échec de perte de poids malgré des suivis diététiques sur plusieurs mois - Pas de contre-indication (exemple : pas d’addiction à l’alcool).2. Est-ce que c’est efficace ?
Oui, sans aucun doute ! La chirurgie bariatrique aide à perdre du poids, et ainsi à limiter tous risques liés aux complications. En outre, l’estime de soi et la socialisation sont améliorés.3. Y-a-il des risques ?
Comme tout acte chirurgical, il y a un risque lié à l’opération en elle-même (le risque de mortalité est inférieur à 1%).De plus, il y a une carence post-opératoire en vitamine et minéraux notamment du fait d’une absorption diminuée au niveau intestinal et gastrique. Des suppléments doivent être pris à vie. Enfin, il y a un tel changement rapide de la silhouette que cela en est très perturbant. Un suivi psychologique est fortement conseillé !
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/au-vert/bien-etre/psycho/2018/10/17/perception-de-notre-corps/
4. Alors, il n’y a plus rien à faire après ?
Si l’opération permet une perte de poids rapide, le patient doit être très attentif à son alimentation. Tout d’abord, il est nécessaire d’adapter son alimentation, dès les jours qui suivent l'opération. En effet, il est important de veiller à la en quantité et à la texture des aliments car l’opération ne permet pas une alimentation normale. Ensuite, il faut garder en tête que le risque de reprise de poids existe. Il est donc important de diversifier son alimentation et d'adapter les portions à la taille de son nouvel l’estomac.5. Quelles sont les principales étapes pré-opératoires ?
- Rencontre avec les professionnels de santé de l’équipe pluridisciplinaire : chirurgien, diététicien, psychologue, anesthésiste. - Examen en vue de l’opération (prise de sang, endoscopie oesogastroduodénale, bilan psychologique, bilan diététique. - Décision : à la suite des résultats de tous ces examens, l’équipe prendre sa décision. Si l’opération est acceptée, la technique vous sera communiquée et de plus amples informations vous seront transmises. Dans le cas d’un refus, une explication vous sera donnée.https://le-quotidien-du-patient.fr/article/2018/10/17/securite-patients-en-pre-operatoire-dune-chirurgie-bariatrique-sont-elles-optimales/
6. Est-ce que c’est remboursé ?
L’hospitalisation est remboursée. En revanche, la sécurité sociale ne prend pas en charge les suppléments vitaminiques (9 à 25 euros/mois), les consultations de diététicien et de psychologue et certains actes (prise de sang...).7. L’alcool est-il autorisé après une chirurgie barbiturique ?
Oui, même si les effets de l’alcool ne sont pas les mêmes selon la technique utilisée. La sleeve ou l’anneau gastrique n'influent pas la tolérance à l’alcool. En revanche, avec le bypass, le seuil de tolérance à l’alcool est diminué.8. Les médicaments sont-ils autorisés ?
Pas tous ! Certains médicaments peuvent être toxiques, notamment pour l’estomac. Consultez votre médecin avant toute prise de médicaments.
Il semble légitime d'affirmer que nous évoluons dans une société de représentation de soi. Nous nous fions à des normes, nous sommes confrontés à des publicités exhibant des femmes de moins de 50 kilos, nous trouvons difficilement des vêtements dans des tailles autres que le 34 et le 36. Le paraître est partout, être mince est clairement LA grande tendance. Mais, quelles conséquences sur la perception de notre corps ?
Sommes-nous trop gros ?
Une étude de grande ampleur menée par l'Inserm, la Cohorte constances a étudié les données de près de 29 000 participants âgés de 30 à 60 ans. Et le résultat est sans appel : 41% des hommes souffrent de surpoids et 15,8% d'obésité. Les femmes sont un peu plus épargnées. 25% d'entre elles souffrent de surpoids et 15,6% ont atteint le stade de l'obésité.https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/obesite/2018/10/16/surpoids-et-obesite-quelles-differences/
Pensons-nous être trop gros ?
Là, les choses se compliquent : la perception de soi... Si, à l'âge adulte, nous sommes nombreux à affronter difficilement notre reflet dans le miroir, ce sentiment apparaît bien avant. C'est à l'adolescence que tout commence, que se construisent véritablement notre identité et notre estime. L'enquête de l'OMS, Health Behaviour in School-aged Children 2013-2014 menée sur près de 220 000 Européens dont 5 691 Français âgés de 11 à 15 ans, est édifiante. Plus de 4 jeunes filles sur 10 âgées de 15 ans s'estiment un peu ou beaucoup trop grosses, contre 2 jeunes garçons sur 10. Pourtant, seules 11% d'entre elles sont réellement en surpoids, un résultat bien inférieur à ce sentiment presque majoritaire. A contrario, 16% de jeunes garçons sont en situation de surpoids ou d'obésité. Chez les plus jeunes, plus de 3 filles sur 10 (36%) se considèrent un peu ou beaucoup trop grosses à l'âge de 13 ans et, déjà à 11 ans, 28 % des filles partagent ce sentiment ! Rappelons que, dans ces deux cas, le cas de surpoids avéré est bien évidemment largement inférieur à leur perception. Se sentir mal dans son corps, une histoire de femmes ?Quid de la perception du corps à l'âge adulte ?
Ce mal-être lié à une sensation de surpoids semble s'atténuer avec l'âge. L'institut de sondage Ipsos souligne dans son étude que 18 % des femmes surestiment leur corpulence, davantage encore chez les 18-24 ans (21%). Si le nombre de femmes mal dans leur peau s'affaisse avec les années, toujours est-il que nombre d'entre elles font très attention à leur ligne. En effet, 55 % des femmes ont déjà suivi un régime, contre 32 % des hommes. Une preuve supplémentaire en faveur d'un culte de l'apparence, où notre paraître régit notre être.Pour les acharnées du régime :
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/au-vert/bien-etre/psycho/2018/09/25/lorthorexie-lobsession-de-manger-sain/
Sources
- Organisation Mondiale de la Santé, - Inserm, - Ipsos.A l'origine du projet, Lola Cañamero, directrice du Laboratoire EECAiA (pour « émotions incorporées, cognition et [inter]action ») à l’université d’Hertfordshire (Grande-Bretagne), une "pointure" dans la modélisation des émotions.
Le Docteur Lola Canamero et son robot ROBIN. Photographie Pete stevens
Robin contre le diabète
« Ce robot a un comportement de très jeune enfant. Il est diabétique et a besoin d’aide pour se soigner, c’est-à-dire recevoir de l’insuline » explique le Docteur Lola Cañamero. De fait, Robin - diminutif de ROBot INfant - va évoluer avec des enfants récemment diagnostiqués diabétiques. Sa mission va consister à leur délivrer une éducation thérapeutique, en leur donnant des responsabilités dans un environnement ludique.Agés de 6 à 12 ans, les jeunes patients sont invités à jouer dans la chambre de Robin. Ils doivent s’occuper de lui s’il a des problèmes. L’enfant joue alors le rôle de l’adulte responsable. Il doit déceler les symptômes et connaître les remèdes. Ainsi, chaque enfant développe un lien affectif avec ce robot, tout en pensant à lui.
https://www.youtube.com/watch?time_continue=59&v=ua4ppBWvajE
A l'heure actuelle, il n'existe pas encore d'étude à grande échelle, susceptible de démontrer qu'avec Robin, les enfants prennent mieux leur traitement. Cependant, les premiers résultats observés sont très prometteurs. « Robin est très affectif. les enfants veulent immédiatement l’embrasser, l’entourer de leurs bras, le prendre par la main pour l’emmener en promenade. » confie le Docteur Lola Cañamero. On essaie de renforcer ce que l’enfant fait bien, cela lui donne confiance en ses capacités.
Un robot bio-inspiré
De fait, les chercheurs ont beaucoup travaillé sur « l’influence des émotions sur la prise de décision et l’apprentissage. L’idée était de modéliser, dans un robot, le développement d’un enfant, à travers son attachement à d’autres individus, grâce au phénomène d’empreinte. »https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/recherche/sante-connectee/2018/02/20/une-montre-pour-les-enfants-oui-mais-une-montre-au-service-de-leur-sante/
En effet, l'intelligence émotionnelle artificielle (AEI) pourrait sembler inutile pour un projet de santé. A ceci près, que les émotions « sont un composant essentiel des rapports humains et qu'elles affectent à peu près tout ce que nous faisons : notre façon de penser, de nous déplacer, de regarder les choses... »
Actuellement, le coût d'un tel robot est de 5800 euros. Espérons que les financements en cours permettront de valider les travaux du EECAiA et que les enfants diabétiques auront bientôt un nouveau copain de jeu.
Sources
www.emotion-modeling.info/robin
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