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Sur le papier, ça paraît simple. Il faut prendre nos repas dans une fenêtre de temps réduite à 10 heures par jour. Pas plus ! Et si la restriction de la plage alimentaire était la clé pour perdre du poids ?

Top chrono pour la restriction de la plage alimentaire

Il suffit « juste » de retarder l’heure du petit-déjeuner et d’avancer celle du dîner, sans changer d’alimentation. En clair : à 9 heures du matin : le petit déjeuner est prêt ; à 19 heures : le lave-vaisselle est en marche.

En fait, il s’agit de laisser son corps au repos, sans nourriture, le reste du temps, soit 14 heures. Ce « jeûne intermittent », selon l’étude du Salk Institute for Biological Studies (Californie) permettrait de lutter contre l’adiposité, le diabète, l’obésité et les troubles métaboliques associés.  Même si cela paraît simple, dans la vraie vie, ces horaires se révèlent vite peu compatibles avec le quotidien d’un lycéen, d’un salarié, voire même d’un retraité.

Sur le même sujet :

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/2018/05/06/fasting-jeune-perte-poids/

Une meilleure synchronisation de l’alimentation

L’idée est que ce jeûne intermittent est calé et calqué sur le cycle circadien. C’est-à-dire sur notre journée de 24 heures, avec, en alternance, une période de veille et une période de sommeil. L’étude explique qu’en contrôlant les cycles de prise d’aliments et de jeun, nous pouvons maîtriser notre horloge interne. Mais aussi corriger les perturbations des rythmes circadiens, responsables de ces problèmes de santé.

L’équipe du Salk Institute a donc soumis un groupe de souris blanches ayant accès 24 heures sur 24 à de la nourriture à une restriction de plage alimentaire. Les résultats sont probants ! Des souris ayant accès 24 heures sur 24 à un régime riche en graisses deviennent obèses et développent une série de maladies métaboliques. Si ces mêmes souris ont un accès restreint au même régime riche en graisses durant 8 à 10 heures de la journée, elles redeviennent minces, saines et en bonne santé.

Pourquoi ? Parce que synchronisation de l’alimentation avec les horloges cellulaires concernées est plus efficace. En effet, le rythme circadien régule les cycles cellulaires associés à l’activité de différents gènes. Comme les gènes de la digestion sont plus actifs dans la journée et ceux de la réparation cellulaire la nuit, CQFD.

Une autre astuce :

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/2018/06/28/8-astuces-anti-fringales-et-se-jeter-sur-le-paquet-de-bonbons/

 My Circadian Clock

Si vous voulez contribuer à ces recherches, vous pouvez vous inscrire sur my Circadian Clock. Vous pourrez étudier votre alimentation, votre sommeil et vos activités au quotidien. Le Salk Institute analysera vos données quotidiennes et ainsi, pourra rendre des conclusions à partir de l’étude de l’état de santé de milliers de personnes.

Application disponible sur l'App Store.

Contenu relu et validé par une diététicienne WeCook.

Source

Cambridge University Press.

Depuis l'arrêté du 5 avril 2016, les homosexuels peuvent donner leur sang. Un arrêté qui met fin à une interdiction datant de 1983 et les risques liés à l'épidémie du Sida. Mais le don du sang pour cette communauté tient à plusieurs conditions, notamment l'abstinence d'une année. Or, cette condition fait figure de discrimination et se retrouve à l'origine d'une proposition de loi LR. Une loi rejetée... 

Don du sang : homosexuels et hétérosexuels ne sont pas égaux

AFP : L'Assemblée nationale a maintenu le statu quo concernant une différence de traitement dans le don du sang touchant les homosexuels, vote qui a divisé jusque dans les rangs de la majorité LREM-MoDem, à l'occasion de l'examen d'une proposition de loi LR.

Cette mesure alignait pour le don la durée d'abstinence des homosexuels sur celle s'appliquant aux hétérosexuels (quatre mois d'absence de relations avec plusieurs partenaires). Elle avait été ajoutée au texte en commission via un amendement des socialistes, Hervé Saulignac en tête.

Jeudi soir, elle a été rejetée par 29 voix contre 23. Des groupes d'opposition, de gauche comme de droite, ont soutenu ce texte ainsi que le MoDem, dénonçant "une discrimination".

"Le critère d'exclusion doit être celui des comportements à risque et non de l'orientation sexuelle", a estimé le député MoDem Jean-Luc Lagleize. "Stoppons ces hypocrisies", a affirmé Xavier Paluszkiewicz, l'un des deux marcheurs à avoir voté pour le texte alors que son groupe s'est prononcé contre.

"L'abstinence de 12 mois n'a aucun fondement ni juridique ni scientifique », a estimé M. Saulignac en fustigeant "une erreur politique" du gouvernement.

La ministre de la Santé Agnès Buzyn avait déposé un amendement pour supprimer la mesure, avant de le retirer pour ne pas donner l'impression de s'opposer sur le fond. Elle a néanmoins appelé au bon sens des députés avant le scrutin.

"Comme vous, je me suis étonnée, pour ne pas dire émue, du critère d'abstinence de un an (...) Mais n'inscrivons pas dans la loi des critères de sélection qui nous feraient prendre un risque un jour par rapport à un nouvel agent pathogène ou un risque d'épidémie", a dit Mme Buzyn en soulignant que ces critères relèvent davantage du règlement que de la loi.

Pour bien comprendre :

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/2018/09/17/don-du-sang-pourquoi-moins-de-donneurs-que-de-receveurs-potentiels/

Don du sang : un abaissement de l'âge légal voté... 

Dans cette proposition de loi "visant à la consolidation du modèle français du don du sang", portée par Damien Abad (LR), les députés par ailleurs ont voté l'abaissement de l'âge légal ouvrant droit au don du sang de 18 à 17 ans, âge fixé en commission pour s'aligner sur le droit européen.

... Mais l'incitation aux dons en entreprise rejetée

Le texte entendait en outre inciter davantage les dons en entreprise par les salariés, rappeler dans la loi les principes de sécurité, d'éthique et de gratuité du don du sang, et encore permettre de pouvoir inscrire sur la carte d'identité les éléments sur le groupe sanguin de la personne. Mais l'Assemblée a rejeté toutes ces autres mesures.

Pour aller plus loin :

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/tous-pour-un/2018/10/04/analyse-de-sang/

Sources

- Agence France Presse, - Assemblée nationale.

Si depuis quelques mois le sucre semble être la cible des médias, il ne faudrait pas oublier un de nos autres compagnons du quotidien : le seul. En effet, il existe également des risques liés à une consommation excessive de sel que nombre d'entre nous ont tendance à oublier. Explications.

Quels risques liés à une consommation excessive de sel ?

Certes, le sel se révèle nécessaire au bon fonctionnement de notre organisme. Néanmoins, les personnes qui ont la main lourde sur la salière s'exposent à davantage de risques. LQDP alarmiste ? Peut-être mais, toujours est-il que selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les décès imputés à une consommation excessive de sel représentent 2,5 millions de personnes à l'échelle mondiale. Rien qu'en France, près de 35 000 décès pourraient être évités grâce à une consommation de sel adaptée. Les maladies concernées ? L'hypertension, les maladies cardiovasculaires, l'ostéoporose, le cancer gastrique ou même l'insuffisance rénale.

Les Français consomment-ils trop de sel ?

Oui, un grand oui même ! Si l'OMS préconise une consommation quotidienne de l'ordre de 5 g/j et par personne, soit une cuillère à café, les Français ont la main trop lourde. Actuellement, en France, la consommation quotidienne moyenne de sel serait de 8,7 g/j chez les hommes et de 6,7 g/j chez les femmes. Quant aux enfants, la consommation moyenne de sel est de 5,9 g/j chez les garçons et de 5,0 g/j chez les filles, avec des variations en fonction de l’âge. Bien évidemment, il faut ajouter 1 à 2 g de sel par jour, dus au salage de l'eau de cuisson et des plats, par la grande majorité d'entre nous. Un petit calcul de tête plus tard, les hommes consomment le double des apports quotidiens recommandés en sel, et les femmes n'en sont pas si loin..

La peur vous envahit subitement lorsque vous pensez à tous ces petits plats auxquels vous ajoutez une pincée de sel ? Pensez à la table Ciqual, de l'ANSES, afin de connaître la teneur en sel (mais aussi en lipides, en sucres, en protéines...) des aliments que vous avez l'habitude de consommer.

Peut-être la raison pour laquelle les députés pensent à une éventuelle taxe sel :

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/a-table/consommation/reglementation-agro-alimentaire/2018/09/06/la-taxe-sel-nouvelle-arme-contre-les-maladies-chroniques/

Le consommateur de sel à la loupe

Nous avons rencontré Adeline et Leïla, deux grandes consommatrices de sel. Aucun mets, aussi raffiné soit-il, n'est dégusté sans avoir été en amont recouvert de sel. C'est bien ça le problème : nombreux sont ceux qui agrémentent leurs plats avant de les goûter.

Visualisez une pizza achetée au rayon frais. Ce soir, l'idée même de cuisiner vous donne des vertiges. Vous sortez donc la pizza du frigo et la mettez au four. Raisonnable, vous ne mangez que la moitié de cette pizza, moitié sur laquelle vous aurez en amont ajouté une (grosse) pincée de sel. Eh bien, vous avez atteint voire dépassé l'apport quotidien recommandé, une part (1g ) salée par vos soins (1g ) suffisant à atteindre presque la moitié des apports quotidiens recommandés.

En effet, si ce geste aussi habituel qu'anodin, a des conséquences sur le long terme, certains aliments accroissent considérablement votre apport quotidien en sel, comme :

- le pain et les biscottes, - la charcuterie (notamment le saucisson et le jambon secs), - les bouillons, - les produits de grignotage salés, les snacks, - les sauces et les condiments, - les fromages, - les soupes et les potages, - les quiches et pizzas, - les plats cuisinés...

Industriels ou consommateurs : quels coupables ?

Si vous êtes comme Adeline, comme Leïla, comme toutes ces personnes qui utilisent le sel sans même y penser, déculpabilisez ! Vous n'êtes pas les seuls responsables. En effet, dans les pays dits développés, 80 % de l'apport de sel de notre alimentation provient des... aliments ultra-transformés (encore eux, oui) ! Vous l'avez peut-être oublié mais, depuis le Moyen-Age, le sel est utilisé afin d'augmenter la conservation des aliments. Et ça, les industriels l'ont bien compris...

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/a-table/bien-manger/aliments/2018/06/27/aliments-ultra-transformes-aut/

Les 7 commandements d'une consommation raisonnée de sel

1 - Les aliments bruts, vous préparerez ; 2 - La quantité de sel utilisée dans l'eau de cuisson, vous réduirez ; 3 - Les plats, vous goûterez ; 4 - Les herbes aromatiques et les épices, vous essaierez ; 5 - La salière, vous cacherez ; 6 - Les grignotages salés, vous oublierez ; 7 - Les légumes crus de saison à l'apéritif, vous proposerez.

Contenu relu et validé par une diététicienne WeCook.

Sources

- Organisation Mondiale de la Santé, - Table Ciqual, - Anses, - Service-public.

Depuis plusieurs années, le cholestérol constitue l'une des principales préoccupations de la médecine. Et nombre de facteurs sont en cause. Mais quels risques liés aux excès de cholestérol existent ?

Les paramètres influençant les excès de cholestérol

De nombreux paramètres peuvent influencer le taux de cholestérol sanguin : - l'hérédité ; - une alimentation trop riche en graisses d’origine animale et en cholestérol ; - le surpoids et l'obésité ; - une activité physique insuffisante ; - le tabagisme ; - le sexe (les hommes ont un taux de cholestérol LDL plus élevé) - d’autres pathologies, comme le diabète, les maladies du foie et du rein, etc… - l’utilisation de contraceptifs oraux, le stress, l’anxiété.

Pour tout savoir sur le cholestérol :

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/maladies-chroniques/2018/10/09/cholesterol/

La formation de plaque d’athérosclérose, un risque courant lié à un excès de cholestérol

Définition et mécanisme

Selon l’OMS, l’athérosclérose est une  « association variable de remaniements de l’intima (parties internes) des artères de gros et moyen calibres, consistant en une accumulation locale de lipides, glucides, de sang et produits de sang, de tissu fibreux et de dépôts de calcium ». Elle est responsable de nombreuses pathologies cardiaques (accidents vasculaires cérébraux, artérites, etc…). En d’autres termes, il s’agit d’une inflammation chronique des artères à localisation interne de la paroi de celle-ci. Ainsi, elle correspond à une réaction inflammatoire mal appropriée et qui dégénère.

Les conséquences d'un déséquilibre

En cas de déséquilibré lié à un apport excessif de cholestérol exogène (apport excessif de cholestérol alimentaire) par exemple, les LDL cholestérol resteront plus longtemps dans le plasma où ils risquent une oxydation. Et c’est là le début de la formation de la plaque d’athérosclérose : les réactions subies par les LDL cholestérol telles que cette oxydation limitent la reconnaissance entre les LDL et les récepteurs des cellules utilisatrices. En revanche cela augmente la reconnaissance par les macrophages via des récepteurs « scavengers ». Et cette cellule ne subit pas de contrôle aussi strict que dans les autres cellules. Ce macrophage devient une cellule dite spumeuse (macrophage modifié).

Puis 4 étapes auront lieu par la suite, favorisant le phénoméne d’athérosclérose :

- Recrutement de cellules immunitaires (monocytes) par le macrophage - Inhibition de la mobilité du macrophage : celui ne quitte plus la surface interne du vaisseau sanguin - Cette cellule spumeuse sollicite encore plus de macrophages qui s’accumulent - Les LDL oxydés sont cytotoxiques et tuent les cellules immunitaires.

À terme, un remaniement a lieu au niveau de la plaque d’athérosclérose, avec une calcification de la lésion.

Les complications sont diverses, selon la localisation de la plaque d’athérosclérose. Par exemple, si la plaque se situe sur  les artères coronaires : le risque est principalement l’infarctus du myocarde.

Pour en savoir plus :

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/maladies-chroniques/2018/04/20/tout-savoir-sur-latherosclerose/

Les LDL modifiées (oxydées) diffèrent des LDL natives :

- Densité plus élevée - Affinité plus importante pour les récepteurs scavengers (donc des macrophages) au détriment des récepteurs des apoprotéines des cellules utilisatrices - Activité cytotoxique (qui tue les cellules) - Affinité accrue pour les cellules immunitaires comme les monocytes

Aussi, tous ces mécanismes font que l'on appelle les LDL cholestérol le « mauvais cholestérol ».

Prévenir l'athérosclérose et les LDL cholestérol

Il n’existe pas de régime permettant la régression de la plaque d’athérosclérose.  Mais il est possible de prévenir son apparition ou tout du moins de limiter sa progression. Pour cela, une alimentation saine et équilibrée est indispensable.

1 - D'abord, on limite l’apport en graisse saturée (viande grasse, beurre, crème fraîche, etc…). 2- On favorise l’apport en graisse mono-insaturée (huile d’olive notamment). 3 - On favorise également l’apport des acides polyinsaturés (oméga 3 : huile de colza, huile de noix, graines oléagineuses, poissons gras, etc…). 4 - On limite également l’apport des aliments riche en cholestérol (abats, jaune d’œuf, beurre notamment). 5 - On favorise l’apport en fibres (fruits et légumes, céréales complètes, graines oléagineuses…). 6 - On limite l’apport en sel (cette réduction limite le risque de tension artérielle, elle diminue également la pénétration des lipides et du cholestérol dans la paroi artérielle). 7 - On favorise l’apport en sels minéraux, comme le sélénium (anti-oxydant). 8 - On limite le tabac et la consommation d’alcool. 9 - Et enfin, on pratique une activité physique.

La classification des dyslipoprotéinémies

Plusieurs classifications existent pour catégoriser les dyslipoprotéinémies et les risques qui y sont liés. Et nous choisissons de vous présenter l’une d’entre elles : il s’agit de la classification de Frederickson

Cette classification se fait en 5 types :

- Type I : on a une élévation des triglycérides dus à un apport exogène important, qui expose à une pancréatite aigûe. Le risque d’athérosclérose est faible. - Type IIa : on a une hypercholestérolémie pure, très athérogène. Elle est liée à une synthèse insuffisante des récepteurs aux LDL cholestérol au  niveau des hépatocytes.Il s’agit d’une hypercholestérolémie familiale. - Type IIb : on a le taux de triglycérides élevés accompagnés d’une hypercholestérolémie. Ceci est associé à un risque d’athérosclérose. Il s’agit d’une dyslipidémie mixte familiale - Type III : comme le type IIb, mais celle-ci est plus rare. Elle est due à une anomalie d’une apoprotéine qui est moins reconnue par les récepteurs. - Type IV : on a une élévation des triglycérides liés à des facteurs endogènes. - Type V : on a une élévation des triglycérides  liés à des facteurs endogènes et exogènes.

Donc, lorsque le cholestérol est impliqué, l’objectif de la prise en charge sera à la fois de limiter le taux de cholestérol dans le sang et également de diminuer le taux de triglycérides sanguins (selon le type de dyslipidémies concernés).

Si on doit limiter l’apport en triglycérides, il faudra également veiller à limiter les apports en glucides (notamment les sucres) et éliminer l’alcool. Des traitements médicamenteux peuvent également être proposés.

Alors, vous pensez avoir tout compris ? Nous allons vérifier tout ça :

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/2018/05/14/quizz-cholesterol-et-maladies-cardiovasculaires/

Depuis le 15 septembre, la téléconsultation permet à tous patients une consultation à distance de votre généraliste ou d’un spécialiste. Petit mode d’emploi.

La téléconsultation, c’est quoi exactement ?

La téléconsultation, c’est la possibilité de consulter son médecin via un ordinateur de chez soi. Le médecin est dans son cabinet, vous êtes chez vous. Plus de déplacements, d’attente. Quand on est franchement malade ou que se déplacer devient un problème, c’est un confort certain pour le patient. Si vous habitez dans une région, où le médecin généraliste le plus proche est à 50 km : la télémédecine est un progrès certain !

La téléconsultation : quelles réserves ?

Si vous préférez un vrai contact, ce n’est pas avec la téléconsultation que vous l’aurez. Parler d’un problème très personnel via un écran peut ne pas s’avérer très aisé. Comment être sûr qu’il n’y a personne autour du médecin (secrétaire, etc.) ?

La télémédecine permettra-t-elle à certains spécialistes, dont le carnet de rendez-vous est complet jusqu’en 2019, par exemple, de réduire le délai de consultation ? Oui, car selon la DRESS, la durée moyenne d’une consultation chez le médecin généraliste est de 16 minutes, alors que celle d’une téléconsultation est estimée à 10 minutes.

Enfin, petit détail technique, il faut avoir un ordinateur chez soi. Les ménages équipés en France représentent 73 % de la population. L’INSEE est plus précise : selon cet institut seulement un quart des 75 ans ou plus ont un ordinateur.

Qui choisit entre le médecin et le patient la téléconsultation ?

Très clairement, c’est le médecin qui peut vous proposer une téléconsultation. « … toutes les situations médicales peuvent donner lieu à la téléconsultation. Cependant, cette proposition relève de la seule décision du médecin (médecin traitant, médecin en accès direct ou médecin correspondant, selon les cas) qui doit juger de la pertinence d’une prise en charge médicale à distance plutôt qu'en face à face. » (2).

Oui mais…

Le médecin et le patient doivent donc être d’accord pour cette consultation à distance. Cela suppose donc que c’est le médecin qui a le dernier mot. Que fait le patient s’il n’est pas d’accord avec la décision du médecin ?

Quelles sont les exceptions à la téléconsultation ?

Quatre exceptions sont posées à la téléconsultation. L'accès direct spécifique à certaines spécialités (gynécologie, ophtalmologie, stomatologie, chirurgie orale ou en chirurgie maxillo-faciale, psychiatrie ou neuropsychiatrie et pédiatrie) ; les moins de 16 ans ; les situations d'urgences et enfin les patients sans médecin traitant (ou indisponible). Dans ce dernier cas, la téléconsultation pourra s'appuyer sur les organisations territoriales en place (CPTS, équipes de soins primaires, maisons et centres de santé).

Au niveau technologique, seules deux exigences sont posées : le recours à un échange vidéo et la connexion à une solution sécurisée.

On peut donc consulter un spécialiste à l’autre bout de la France sans se déplacer ?

Selon le site Ameli, « Tout médecin peut recourir à la téléconsultation, quels que soient : sa spécialité, son secteur d’exercice (secteur 1, secteur 2) et son lieu d’exercice, en ville ou en établissement de santé (cabinet de ville, maison de santé pluriprofessionnelle, centre de santé, Ehpad, hôpital, clinique…). Elle est réalisable partout en France métropolitaine et dans les départements et régions d'outre-mer.» 

Imaginez : vous souhaitez consulter LE grand spécialiste qu’on vous a conseillé pour votre pathologie. Celui-ci consulte à Montpellier, vous habitez à Lille. Une téléconsultation ? Oui, ce serait vraiment plus pratique. Surtout si vous voulez juste la confirmation d’un diagnostic qui a déjà été posé.

Un médecin peut même venir directement à la maison :

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/recherche/sante-connectee/2018/03/26/4-sites-pour-professionnel-sante-a-domicile/

D'autres freins à la téléconsultation ?

Les médecins ne sont pas beaucoup aidés pour s’équiper : 350 euros pour la vidéotransmission et l'abonnement aux plateformes ; et 175 euros pour les appareils médicaux connectés. Tous les médecins ne proposeront donc pas tout de suite une téléconsultation !

Toujours selon Ameli, il faut que le médecin téléconsultant vous connaisse ce qui implique que vous ayez eu au moins une consultation physique avec lui (cabinet, domicile patient ou établissement de santé) au cours des 12 derniers mois précédant la téléconsultation.

La téléconsultation est ouverte à tous, c’est vrai mais il existe quand même des restrictions afin d’éviter tout abus. Ainsi, les « téléconsultations remboursées s'organiseront « dans le parcours de soins coordonné », ce qui signifie l'orientation initiale par le médecin traitant (quand ce n'est pas lui-même qui téléconsulte) et une connaissance préalable par le praticien qui réalise la téléconsultation. L'objectif est clair : exclure de la prise en charge Sécu les conseils, avis et consultations à distance. » 

Aura-t-on une augmentation du tarif des consultations ?

Le Dr Jérôme Marty (UFML Syndicat) répond très clairement à cette question. « La télémédecine, outil demain incontournable, n’amène aucune augmentation tarifaire pour le médecin généraliste, le tarif de base est toujours à 25 euros, pour une augmentation de la responsabilité inhérente à ce type d’exercice ». On le voit, les dent grincent du côté des syndicats.

Source : Le Quotidien du Médecin

Que pensent les médecins de la téléconsultation ?

Voici quelques réactions des syndicats.

« Certes, 80 % des médecins sont réticents au changement mais je suis convaincu que l'ancrage de la télémédecine prendra beaucoup moins de temps que d'autres innovations comme le dossier médical partagé », lance, un brin ironique, le Dr Claude Bronner, président d’Union Généraliste (une des trois branches catégorielles de la Fédération des médecins de France (FMF). Le Dr Jean-Louis Bensoussan, secrétaire général de MG France (nom usuel de la Fédération française des médecins généralistes), croit à la dynamique. « Nous faisions déjà des téléconsultations mais l'avenant 6 et la rémunération associée donnent un cadre clair. Les médecins vont y aller... progressivement ». Selon une enquête de la MACSF, 73 % des médecins pensent que la télémédecine (comme la consultation classique) fera partie de leur quotidien professionnel en 2030.

Et qu’en pensent les patients ?

Selon une étude réalisée par BVA pour la société Zava (site de consultations médicales) en 2017, les Français sont habitués à certains actes par Internet mais la consultation reste une affaire de tête à tête. Ainsi, 51 % des Français ont déjà utilisé un service en ligne d'accès aux soins. Un Français sur trois a déjà pris un rendez-vous médical grâce à Internet, un sur quatre a acheté des médicaments en ligne (sans ordonnance) et, enfin, 3 % ont déjà consulté un médecin en ligne. 42 % des sondés se disent prêts à téléconsulter. Cela signifie donc que 58 % des Français ne sont pas encore prêts.

Les médicaments peuvent aussi venir directement à la maison :

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/tous-pour-un/2018/03/28/se-faire-livrer-medicaments-a-domicile/

Quelles sont les garanties contre une utilisation des données de santé à des fins publicitaires ou marketing ?

Elie Lobel, directeur général d’Orange Healthcare, explique « Les données personnelles sont régulées par un règlement européen qui va entrer en pleine application en 2018 avec le Règlement Général de Protection de Données Personnelles (RGPD). En Europe, la France est un précurseur. En plus du RGPD, elle a une réglementation particulière pour la protection des données de santé. Les données appartiennent au patient (…)». Selon une étude sur l’impact du numérique dans le domaine de la santé de 2017, menée par le Digital Society Forum et l’Observatoire du Numérique BVA, les Français demandent une sécurité maximale et une garantie de l’anonymat si leurs données de santé sont partagées (80%). Ils restent méfiants vis-à-vis des grands acteurs d’Internet toujours en ce qui concerne leurs données de santé (87%), enfin ils ne sont pas favorables à la consultation par Internet (60%).

Les Français restent donc très méfiants vis-à-vis des grandes sociétés qui règnent sur Internet (les Gafa, c’est-à-dire Google, Apple, Facebook et Amazon). Beaucoup de promesses sur la sécurité des données ont été faites. Très peu ont été tenues. C’est peut-être pour cela que la méfiance s’est installée.

Sources

- Le blog du Modérateur, - INSEE, - Ameli, - Le Quotidien du Médecin, - Le Parisien, - L'Usine digitale.