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La publication d’une étude portant sur 6 édulcorants tourne en boucle sur les réseaux depuis fin septembre : la consommation d’édulcorants est nocive pour l’équilibre de notre microbiote intestinal !

Édulcorants et microbiote intestinal ne font (vraiment) pas bon ménage

Dans cette étude, portée par une équipe mixte Israël-Singapour, les effets de 6 édulcorants ont été testés sur des bactéries. Ces 6 édulcorants intenses (aspartame, sucralose, saccharine, neotame, advantame et acesulfame K) et 10 produits alimentaires pour sportifs contenant ces édulcorants ont été mis en contact avec des souches d’Escherichia coli, une bactérie caractéristique du microbiote intestinal. Au moyen d’un système de luminescence implanté dans la bactérie, les chercheurs ont pu observer une modification du comportement de ces dernières en présence des édulcorants.

Sans discuter les résultats de l’étude, ni les potentiels effets délétères des édulcorants sur le microbiote et la santé en général, voici quelques clés pour comprendre cette étude et la communication qui l’entoure :

1 - Des édulcorants présents dans votre assiette

Les 6 édulcorants testés sont des composés autorisés dans l’alimentation humaine aussi bien aux Etats-Unis (via l’agence de santé américaine (FDA)) qu’en Europe. La réglementation européenne autorise leur utilisation comme additifs alimentaires dans divers produits de consommation courante.

2 - Des édulcorants testés selon une dose journalière acceptable (DJA)

Ces édulcorants ont été testés à des doses correspondants à la dose journalière acceptable (DJA). Cette dose, déterminée en Europe par l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) et basée sur les connaissances scientifiques actuelles, est propre à chaque composé. Comme son nom l’indique, elle représente une dose journalière, donc susceptible d’être consommée par l’apport de différents aliments tout au long de la journée. Dans le cadre de cette étude, la quantité d’édulcorant utilisée était définie à partir de la DJA.

3 - Des seuils qui diffèrent selon l'édulcorant

Cette DJA diffère selon les édulcorants et les pays. Elle est ainsi plus élevée aux Etats-Unis pour l’aspartame, la saccharine, l’advantame et l’acesulfame K mais à l’inverse plus faible pour le sucralose et le neotame, comparativement aux quantités autorisées en Europe.

4 - Une seule souche bactérienne à l'étude...

Une seule souche bactérienne a été étudiée ici, alors que le microbiote intestinal comporte plus de 160 espèces identifiées. La santé de notre microbiote dépend de l’équilibre entre toutes ces espèces.

5 - ...Mais une souche permettant de signaler la présence d'édulcorants

Enfin, au-delà des données portant sur la toxicité des édulcorants vis-à-vis de la souche bactérienne, les chercheurs mettent en avant l’intérêt de cette souche, modifiée dans le cadre de l’étude, comme marqueur de la présence d’édulcorants dans des aliments ou dans l’environnement.

LQDP avait déjà signalé l'impact d'un édulcorant sur la maladie de Crohn :

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/maladies-chroniques/2018/05/09/maladie-de-crohn-edulcorants-sucralose/

Sources

- Harpaz D, Yeo LP, Cecchini F, Koon THP, Kushmaro A, Tok AIY, Marks RS, Eltzov E., « Measuring Artificial Sweeteners Toxicity Using a Bioluminescent Bacterial Panel », Molecules, septembre, 23 (10). - FDA, « Additional Information about High-Intensity Sweeteners Permitted for Use in Food in the United States ». - Commission Européenne, « Sugars and Sweeteners ».

Une nouvelle étude de l’Université Waseda, au Japon, parue dans Science, conduite par le Pr Masahira Hattori, a étudié la connexion entre les bactéries du microbiote buccal et intestinal, ainsi que leur rôle dans les MICI. Le microbiote intestinal des personnes atteintes de MICI pourrait être lié à une bactérie du microbiote... buccal ! LQDP vous présente la bactérie Klebsiella.

Klebsiella, microbiote buccal et antibiotiques

Plusieurs études ont déjà montré que le microbiote intestinal de personnes atteintes de MICI renferme de grandes quantités de bactéries provenant du microbiote buccal. C’est pourquoi le Pr Hattori a cherché à comprendre quelle était la connexion entre ces deux microbiotes.

Il a d’abord prélevé des échantillons de salive auprès de patients atteints de MICI et les a implantés dans l’intestin de souris dépourvues de germes. Dans certains cas, le chercheur remarque une inflammation intestinale, due à la bactérie  Klebsiella pneumoniae, présente habituellement dans le microbiote buccal, rarement dans le microbiote intestinal.

Pour bien comprendre :

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/2018/07/13/microbiote-intestinal/

Lorsque l’équipe du Pr Hattori implante cette bactérie directement dans l’intestin de souris saines, elle remarque que la bactérie a du mal à s’établir dans l’intestin sauf si les souris ont eu un traitement par antibiotiques. Dans ce cas, Klebsiella pneumoniae déclenche une inflammation chez les souris.

Et les chercheurs de conclure, « Nos découvertes suggèrent que la cavité buccale pourrait servir de réservoir à des bactéries potentiellement pathogènes, capables d’exacerber les maladies intestinales », ils soulignent également que l’usage prolongé d’antibiotiques pourrait perturber l’équilibre du microbiote intestinal, favorisant la colonisation de l’intestin par des bactéries buccales potentiellement pathogènes.

Klebsiella, microbiote buccal et MICI

Les personnes atteintes de MICI ou autres maladies intestinales seraient plus sensibles à l’inflammation provoquée par les  bactéries dont Klebsiella, une fois qu’elles ont colonisé l’intestin. En effet, elles provoquent chez ces personnes un déséquilibre durable du microbiote intestinal ainsi que l’inflammation.

Les chercheurs suggèrent alors de « s’attaquer aux bactéries provenant de la cavité buccale, en particulier Klebsiella, (…) pour lutter contre les MICI et beaucoup d’autres maladies intestinales. »

Pour en savoir plus sur les MICI :

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/2017/10/16/mici/

Alors, vous attendez quoi pour prendre rendez-vous chez votre dentiste ?

Sources

Inra, Alternative santé.

Qui n’a jamais entendu parler du cholestérol ? Qui n’a pas une tante, un oncle, un parent, ou un grand-parent qui doit faire attention car il « a du cholestérol ». En réalité, l’expression « avoir du cholestérol »  n’est pas juste, car il faut distinguer différents types de cholestérol. Si tout ceci est un peu flou pour vous, alors lisez cette fiche, et vous deviendrez un expert en cholestérol !

Le cholestérol : composition

1 - La structure du cholestérol

Le cholestérol est un lipide qui appartient à la famille des stérols. En effet, il s’agit d’une molécule qui comporte 4 cycles carbonés (qu’on appelle dans le jargon scientifique « noyau cyclopentanoperhydrophénathrénique »). Ces 4 cycles sont habituellement nommés A, B, C et D. Ensuite, sur ces noyaux se lie une chaîne carbonée. Et une chaîne latérale est reliée au noyau D. Tous les carbones sont numérotés de 1 à 27.

Le noyau A porte un groupe « hydroxyle » (composé d’un atome d’oxygène O et d’hydrogène H). Cela confère à la molécule une polarité et ce groupe OH constitue la partie hydrophile de la molécule.

structure d'une molécule de cholestérol Structure d’une molécule de cholestérol. Source : Sorbonne Université

2 - Le rôle du cholestérol

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le cholestérol a de nombreuses fonctions dans l’organisme.  On peut citer notamment 4 grands rôles : - Il est indispensable à la structure de nos membranes cellulaires. La cellule est la plus petite unité de structure de l’organisme. Elle est délimitée par une membrane complexe, avec de nombreuses molécules. Ces membranes sont fluides pour permettre des échanges intercellulaires. Le cholestérol présent dans ces membranes limite en revanche la fluidité de celle-ci. - C’est un précurseur des hormones sexuelles. Ces dernières sont en effet élaborées à partir du cholestérol dans les glandes endocrines (glandes surrénales, testicule, ovaire/corps jaune et ovaire/follicule). - C’est également un précurseur de la vitamine D3. Cette vitamine est en effet synthétisée par la peau, à partir de cholestérol et sous l’effet des rayons UV. - Et c’est encore un précurseur de sels biliaires. Ceux-ci sont synthétisés par le foie, et accumulés dans la bile. Les sels biliaires permettent d’émulsionner les composés lipidiques au niveau du tube digestif

3 - Synthèse, stockage et élimination du cholestérol

La répartition du cholestérol dans l’organisme est très inégale : - Tissu nerveux : 30 à 40 g (avec un renouvellement lent) - Foie et sang : 15 g (avec un renouvellement rapide).

Dans le sang, le cholestérol ne circule pas sous forme libre. Il circule associé à des lipoprotéines : lorsque les cellules ont besoin de cholestérol, elles le puisent dans le sang au niveau de ces lipoprotéines. Une fois que le stock de cholestérol sanguin s’épuise, une synthèse endogène a lieu.

Synthèse du cholestérol

Le cholestérol peut être synthétisé par tous les organes. Mais c’est le foie et les glandes endocrines sécrétrices d’hormones stéroïdiennes qui sont les principaux organes de synthèse du cholestérol.  Sans rentrer dans les détails, cette synthèse se fait au niveau du cytoplasme et du réticulum endoplasmique lisse des cellules, avec 4 principales réactions chimiques successives.

Et certaines d’entre elles sont soumises à une régulation stricte :

- une expression des ARN codant pour les enzymes impliquées dont la production varie en sens inverse de la concentration du cholestérol - la vitesse de dégradation des enzymes : certaines enzymes ont une période de vie de 2 à 4h. Leur période de vie est dépendante de la concentration en cholestérol - une régulation hormonale : l’insuline et la thyroxine (hormone thyroïdienne) favorise la synthèse, alors que le glucagon limite la synthèse.

Tous les jours, le foie fabrique environ 1 g de cholestérol. Cette bio-synthèse est dépendante de l’apport exogène du cholestérol (elle sera plus ou moins faible selon les apports nutritifs de cholestérol).

Élimination du cholestérol

L’élimination du cholestérol par l’organisme est très faible. La seule élimination possible est via les sels biliaires : il y a une légère perte de cholestérol par voie fécale une fois que les sels biliaires ont subi plusieurs cycles entéro-hépatiques (pour l’émulsion des graisses lors de la digestion de celles-ci au niveau intestinales). Le cycle entéro-hépatique est un cycle qui permet une ré-utilisation des sels biliaires une fois la digestion des graisses terminée. La majeure partie des sels biliaires sont ré-absorbés au niveau intestinal. Ensuite, les sels biliaires passent dans la circulation porte (circulation qui ne repasse pas dans le cœur : le sang afflue directement des intestins vers le foie).Ces sels biliaires subissent des réactions et seront utilisés à nouveau par la suite.

Stockage du cholestérol

Il n’existe pas d’organes de stockage du cholestérol (si ce n’est un peu le foie et le tissu adipeux). Si bien que toute synthèse excessive ou tout apport excessif de cholestérol sont dangereux pour l’organisme car il se déposera dans les tissus (plaque d’athérosclérose, cf. plus bas).

Les Lipoprotéines de transport

Les lipoprotéines sont des molécules clés quand on évoque le cholestérol. Comme dit précédemment, le cholestérol ne circule pas dans le sang à l’état libre. Il est rattaché à des lipo-protéines qui permettent le transport de lipides. Et c’est ce que l’on dose lorsqu’on fait un bilan sanguin.

Le tableau suivant vous indique les différents types de lipoprotéines.

Il existe d’autres types de lipoprotéines, mais en quantité moindre. La classification des lipoprotéines se font en fonction du type de molécule transportée ainsi qu’en fonction de leur densité.

Les différents types de lipoprotéines

Chaque lipoprotéine est constituée d’une partie riche en lipide et une partie gluco-protéique (appelé « apolipoprotéine »).

Les LDL cholestérol

70% du cholestérol du plasma est localisé sur les LDL. Les LDL transportent le cholestérol du foie vers les cellules périphériques ainsi que le foie. Les cellules utilisatrices de cholestérol (muscle lisse vasculaire, glandes à hormones stéroïdiennes, tissu nerveux…) possèdent des récepteurs aux LDL, qui reconnaissent l’apo-protéine du LDL (généralement, il s’agit  de l’apo-protéine B ou E).

La libération du cholestérol

Puis, l’ensemble apoprotéine/cholestérol entre dans la cellule (internalisation) où la protéine est digérée par des organites de la cellule (les lysosomes), ce qui libère le cholestérol. Ensuite, celui-ci sera utilisé pour la membrane cellulaire, ou pour synthétiser des hormones dans les glandes endocrines ou soit subir une réaction d’estérification (réaction chimique). En effet, une accumulation de cholestérol dans la cellule est dangereuse pour celle-ci. La distribution de cholestérol par les LDL ainsi que la synthèse intracellulaire de cholestérol sont soumises à des régulations très strictes.

C’est ainsi que les cellules du foie (hépatocyte) récupèrent 70% des LDL, et le reste est récupéré par les autres cellules nécessitant du cholestérol.

Les HDL cholestérol

Les HDL plasmatiques proviennent de différents organes (foie, intestin). Il existe différents types de HDL (4 classes : HDL1, HDL2, HDL3, et les VLDL). Et les HDL ont plusieurs fonctions : - Ils interviennent dans le métabolisme des lipides, et ils récupèrent après la lipolyse des particules de cholestérol notamment ; - Ils « désencrassent » les cellules de cholestérol via plusieurs étapes : Récusation du cholestérol des tissus ; Pour une estérification du cholestérol ; Et enfin ramener le cholestérol au foie en vue d’une épuration (synthèse de sels biliaires). HDL 2 semble être la lipoprotéine la plus efficace car elle débarrasse l’excès de cholestérol.

Les HDL ont donc le rôle d’épuration du cholestérol, on les nomme « bon cholestérol ».

Pour aller plus loin :

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/maladies-chroniques/2017/10/30/faut-il-se-mefier-du-bon-cholesterol/

Comment vérifier si on a du cholestérol ?

Très régulièrement, il est important de suivre les données sanguines en lien avec le cholestérol.  Aussi, la mesure du cholestérol vérifie : - Le taux de cholestérol total ( HDL et LDL). On considère que ce taux total est « normal » lorsqu’il est inférieur à 2-2.2g/L en moyenne. - Le taux de cholestérol LDL doit, quant-à-lui, ne pas dépasser 1,6 g/L (mais ce chiffre est à moduler suivant différents facteurs comme l’âge, le sexe, l’indice de masse corporelle - Enfin, pour une protection du cœur optimale, le taux de cholestérol HDL doit être supérieur à 0,45-0,5 g/L.

Sources

- Sorbonne Université, - Fédération française de cardiologie, - Eureka santé Vidal, - Biochimie-Physiologie, Marlène Frénot, Ministère de l’éducation nationale (CNED), textes 6-8. 2009. - Physiopathologie, Cristian Carip et Véronique Liégeois, Editions Tec et Doc, 2003. - Bases physiopathologiques de la diététique, Jean-Claude Gandonnière et Françoise Cinquin, Centre National d’enseignement à distance, BTS Diététique 2eme année. 2012

Grâce à la nutrigénomique, les chercheurs pourront adapter la quantité de nutriments et de micronutriments dont chacun a besoin. Ce progrès majeur pourrait prévenir certaines maladies métaboliques comme le diabète grâce à la personnalisation du profil alimentaire. Décryptage.

La nutrigénomique en question

D'après l'INRA, la nutrigénomique « étudie les effets des nutriments et des micronutriments sur l’expression des gènes, ceci dans le but d’expliquer les effets de ces molécules sur notre métabolisme, sur notre santé ». Autrement ditla nutrigénomique a deux objectifs : 1 - Elle analyse les effets des composants alimentaires sur le génome (ensemble de nos chromosomes et de nos gènes) d'une personne. L'absorption, le transport et l'élimination des nutriments impliquent certains de nos gènes, et c'est là toute la recherche de la nutrigénomique ; 2 - Elle étudie également les facteurs génétiques influençant la manière dont une personne réagit à une alimentation particulière ou à un régime. Dans ce cas, on parle de nutrigénétique : un champ plus restreint qui se limite aux facteurs génétiques individuels et leur influence sur les réactions d'un individu à l'alimentation.

Pour ne plus confondre :

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/recherche/innovation/2018/09/20/la-nutrigenetique-quand-notre-profil-genetique-definira-notre-regime-alimentaire/

Un exemple concret de l'intérêt de la nutrigénomique :

Vous et votre moitié souhaitez diminuer votre taux de cholestérol. Vous décidez alors de suivre un régime particulier. À trois mois, votre taux de cholestérol a connu une baisse conséquente, mais pas votre moitié. C'est là qu'interviendrait la nutrigénomique. Elle pourrait permettre de déterminer les variantes des gènes déclenchant une réaction positive et donc de proposer des conseils nutritionnels aux personnes chez qui l'effet serait avéré, afin d'optimiser le suivi nutritionnel.

Les 5 grandes promesses de la nutrigénomique

La nutrigénomique nous ferait presque rêver à monts et merveilles. En effet, les applications à venir de la nutrigénomique pourraient :

1 - Remplacer ou accompagner les médicaments

Il s'agit d'identifier les aliments et composants alimentaires permettant de traiter ou d'améliorer le traitement d'une maladie. Ces composants pourraient accompagner un traitement médicamenteux ou mieux, le remplacer. Il serait fondamental d'écarter en amont toute prédisposition ou caractéristique génétique individuelle.

2 - Prévenir l'apparition de maladies

Une grande promesse de la nutrigénomique. En effet, si le monde de la recherche parvenait à comprendre les mécanismes qui régissent les interactions entre le génome et l'alimentation et leurs liens avec la santé, alors il serait possible de prévenir l'apparition de certaines maladies.

3 - Traiter les susceptibilités et les prédispositions génétiques

Adapter voire personnaliser le régime alimentaire de personnes dont la probabilité de voir apparaitre des maladies génétiques est élevée. Cette approche personnalisée permettrait de prescrire une alimentation particulière, ou de l'adapter, à une personne certes en bonne santé, mais dont les prédispositions génétiques sont préoccupantes.

4 - Créer et développer de nouveaux produits alimentaires pour améliorer notre santé

Afin de prévenir un déséquilibre de l'état de santé général, l'emploi d'aliments dits fonctionnels (qui renferment des éléments bénéfiques pour la santé autres que leurs propres propriétés nutritionnelles de base) ou de produits nutraceutiques (composants extraits d'un aliment fonctionnel, disponible sous forme de pilules ou de poudre) pourrait être une solution. Ainsi, certains aliments concentrés en certains nutriments seraient développés pour le maintien en bonne santé de tous.

5 - Améliorer nos performances

Identifier les ingrédients responsables de nos performances permettrait de les moduler. Dès lors, augmenter nos capacités physiques voire même intellectuelles ne relèverait plus de l'impossible.

Face à de telles promesses, on ne peut qu'être sceptique quant aux possibilités de réalisation desdites promesses. Néanmoins, à ce jour, la recherche confirme déjà l'impact de l'alimentation sur les gènes de chacun, favorisant de fait le risque de développer certaines maladies.

Quels nutriments pour la nutrigénomique ?

L'essor de la nutrigénomique est tel que certaines entreprises privées développent des tests génétiques afin de tenter d'élucider la manière dont les nutriments, les micronutriments et autres composants alimentaires influencent l’expression du génome. Sont déjà à l'étude les acides gras, le sodium, la vitamine C, le folate, le lycopène, le bêta-carotène...

Et les chercheurs ont déjà prouvé leur rôle sur le foie ou l’activité musculaire par exemple. Ils cherchent désormais à définir comment une alimentation ciblée autour de ces micronutriments pourrait empêcher ou prévenir une maladie chronique comme le diabète. « Il y a des groupes de populations, principalement les jeunes et les personnes âgées, qui peuvent avoir des carences importantes, explique Walter Wahli, professeur en endocrinologie à Lausanne dans les colonnes de Planète Santé. Leur organisme ne reçoit pas ou ne retient pas assez de micronutriments régulateurs. (…) On s’apercevra très probablement qu’un apport de combinaisons micronutritionnelles est plus bénéfique qu’un seul micronutriment à haute dose. Mais les situations sont différentes d’un individu à l’autre. Et c’est bien là ce que cherche à démontrer la nutrigénomique: il s’agit de prendre en considération les caractéristiques propres de chaque individu et d’offrir des apports nutritionnels spécifiques et ciblés ».

Pour en savoir plus :

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/a-table/alimentation-sante/2018/07/12/macro-et-micronutriments/

Un avenir prometteur et des preuves attendues pour la nutrigénomique

La nutrigénomique, en Europe, reste encore du domaine de la recherche, même si celle-ci avance. L’union Européenne a financé un projet de recherche intitulé Food4Me  qui a étudié la relation entre l’alimentation et le patrimoine génétique de 1 200 personnes répartis en trois groupes distincts. « En moyenne, les groupes de nutrition personnalisée ont toujours obtenu de meilleurs résultats en termes d’amélioration des apports alimentaires par rapport au groupe de contrôle, indépendamment du niveau de conseils », souligne le Conseil Européen de l'Information sur l'Alimentation (EUFIC) .

Actuellement, les conseils nutritionnels sont certes personnalisés et prennent en compte le patrimoine génétique via les antécédents familiaux mais n'évaluent pas pour autant notre génome dans toute sa spécificité.

Contenu relu et validé par une diététicienne WeCook.

Sources :

- La nutrigénomique dans votre assiette de W. Wahli et N. Constantin, édition De Boeck. - « Les promesses de la nutrigénomique », Université de Montréal, Programme de bioéthique, Département de médecine sociale et préventive. - « Les nouveaux apports de la science et de la technologie à la qualité et à la sûreté des aliments », Sénat.

On entend beaucoup parler des perturbateurs endocriniens et de leurs effets néfastes sur l'organisme. LQDP a découvert l'ouvrage Les perturbateurs endocriniens : comment affectent-ils notre santé au quotidien, une pépite qui remet les pendules à l'heure. Décryptage.

Qu'est-ce qu'un perturbateur endocrinien ?

La notion de perturbateur endocrinien (PE) date des années 1990. Elle est le résultat de diverses observations épidémiologiques. Un exemple : dans les années 60, certaines futures mamans ont pris du distilbène - médicament pour éviter les fausses couches. Résultat : cancers gynécologiques rares chez certaines de leurs filles.

En 2002, l’Organisation Mondiale de la Santé propose une définition afin de qualifier ces PE. Il s’agit d’«une substance ou d'un mélange de substances, qui altère les fonctions du système endocrinien et, de ce fait, induit des effets néfastes dans un organisme intact, chez sa progéniture ou au sein de (sous)-populations ». En d’autres termes, les PE sont des molécules issues notamment d’aliments que l’on ingère. Une fois absorbées, elles viennent perturber notre milieu intérieur en interfèrant dans le métabolisme des hormones. Le système endocrinien décrit les organes qui sécrètent les hormones (molécules qui portent des messages d’un organe à l’autre). Les principaux organes endocriniens sont les ovaires, le pancréas, l'hypophyse…

Le danger des PE sur le système endocrinien

Ils sont malheureusement étendus et nombreux :

• Mimétisme d'une action d’une hormone naturelle et entraînant ainsi la réponse due à cette hormone ; • Impossibilité pour une hormone de se fixer à son récepteur et bloquant ainsi la transmission du signal hormonal ; • Perturbation de la production ou de la régulation des hormones ou de leurs récepteurs.

Dès lors, plusieurs observations ont été faites : - La consommation de PE induit une réponse à de très faibles concentrations ; - L’effet néfaste des PE dépend du moment d’exposition : certaines périodes de la vie nous rendent plus fragiles et plus susceptibles face au PE (c’est ce qu’on appelle des fenêtres de susceptibilité). Chez l’humain, ces moments de vulnérabilité correspondent à des périodes de développement et de fortes activités hormonales (vie intra-utérine, puberté notamment) ; - Les effets des PE peuvent prendre du temps : la dose absorbée à un moment de notre vie provoquera un effet quelques années plus tard ; - Ils ont un effet « cocktail » : une substance prise isolément n’aura pas peut être pas d’effet, mais pris en mélange avec d’autres molécules, il y aura alors un effet.

Les sources des perturbateurs endocriniens

Des produits chimiques synthétiques (bisphénol A, parabène, pesticides organochlorés, etc…) sont des perturbateurs endocriniens. Citons également, les hormones de synthèses utilisées comme traitements médicamenteux. De même, le mercure, résidus de pesticides, myco-toxine ou phyto-oestrogènes : tous ces composés sont considérés comme PE car ils interagissent avec le système hormonal. L’exposition peut se faire dans l’environnement quotidien (air, eau, alimentation), via des produits qu’on utilise tous les jours (contenant plastique, produits d’hygiène et de beauté…) ainsi que dans certaines situations professionnelles imposant une politique de gestion des risques.

Dans l’alimentation, de nombreux aliments sont incriminés :

- Les poissons gras contiennent du méthyl-mercure qui sont des perturbateurs endocriniens ; - Les pesticides qu’on peut retrouver dans des fruits, des légumes, des céréales ; - Des denrées contaminées qui ont moisi, et qui développent des myco-toxines (céréales, fruits, amandes, noix, lait, œuf, viandes, abats, volailles, etc…) - Les oestrogènes présents dans le soja sont également connus pour être des perturbateurs endocriniens. Donc tous les aliments à base de soja peuvent contenir des PE, mais également les produits industriels qui contiennent souvent du soja (sous forme de flocons dans les steaks hachés, les boulettes de viandes, les brownies, etc…) - Les emballages des aliments. N’avez jamais entendu parler du bisphénol A présent dans les plastiques d’emballages ? Cette molécule peut migrer de l’emballage vers la denrée alimentaire, et nous exposer à des doses relativement importantes. Ce composé est interdit depuis 2015 en France.

Pour aller plus loin :

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/a-table/consommation/2017/11/17/du-poison-dans-nos-assiettes-au-nom-des-omega-3/

Quels sont les effets des perturbateurs endocriniens sur la santé ?

Les effets des perturbateurs endocriniens sont divers : - Les perturbateurs endocriniens semblent être associés à une augmentation des maladies chroniques, comme le diabète de type 2. - Ils diminuent la fertilité : on observe en effet de plus en plus d’anomalies génitales chez les jeunes enfants, les cancers des appareils génitaux augmentent également, à la fois chez l’homme et chez la femme. De plus en plus d’études suggèrent un lien fort entre la consommation de PE et ce type de maladies - L’ingestion de PE semble également associée à une augmentation de différents types de cancers (sein, endomètre, ovaires, prostate, thyroïde - Plus d’une 20aine de PE sont « obésogènes », c’est-à-dire que ce sont des substances capables d’augmenter la susceptibilité d’un individu à développer une obésité via une altération du métabolisme des lipides ». Par exemple, le bisphénol A est une molécule obésogène.

Comment se protéger de toutes ces molécules ?

L’article n’a pas pour but d’être alarmiste. Certes le danger existe, mais il est possible d’éviter de (trop) s’exposer à ces molécules. Il est possible d’agir, et ce sur plusieurs niveaux :

Les organismes publics

Depuis 2005, le gouvernement français a lancé deux programmes nationaux de recherches sur les perturbateurs endocriniens, afin de mieux connaître ces molécules et de limiter l’exposition à celles-ci. Par ailleurs, l’ANSES est en charge de veiller à l’utilisation de ces molécules dans les aliments ; alors que l’ANSM veille au niveau des produits de beauté et des médicaments. Enfin, une biosurveillance est effectuée par l’ANSP (agence nationale de santé publique).

Et moi, que puis-je faire ?

Etant donné que des PE sont présents dans les pesticides, idéalement vous pourriez vous tourner vers des produits issus de l’agriculture biologique. Pour cela, privilégiez les produits marqués « AB » (pour agriculture biologique). Vous pouvez choisir tous les aliments biologiques : fruits et légumes, mais également viandes, œufs, poissons, etc…

Si vous ne voulez pas acheter vos produits bios, voici quelques pistes pour limiter tout de même votre exposition aux PE :

- Lavez et épluchez vos fruits et légumes ; - Choisissez des viandes, poissons peu gras : les PE ont tendance à s’accumuler dans les graisses ; - Retirez la peau des poissons gras ; - Réduisez votre consommation de produits transformés et sur-emballés ! Cuisinez des produits frais et bruts ;

Pour aller plus loin :

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/a-table/bien-manger/aliments/2018/06/27/aliments-ultra-transformes-aut/

- Privilégiez les emballages en verre, acier inoxydable ou céramique ; - Evitez de chauffer les emballages plastiques : à l’heure actuelle, il est encore difficile d’identifier les emballages contenant des PE, même si de plus en plus de surveillance est mise en place. Regardez sous les contenants en plastique et évitez les contenants marqués 3 (présence à priori de phtalates), 6 (polystyrène contenant su styrène et avant 2015 avec du bisphénol A), et le 7 (présence de polycarbonate). Et encore une fois : ne les chauffez pas ! - Jetez vos poêles et casseroles avec un revêtement antiadhésif abimé. Préférez des ustensiles de cuisine en fonte ou en émail - Si vous consommez l’eau du robinet, renseignez-vous sur sa qualité en vous adressant à la mairie ; - Veillez au produit de beauté que vous utilisez. Si vous voulez bien faire, privilégiez des produits éco-labellisés. Ou bien limitez l’usage de maquillage.

Et de façon plus générale :

- Dès lors que vous avez un objet neuf (voiture, mobilier, téléphone, etc…), aérez les au maximum : ils contiennent des retardateurs de flamme susceptibles de contenir des PE. - Attention aux produits ménagers ! Vérifiez leur composition auprès des fabricants, et privilégiez ceux qui indiquent un moindre impact sur l’environnement

Toutes ces indications sont valables pour toute personne, mais ceci est d’autant plus vrai pour les femmes enceintes, les enfants et adolescents !

Sources

- ANSES, - INSERM, - INRA, - Le Figaro.