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Les fêtes approchent à grands pas et, comme chaque année, les excès vont faire partie des festivités. Profitez des quelques jours restants pour reposer votre organisme grâce à 5 astuces pour un microbiote au top avant le réveillon.

1 - Oubliez l'apéro quelques jours

Difficile de renoncer au verre de vin lors du dîner, nous en avons conscience. Mais un petit effort s'impose car, lors des fêtes, vous boirez bien plus que de coutume. Votre organisme a besoin de repos afin d'être en pleine forme pour le réveillon. Si nous savons que l'alcool tue notre foie à petit feu, une étude menée sur plus de 1 000 sujets a révélé que les personnes qui buvaient plus d'un verre d'alcool par jour avaient un microbiote déséquilibré. Les lactobacilles étaient de fait moins représentées, ces bactéries ayant un effet anti-inflammatoire.

Pour en savoir plus sur cette étude

2 - Enfilez vos baskets

Le froid ne vous donne sans doute pas envie d'aller faire un footing matinal. Pourtant, le sport fait le plus grand bien à votre corps (comme si vous l'ignoriez...). Bon pour le cœur, le capital musculaire ou encore la gestion du stress. Mais les études faites sur les souris puis sur les hommes révèlent que la pratique d'une activité physique régulière influence la composition et l'activité du microbiote intestinal. Dans lesdites études, les sujets ne faisant pas de sport étaient davantage concernés par l'inflammation et résistaient moins aux dommages tissulaires. Et le microbiote des sujets sédentaires contenait moins de butyrate, un acide gras à chaîne courte favorisant entre autres une meilleure absorption intestinale.

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/recherche/etudes-et-experimentations/2018/07/19/bienfaits-sport-sur-microbiote-intestinal/

3 - Allégez votre assiette

Vous le savez, les fêtes signifient un apport considérable et continu de graisses et de sucres. Résultat ? Votre microbiote intestinal risque d'être détraqué jusqu'en 2019, provoquant inconfort digestif et petite crise de foie. Lors d’un régime trop riche en graisses par exemple, la production de peptides chute et le mucus s’affineaffaiblissant ainsi nos défenses antimicrobiennes. Mais ce n’est pas tout. L’intestin grêle subit lui aussi des modifications, il devient plus perméable.

Il s'agit donc d'agir de manière préventive. Délaissez quelques jours durant les plats préparés, les passages au fast-food et le muffin triple chocolat de la boulangerie d'en bas. Prenez le temps de cuisiner des légumes frais, emportez des fruits au bureau pour ne plus craquer pour ce terrible muffin et favorisez les céréales complètes.

Comprenez pourquoi le sucre vous fait du mal

4 - Délaissez un peu la viande

Lors des fêtes de fin d'année, nous consommons bien plus de produits carnés que de coutume et notre microbiote de nourrit de ce que nous ingérons. Les fêtes sont donc un moment particulièrement éprouvant pour le microbiote. L'Université de Harvard s'est d'ailleurs interrogée sur les effets d'une alimentation riche en protéines animales sur le microbiote intestinal. Les résultats sont édifiants. Les bactéries pro-inflammatoires (Bacteroides, Alistipes, Bilophila) augmentent en fonction de la consommation de viande. En fait, le principal responsable de la dysbiose de votre microbiote est le fer ! En effet, un apport excessif en fer favorise la pro-oxydation et la croissance des micro-organismes pathogènes en cause dans l'inflammation. Et, soit dit en passant, l'inflammation du microbiote est un facteur de surpoids, de diabète et accroît le risque de maladies cardio-vasculaires.

5 - Et faites le plein de légumineuses

Les légumineuses contiennent beaucoup de fibres (jusqu'à 25% de leur poids) que les enzymes digestives ne peuvent pas dégrader. Les fibres contenues dans les légumineuses traversent donc le tube digestif pour atteindre le côlon. Là, le microbiote intestinal va prendre le relais et faire fermenter lesdites fibres. La fermentation va induire la production d'acides gras à chaîne courte comme le butyrate. Le butyrate, outre une meilleure absorption intestinale, va renforcer l'intégrité de la barrière intestinale en réduisant la perméabilité de l'intestin et en augmentant la production de mucus. Alors, n'hésitez pas et garnissez vos assiettes de lentilles, pois chiches, haricots, pois...

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/a-table/bien-manger/aliments/2018/06/19/la-faim-des-haricots-2016-annee-internationale-des-legumineuses/

Contenu relu et validé par une diététicienne WeCook.

Sources

- Xiaozhou Fan et al., « Drinking alcohol is associated with variation in the human oral microbiome in a large study of American adults. », Microbiome, 6 (59), avril 2018, - J. A. Woods et al., « Exercise training-induced modification of the gut microbiota persists after microbiota colonization and attenuates the response to chemically-induced colitis in gnotobiotic mice. », Gut Microbes, mars 2018, 9(2), p. 115-130, - J. A. Woods et al., « Exercise Alters Gut Microbiota Composition and Function in Lean and Obese Humans. », Medicine & Science in Sports & Exercise, avril 2018, 50(4), p. 747-757, - Agriculture et Agroalimentaire Canada.

 

 

Votre passage à la selle est si rare que lorsqu’il arrive enfin il est source d’un bonheur sans précédent ? Vous enviez vos amis qui vont chaque jour faire la grosse commission ? Aujourd’hui LQDP va vous libérer grâce à 6 super-aliments contre la constipation.

Les 6 super-aliments contre la constipation

1- Les légumes secs

Ce n'est peut-être pas votre mets préféré mais si ça coince, il va falloir faire le plein de lentilles, fèves, haricots (blancs ou rouges) ou encore de pois chiches. En effet, les légumes secs contiennent jusqu'à 15% de fibres végétales qui permettent de réguler nos troubles du transit. Si vous jetez votre dévolu sur les haricots, faites-les bien cuire et mastiquez car il s'agit de légumes très riches en fibres non digestibles et irritantes.

2 - Les légumes verts (en particulier, les feuillus)

Cela ne va pas ravir toutes les papilles mais les épinards, le fenouil, les petits pois, les artichauts ou encore le céleri devraient accélérer votre transit. Si l'idée de les cuisiner vous incommode, pensez au jus de légumes...

Le fenouil peut être particulièrement judicieux afin de mettre fin à vos troubles intestinaux car il contient de la cellulose et des pectines, tous deux contribuant au fonctionnement optimal de votre transit.

Vous pouvez en outre faire une cure de crudités, néanmoins allez-y doucement. Les crudités peuvent irriter le côlon, provoquant donc des ballonnements.

3 Les fruits à haute teneur en fibres

Presque tous les fruits frais vont faciliter votre transit. Faites néanmoins l'impasse sur la banane mais n'hésitez pas à vous jeter sur les pommes, les poires, le kiwi, les prunes ou encore les framboises selon la saison. En effet, au retour des beaux jours, ne vous retenez pas si vous avez envie de framboises, majoritairement composées de cellulose, donc particulièrement utiles contre la constipation. Vous pouvez aussi faire le plein de prunes ou de pruneaux, riches en sorbitol et en pectine, tous deux accélérant le transit.

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/a-table/bien-manger/aliments/2018/11/27/fibres-alimentaires/

4 - Les graines de lin

Ces graines souvent peu reconnues constituent une excellente source de fibres, permettant à vos selles de gagner du volume pour traverser vos intestins. Elles n'ont pas un goût vraiment prononcé donc vous pouvez aisément les ajouter à certaines de vos recettes (les smoothies par exemples). N'hésitez pas à les mélanger au son ou aux flacons d'avoine pour un effet laxatif maximal.

Tout savoir sur les graines de lin

5 - L'eau de coco

L’eau de coco peut laisser un souvenir impérissable pour les personnes en proie à la constipation. L'eau de coco et ses enzymes bioactives vont favoriser la régularité de votre transit et vous inviter à la selle plus souvent, bien plus souvent, et parfois même en courant.

6 - Les probiotiques

Certaines souches de probiotiques, ces bonnes bactéries intestinales, vont permettre d'équilibrer votre microbiote. Les études sont encore trop limitées pour clamer haut et fort que les probiotiques vous permettront forcément d'aller à la selle. Néanmoins, une étude s'est démarquée et a révélé que les souches Bifidobacterium animalis DN-173 010, Lactobacillus delbrueckii bulgaricus, Streptococcus salivarius thermophilus accéléraient le transit intestinal.

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/2018/03/23/3-conseils-pour-lutter-contre-la-constipation/

Contenu relu et validé par une diététicienne WeCook.

Jusqu’à 80 % des patients dissimulent, de manière intentionnelle, des informations importantes à leur médecin. C’est le résultat d’une enquête qui vient d’être publiée par la revue américiane JAMA Network Open. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est urgent de rétablir la confiance des patients en leurs médecins ! Et si le bon médecin était celui qui nous donne envie de parler vrai ? Enquête.

Pourquoi tous les patients mentent à leur médecins ?

Par peur du diagnostic

C’est la politique de l’autruche. Une mammographie ? Une coloscopie ? Un test VIH ? Surtout pas ! Ces examens pourraient être porteurs de mauvaises nouvelles. Cependant, cette peur du résultat peut mettre en danger la santé, voire la vie du patient. La plupart des pathologies, en effet, doivent être traitées le plus tôt possible. Par exemple, en cas de risque de transmission du VIH, le traitement antirétroviral est à prendre dans les quarante-huit heures.

Par honte

Difficile, pour certaines, d’avouer à leur gynéco une relation extra-conjugale, de surcroît, non protégée ; difficile, pour d’autres, d’évoquer des troubles d’érection avec son médecin de famille… Le patient redoute un discours moralisateur du médecin ou craint de passer pour un patient à problèmes, source de perte de temps… Écrivain et médecin, Martin Winckler, auteur de La Maladie de Sachs d’affirmer : « un cabinet médical n'est pas un tribunal. La pudeur et la hantise d’être sermonné doivent rester dans la salle d’attente. Aux femmes de surmonter cette appréhension et d’avouer que, en dépit d’une grossesse, elles ont tendance à boire un peu pour se détendre. »

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/2018/03/27/a-notre-premier-sondage-vous-avez-repondu/

Par intérêt

Pour se faire prescrire un diurétique (ou un anti-dépresseur), certaines patientes sont prêtes à tout. Surtout à l’approche des beaux jours ! En effet, certains de ces médicaments auraient un effet coupe-faim et aideraient à perdre les quelques kilos « en trop » avant l’épreuve du maillot. Certains médecins ne sont pas dupes ! Mais ils savent aussi qu’internet est un pharmacien anonyme bien pratique… Certains simulent ou exagèrent : « J'accentue ma douleur pour qu'il comprenne que j'ai vraiment mal. »  explique un patient. « Comme ça, je suis sûr qu'il fera vraiment quelque chose. »

Par affection

Pour ne pas froisser son médecin de famille, certains patients omettent de leur dire qu’ils consultent, en parallèle, un ostéopathe ou un acupuncteur… et continuent à se faire prescrire un anti-inflammatoire qu’ils ne prennent pas… Moindre mal ! Mais il en est autrement des interactions entre traitements allopathiques classiques et compléments alimentaires, plantes, huiles essentielles… « Ce n’est pas parce que c’est naturel que c’est inoffensif », rappelle Bérengère Arnal-Schnebelen, responsable du diplôme universitaire de phytothérapie à l’université de Paris-XIII, gynécologue obstétricienne. Lorsqu’un patient souhaite un deuxième avis, il est fréquent que le médecin à l’origine du diagnostic n’en soit pas averti. Au détriment même de la santé du patient.

Par désaccord

De nombreux patients ont délibérément dissimulé des informations importantes à leurs cliniciens et étaient le plus susceptibles de le faire lorsqu'ils ont désapprouvé ou mal compris les instructions de leur clinicien. Une meilleure compréhension de la manière d’améliorer la confiance des patients dans la communication de ces informations pourrait améliorer la relation entre le patient et son médecin et les soins prodigués au patient.

https://le-quotidien-du-patient.fr/special/2018/02/12/pendant-40-ans-les-medecins-ne-mont-pas-pris-au-serieux-temoignages-sur-lerrance-diagnostique/

Les professionnels de santé et la pédagogie

La politique actuelle de santé va t-elle contribuer à améliorer la situation ? Pas sûr. La raréfaction des médecins généralistes et la diminution du temps de consultation n'arrangeront sûrement pas la relation patients-médecins.

La télémédecine pourrait être une des solutions. Dégagé de certaines tâches ou examens, le médecin aura davantage de temps pour justifier le choix du traitement et expliquer l'importance des soins apportés.

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/tous-pour-un/2018/10/11/teleconsultation/

Sources

Prévalence et facteurs associés à la non-divulgation par les patients de renseignements médicalement pertinents aux cliniciens.

 

La recherche essaie d'élucider depuis des années déjà le rapport entre le déséquilibre du microbiote et le syndrome de l'intestin irritable. En novembre la revue Neurogatroenterology & Motility a actualisé les informations que nous vous avions communiqué sur ce sujet. Les probiotiques reviennent sur le devant de la scène... Explications.

Déséquilibre du microbiote et syndrome de l'intestin irritable

La dysbiose intestinale, ou déséquilibre, est maintenant avérée dans la physiopathologie du SII. Pour rappel, la maladie se déclare chez 10% des malades après un épisode infectieux (SII Post-Infection). Une seconde preuve de la dysbiose dans le SII est la présence dans les selles des malades de marqueurs immunitaires spécifiques de bactéries pathogènes. Enfin, les études se multiplient démontrant la variation quantitative et qualitative du microbiote fécal des malades SII par rapport aux témoins sains.

La principale signature de la dysbiose typique du SII est l’augmentation du ratio entre les phyla Firmicutes/Bacteroides. Les espèces bactériennes pro-inflammatoires comme Enterobacteraicea sont plus abondantes tandis que les Lactobacillus ou les Bifidobacterium sont diminuées.

Les bactéries du genre Ruminococcus sont abondantes chez les patients SII ; ce pourrait être un biomarqueur de la maladie.

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/maladies-chroniques/2018/02/20/le-sii-est-une-maladie-chronique-et-taboue-qui-empoisonne-la-vie-de-tous-ceux-qui-en-sont-atteints-parlons-en/

Les probiotiques au secours d'un microbiote déséquilibré chez les patients SII ?

Les probiotiques sont « des micro-organismes vivants, qui administrés dans les quantités adéquates apportent des bénéfices santé à leur hôte » (définition FAO). Plusieurs mécanismes sont aujourd’hui proposés pour expliquer les interactions et les mécanismes d’action qui entrent en jeu.

En 2018, l’équipe du professeur Keren Hod a décidé d’étudier l’administration d’un mélange spécifique de probiotiques (BIO25) sur une population de 107 femmes souffrant de SII-D. Même si cette étude n’a pas permis de conclure sur l’effet thérapeutique des probiotiques, elle a permis d’identifier des facteurs de prédiction très intéressants. Les sujets ayant constaté une diminution de la douleur et des ballonnements avaient une « signature » particulière de leur microbiote fécal.

L’efficacité des probiotiques en traitement du SII pourrait donc être déduite de certains facteurs prédictifs grâce à l’analyse du microbiote fécal.

Les probiotiques seraient donc une alternative thérapeutique d’intérêt pour les malades SII en vue de corriger la dysbiose. Plusieurs souches de Ruminococcus ou de Lactobacillus ont été testées ; les résultats sont encourageants mais ils demeurent insuffisants pour tirer des conclusions. D’autres études doivent encore être menées.

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/recherche/etudes-et-experimentations/2018/10/30/les-probiotiques-pas-efficaces-chez-tout-le-monde/

Quels sont les modes d’action des probiotiques chez les malades SII ?

Les probiotiques peuvent agir sur plusieurs mécanismes physiopathologiques du SII : la modulation de la motilité intestinale, la réduction de l’hypersensibilité viscérale, la perméabilité intestinale, la réponse immunitaire, la communication de l’axe cerveau-intestin ou la dysbiose intestinale. Le professeur Vassilia Théodorou nous a fourni des explications et des pistes sur les probiotiques efficaces sur la perméabilité et l’hypersensibilité viscérale (Lactobacillus farciminis et Lactobacillus platarum WCFS). D’autres souches de Lactobacillus mais aussi Escherichia coli Nissle 1917 auraient une action anti-inflammatoire voire, pour cette dernière, rétablirait la barrière intestinale.

Récemment la souche Bifidobacterium longum NCC3001 a démontré une efficacité sur les scores de dépression (mais pas d’anxiété) de patients SII-D confirmant ainsi l’importance de l’axe cerveau-intestin dans cette maladie.

Peut-on prédire l’efficacité d’un traitement probiotique ?

Au final, peu d’études ont permis d’identifier des souches qui répondent aux besoins thérapeutiques du SII. L’effet placebo est à chaque fois avancé comme explication mais une autre explication, plus proche de la réalité de la maladie, est l’hétérogénéité tant physiopathologique que clinique du SII.

Le sous-type de SII (Diarrhées, Constipation, Mixte ou Indéfini) devrait permettre de mieux cibler les souches appropriées. D’autres critères tels que les traitements (anti-diarrhéique, laxatif ou séquestrant des acides biliaires) doivent pris en considération. Enfin, des biomarqueurs de la dysbiose doivent être intégrés pour identifier les malades ayant le plus de chance de répondre au traitement probiotique.

Récemment, le régime alimentaire a fait son introduction dans l’arsenal thérapeutique du SII. Certains malades ne répondent pas au régime pauvre en FODMAPs. L’analyse de leur microbiote fécal avant la mise en place du régime montre que les bactéries Streptococcus, Dorea et Ruminococcus gnavus sont très abondantes. Ce « profil » pourrait être un facteur prédictif avant tout changement alimentaire du malade.

Quand on souffre de SII, on ne peut se contenter d’un traitement « Prêt-à-porter »… C’est de la « Haute Couture », du « Sur-Mesure » dont on a besoin !

Du même auteur :

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/au-vert/culture/livres/2018/10/29/lqdp-edition-syndrome-intestin-irritable/

Sources

- Barbara et al.« Probiotics in irritable bowel syndrome- Where are we ? », Neurogastroenterol Motil., décembre 2018, 30 (12), - Hod et al.« The effect of a multispecies probiotic on microbiota composition in a clinical trial of patients with diarrhea‐predominant irritable bowel syndrome », Neurogastroenterol Motil., décembre 2018, 30 (12), - Ford  et al.« Systematic review with meta-analysis: the efficacy of prebiotics, probiotics, synbiotics and antibiotics in irritable bowel syndrome. », Aliment Pharmacol Ther., novembre 2018, 48 (10), 1044-1060, - Le syndrome de l'intestin irritable - Comment l'identifier et le combattre ? Severine Gailler Legendre, Jonathan Epaillard, - Comment suivre une alimentation sans FODMAPs sans galérer ? Béatrice Housez-fevrier.

Puisqu’on vous dit que le microbiote est partout ! PARTOUT ! Autant pouvons-nous nous douter que le microbiote influe sur le système digestif : c’est cohérent. Mais le microbiote peut-il influer sur des maladies métaboliques ? Diabète et microbiote ont-ils un lien ? Eh bien des études expérimentales le prouvent ! Et cela donne des pistes intéressantes pour cibler les soins en fonction du microbiote du diabétique.

Des bactéries impliquées dans la résistance à l’insuline : les études expérimentales

Depuis quelques années, les chercheurs tentent de comprendre si un lien existe entre le microbiote intestinal et le diabète de type 2. Et quelques études sont prometteuses. Chez les personnes diabétiques ou pré-diabétiques, un taux élevé d’acides aminés branchés ou ramifiés (BCAA) est retrouvé. Ce taux est systématiquement corrélé avec une insulino-résistance. Une analyse du microbiote met en évidence 4 espèces microbiennes impliquées dans la synthèse ou l’utilisation de ces BCAA : Prevotella copri, Bacteroides vulgatus , Butyrivibrio crossotus et Eubacterium siraeum.

Pourquoi la découverte des BCAA n’a pas été explorée beaucoup plus tôt ? Chez le patient sain, certaines bactéries fabriquent ces acides aminés qui sont tout de suite utilisés par d’autres bactéries. Le bilan est « nul », et donc cela est presque indétectable chez ces sujets. En revanche, ce n’est pas le cas chez les patients atteints de type 2 : il existe un déséquilibre entre la fabrication et l’utilisation de ces BCAA. Le bilan n’est plus nul et la concentration en BCAA augmente.

Diabète et microbiote : une exploration in vitro

Les chercheurs ont également voulu explorer in vitro le rôle de ces bactéries. Ils ont donc administré l’une des bactéries, Prevotella copri, à des souris. Et là, que se passe-t-il ? Ces souris développent une résistance à l’insuline. Ils retrouvent également les BCAA dans le plasma de ces souris de façon plus importante que chez les souris témoins. D’autres équipes ont enfin montré que le total de bactéries, la diversité bactérienne et la fonction des bactéries dans le microbiote intestinal affecte la résistance à l’insuline. En outre, sur des modèles animaux, la modification de la composition bactérienne via des probiotiques, prébiotiques et transplantation de microbiote fécal, ont permis de conclure que le microbiote intestinal peut être modulé pour réduire les hormones de la faim, le poids et la masse grasse, contribuant ainsi à un meilleur contrôle de la glycémie.

Pour bien comprendre :

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/maladies-chroniques/2017/11/14/le-diabete-de-type-2/

Des pistes pour prévenir ou guérir le diabète de type 2 chez l’homme ?

Forcément, l’idée de contrer l’effet de ces bactéries émane progressivement et des travaux devront être avoir lieu pour vérifier si l’effet de Prevotella copri par exemple peut être contrecarré. De même, en analysant le microbiote des individus, il serait possible d’identifier les personnes susceptibles de développer une insulino-résistance. Oui mais… Car il y a un mais : cette pratique, bien que prometteuse, coûte plus d’un millier d’euros. Et bien que chère, cette pratique remet en avant l’avantage de personnaliser le traitement des patients. En revanche, on sait d’ores et déjà que les fibres réduisent le risque d’apparition de diabète de type 2. En effet, la digestion des fibres par le microbiote produit des métabolites qui protègent la fonction de production d’insuline par le pancréas. Les métabolites produits par le microbiote permettent en effet une meilleure production d’insuline ainsi qu’une meilleure sensibilité à cette hormone. Donc n’hésitez pas et faites-vous plaisir : fruits, légumes, céréales complètes, graines oléagineuses, légumes secs seront vos alliées pour prévenir le diabète.

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/a-table/bien-manger/aliments/2018/11/27/fibres-alimentaires/

Sources

- Aydin, Ö., Nieuwdorp, M., & Gerdes, V., « The Gut Microbiome as a Target for the Treatment of Type 2 Diabetes », Curr Diab Rep., 2018 ; 18 (8), 55, - Karine Clément, « Eubiose et dysbiose : où sont les signatures ? le poids du microbiote dans l’obésité et le diabète », Collège de France, - Le Figaro Santé, - Pourquoi Docteur, - Lanutrition.fr.