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Si le nombre de personnes en surpoids ou obèses ne cesse d’augmenter, la prise et/ou la perte de poids ne seraient pas uniquement liées à notre appétit ou à notre gourmandise. Notre cerveau ou encore notre état psychologique seraient également impliqués. Perte de poids : autant dans la tête que dans l’assiette ?

En pleine ère de l’obésité

L’obésité est l’une des grandes épidémies de ce siècle. Dans les pays les plus développés, l’obésité concernerait 19,5% des habitants. À l’échelle française, plus de 15% de la population serait obèse. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), « une personne est considérée comme obèse lorsque son indice de masse corporelle (IMC, qui correspond au rapport entre poids et taille) dépasse les 30 kg/m2. Au-delà de 35, on parle d’obésité sévère. En quarante ans, l’IMC moyen est, selon l’étude, passé de 21,7 à 24,2 chez les hommes et de 22,1 à 24,4 chez les femmes adultes, soit une augmentation de poids de 1,5 kg tous les dix ans en moyenne. »

Force est de constater qu’il est à ce jour particulièrement difficile de lutter contre l’obésité tant les critères impliqués sont nombreux : malbouffe, surconsommation, sédentarité, stress… Mais les facteurs sociaux ne seraient pas les seuls responsables de la hausse démesurée de l’obésité. Il faut en outre prendre en considération des facteurs génétiques, psychologiques ou neuro-hormonaux. La prise de poids ne se passerait pas donc que dans l’assiette.

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/obesite/2018/10/16/surpoids-et-obesite-quelles-differences/

Perte de poids : autant dans la tête que dans l’assiette

On commence à le savoir, le cerveau et le corps sont intimement liés. Ils communiquent constamment, et le cerveau influence autant le corps que l’inverse. En effet, chacune de nos cellules graisseuses est reliée au système nerveux central. Un dialogue bidirectionnel qui aboutit au rôle qu’a le plaisir dans notre alimentation. Le plaisir est ressenti d’abord par le cerveau, par les sens, par la mémoire, avant même que notre corps en ait conscience.

C’est aussi le plaisir qui est en charge de la modulation hormonale de nos sensations d’appétit et de satiété, deux sensations propres à chacun d’entre nous, liées à la sensibilité des zones cérébrales impliquées dans le système de récompense et d’autocontrôle. Aussi la recherche se concentre-t-elle sur ces facteurs qui s’auto-influencent afin de lutter contre l’obésité. Il s’agit bel et bien d’un cercle vicieux : les personnes qui aimeraient perdre du poids souffrent intérieurement, et cette souffrance ou cette angoisse incitent tout autant à manger que le simple plaisir, sans que le corps en ait réellement besoin.

Un rapport au poids somme toute paradoxal car si la souffrance psychologique liée au surpoids peut favoriser l’appel de la nourriture, ladite souffrance peut également croître par les mesures prises pour maigrir : c’est l’effet pervers de la restriction cognitive. Aussi est-il impératif de traiter les habitudes nutritionnelles des personnes en situation d’obésité mais également apaiser leur for intérieur.

En outre, les études soulignent que les conseils dits hygiéno-diététiques ainsi que la majorité des approches envisagées seraient inefficaces. En effet, si certaines mesures fonctionnent à court terme, c’est loin d’être le cas sur du plus long terme.

Quand la société s’en mêle

Le Programme National Nutrition Santé (PNNS) nous conseille de ne pas manger trop gras, trop sucré, trop salé et de faire le plein de légumes, de fibres et de légumineuses. Pourtant, nous sommes quotidiennement exposés aux produits qu’il faudrait éviter. Puis, l’industrialisation et la transformation massives des produits du quotidien ont conduit à un fort accroissement du taux de sucres, de matières grasses et de sel des aliments. Dans quel but ? Pour régaler vos papilles pardi ! Et l’ultra-transformation des aliments implique des niveaux de calories astronomiques pour des plus petites portions. D’ailleurs, est-ce vraiment étonnant que le taux d’obésité d’une population augmente à mesure que le pays se développe ? Comme le soulignent Fabien Dworczak et Lélia Bracco dans The Conversation, « nos capacités de régulation physiologique sont trompées par cette nourriture industrielle. La sensation de satiété repose en effet notamment sur la dilatation de l’estomac, qui est interprétée comme un signal que les besoins alimentaires ont été satisfaits ».

D'ailleurs :

https://le-quotidien-du-patient.fr/special/2018/09/03/nouveau-programme-national-nutrition-sante/

Ainsi, difficile de trouver un équilibre entre la multitude de conseils nutritionnels à notre portée et l’offre alimentaire toujours plus grasse, plus sucrée, plus salée. S’il paraît évident que la mise en place d’une alimentation saine et équilibrée est nécessaire à une perte de poids, il est temps que soient étudiés les plans neurobiologique et psychologique.

Sources

- Cerin, - OMS, - Timothy J. Bartness  et C. Kay chanson, « Brain-Adipose Tissue Neural Crosstalk », Physiol BehavJuil 2007, 91 (4),343-351, - Kent C. Berridge et Morten L. Kringelbach, « Pleasure systems in the brain », Neuron., Mai 2015, 86 (3), 646–664, - Jean-Michel Lecerf, « Obésité. Pourquoi les régimes échouent-ils ? », Nutrition Clinique et Métabolisme, 27 (2) , Juin 2013 , p. 74-81, - The Conversation.

Une étude pour le moins étonnante qui a été menée en Suisse. Une équipe de chercheurs a évalué l'impact que peuvent avoir les nuisances sonores sur la prise de poids et de masse grasse. Excès de bruit et prise de gras feraient une piètre alliance. Décryptage.

Le bruit, un ennemi sous-estimé ?

L'Agence Europénne de l'Environnement (EEA) estime que le bruit serait lié chaque année à plus de 16 000 décès prématurés à l'échelle européenne. Si les désagréments liés au brouhaha peuvent être un léger stress ou des troubles du sommeil passagers, ils peuvent néanmoins avoir des conséquences. En effet, Les maladies cardiovasculaires seraient bien plus conséquentes, du fait d'un manque de sommeil ainsi que d'un stress chronique.

Le problème : il y a toujours davantage de bruit, qu'il provienne des transports ou de l'industrie. L'EEA estime en outre que 13 000 000 d'européens souffrent de troubles du sommeil liés au bruit, et que chez près de 13 000 écoliers accusent un retard d'apprentissage à cause de cette cacophonie incessante. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime par ailleurs que le bruit, au-delà de 55 décibels, peut nuire à la santé. Et près de 20 % de la population européenne serait exposée chaque nuit à ce seuil.

Excès de bruit et prise de gras, l'association inattendue

Une première étude menée en Suède sur 5 075 personnes a constaté que ceux qui vivaient près d'un aéroport, d'une ligne de train ou du périphérique avaient un tour de taille plus élevé que la moyenne, favorisant de fait davantage de troubles du métabolisme. Plus les chercheurs approchaient de l'aéroport, plus le tour de taille des sujets était conséquent. Pour 5 décibels supplémentaires, le tour de taille augmentait de 0.21 cm près du périphérique, de 0.46 cm près d'une ligne de train et 0.99 cm aux abords d'un aéroport. En cause ? La cortisol, cette hormone du stress qui favorise les dépôts de graisses au niveau de l'abdomen.

Une étude, récemment publiée, a quant à elle étudie 3 796 habitants de Suisse qui faisaient partie de la cohorte SAPALDIA. Pour toute hausse du bruit de 10 décibels sur 5 ans, les chercheurs ont constaté que le risque d'obésité augmentait de 25 % chez les habitants confrontés au bruit du trafic automobile. Le risque est cependant moindre à proximité du trafic ferroviaire, avec une augmentation de 12 %.

Les études ne permettent pas d'affirmer qu'existerait un lien de causalité direct entre le bruit et l'obésité. Mais reste à considérer que cette prise de masse grasse ou de poids serait sans doute liée au stress et aux troubles du sommeil.

Trop de masse grasse, un fléau des pays développés ?

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/2018/11/27/syndrome-metabolique/

Contenu relu et validé par une diététicienne WeCook.

Sources

- Agence Européenne de l'Environnement, - Organisation Mondiale de la Santé, - Foraster et al., « Long-term exposure to transportation noise and its association with adiposity markers and development of obesity », Environment International, décembre 2018, vol. 121 (1), p. 879-889. - Eriksson et al., « Long-term aircraft noise exposure and body mass index, waist circumference, and type 2 diabetes : a prospective study. », Environ Health Perspect, 122, 687–694, - Journal de l'Environnement.

Depuis plusieurs décennies, déjà, les malades du syndrome de l'intestin irritable (SII) ont adopté l’hypnose pour supporter leur maladie. Le faisceau de preuves de son efficacité ne cesse de grandir. L’étude IMAGINE publiée dans la revue Lancet Gasstroenterology & Hepatology va plus loin…

L’hypnose comme traitement du SII ?

Pour qu’un traitement soit efficace, il doit répondre à plusieurs critères : soulager ou guérir et avoir le moins d’effet secondaire possible. 

L’hypnose est une thérapie « comportementale » qui induit une modification des comportements ou des ressentis des patients par un état de conscience modifié. Il existe plusieurs formes d’hypnose thérapeutique mais la plus connue demeure l’hypnose Eriksonienne. Le patient est plongé dans un état de conscience modifié, c’est-à-dire qu’il reste capable de réagir mais les rythmes cérébraux sont ralentis grâce à l’accompagnement bienveillant de son thérapeute pour atteindre les rythmes du sommeil. L’inconscient est alors plus facilement accessible et un travail psychologique de profondeur mais en douceur peut être réalisé.

Cette approche est envisagée comme moyen thérapeutique de support du SII depuis de nombreuses années. Son innocuité est totale. 

Hypnose et SII : une efficacité prouvée

Sur tous les symptômes ou presque… Que ce soit la douleur ou les troubles du transit, l’hypnose tend à les diminuer. La qualité de vie des patients s’en trouve donc améliorée.

En 2007, une première étude menée à court terme et sur un nombre faible de patients a montré « une baisse de la douleur abdominale et les symptômes composites du SII ». 

En 2013, l’équipe du professeur Gabriele Moser de l’université de Vienne (Autriche) a démontré une amélioration significative de la qualité de vie des malades SII à 3 mois et à 1 an sur 4 dimensions (le rôle social, la santé en général, la vitalité et les relations sociales). Au bout d’un an, plusieurs dimensions ont été ajoutées : l’équilibre émotionnel, la douleur et la capacité physique. Les symptômes gastro-intestinaux du SII dans leur globalité ont tous diminué de façon significative par rapport au groupe témoin. 

Les travaux du professeur Moser demeurent LA référence à ce jour, la plus aboutie et la plus sérieuse en termes de méthodologie. Elle apporte sans conteste la preuve que l’hypnose est plus efficace que les traitements médicamenteux seuls et qu’elle a des impacts positifs sur la qualité de vie des patients (même ceux réfractaires au traitement) sur le long terme.

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/maladies-chroniques/2018/04/23/syndrome-intestin-irritable-medecines-alternatives/

Séances individuelles ou de groupe ?

Alors pourquoi l’hypnose médicale n’est pas proposée systématiquement ? Pour plusieurs raisons !

La première est que cette spécialité est relativement récente. Le nombre de praticiens est donc très limité et la majorité exerce en ville avec des tarifs libres (60 à 150€), non remboursés par la Sécurité Sociale (renseignez-vous, votre mutuelle les prend peut-être en charge). Sur le site de l’APHP, il est à présent possible de trouver les services de consultations d’hypnose. 

La solution pourrait donc être des séances d’hypnose de « groupe », c’est cette option qu’a introduite l’étude IMAGINE du professeur Flick, publiée récemment. L’objet de l’étude était de confirmer les résultats obtenus par l’équipe du Professeur Moser en séance individuelle et donc de comparer ces résultats à ceux obtenus avec des séances de groupe et d’un groupe témoin (avec un traitement médicamenteux classiques). Sur plusieurs centres de soins, 354 patients SII ont été sélectionnés et répartis de façon aléatoire dans 3 groupes : G1-Hypnose individuelle ; G2-Hypnose en groupe ; GC-Groupe Contrôle. 

Rapporté à la cohorte totale, 40·8% des patients du groupe G1 et 33·2% du groupe G2 ont répondu de façon positive aux critères d’acceptation définis (amélioration des symptômes sur au moins 3 des 4 semaines suivant la séance) pour 16·7% du groupe GC à 3 mois. Sur 12 mois, 40·8% des patients du groupe G1, 49·5% du groupe G2 et 22.6% du groupe GC ont répondu de façon positive aux critères d’acceptation définis.

Les conclusions de l’étude IMAGINE sont donc que l’hypnose doit être considérée comme un traitement du SII. Les séances d’hypnose de groupe ont des résultats équivalents à ceux des séances individuelles pour un coût équivalent.

Or, les antidépresseurs (avec les nombreux effets secondaires qu’on leur connaît) demeurent le premier traitement du SII en France, alors que l’innocuité et l’efficacité du régime pauvre en FODMAPs ou de l’hypnothérapie sont avérés. Les malades doivent les plébisciter et réclamer la formation de praticiens de santé compétents…

Du même auteur :

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/au-vert/culture/livres/2018/10/29/lqdp-edition-syndrome-intestin-irritable/

Sources

- Flick et al., "Efficacy of individual and group hypnotherapy in irritable bowel syndrome (IMAGINE)- a multicentre randomised controlled trial", The Lancet, novrembre 2018, - Lee et al., "The Efficacy of Hypnotherapy in the Treatment of Irritable Bowel Syndrome- A Systematic Review and Meta-analysis", J Neurogastroenterol Motil, 2014, 20 (2), 152-162, - Moser et al, "Long-term  success  of  GUT-directed  group  hypnosis  for  patients  with  refractory  irritable  bowel  syndrome-  a  randomized  controlled  trial", The American Journal of Gastroenterology, 2013, vol 108, p. 602–609, - Univadis, - Séverine Gailler-Legendre, Le syndrome de l'intestin irritable - Comment l'identifier et le combattre ?, 2018, - Beatrice Housez-fevrier, Comment suivre une alimentation sans FODMAPs sans galérer ? , 2018.

La malbouffe, vraiment difficile d’y résister. Un chocolat, un burger, une pizza… Nous sommes très nombreux à nous autoriser des écarts. Des écarts qui nous font culpabiliser, jusqu’à cacher à nos proches nos petits instants gourmands.

La malbouffe a toujours autant d’adeptes

Une étude menée par l’IFOP a récemment étudié le rapport à la malbouffe d’un millier de Français. Rassurez-vous, si vous craquez souvent pour du chocolat, c’est comme 99% du panel. Le sucré fait l’unanimité puisque 98% des Français reconnaissent un laisser-aller régulier ou occasionnel à l’encontre des glaces. Et près de 8 personnes sur 10 admettent avoir du mal à résister à l’appel de la pâte à tartiner malgré les conséquences sur l’environnement et sur la santé de ce pot de pâte à tartiner.

Quant au salé, ce qui semble avant tout compter est le plaisir. 97% d’entre nous répondent à l’appel des frites quand 96% n’hésitent pas à partager une pizza. Mais qu’en est-il de ce symbole de la malbouffe qu’est le hamburger ? Nous sommes à peine plus résistants car 85% des personnes sondées en consomment fréquemment, à parts égales avec les plats préparés (surgelés ou en conserve), le summum des aliments ultra-transformés. Le kebab, autre symbole de la malbouffe, est davantage boudé par les consommateurs car près de 3 personnes sur 10 n’en mangent jamais.

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/a-table/bien-manger/aliments/2018/06/27/aliments-ultra-transformes-aut/

La malbouffe au nom du plaisir

Force a été de constater que la malbouffe a longtemps été plébiscitée par son aspect pratique ou bon marché. Pourtant, la malbouffe constitue également une réelle source de plaisir pour les consommateurs. 53% des Français interrogés reconnaissent avoir « beaucoup » de plaisir à manger du chocolat, quand 47% du panel a cette sensation concernant les glaces durant la période estivale. Ces produits pourtant très sucrés sont à ce jour encore considérés comme des petits plaisirs légitimes.

Pour autant, si les consommateurs ont conscience du fort apport en graisses des produits salés, ils sont néanmoins 38% à prendre « beaucoup » de plaisir à manger des frites, 37% pour la pizza, contre seulement 22% pour un hamburger. Une exception à relever concerne les plats préparés car seulement 5% du panel y prend « beaucoup » de plaisir (et on peine à comprendre ces 5%).

Le plaisir de la malbouffe plus répandu chez les femmes

L’enquête menée par l’IFOP révèle que les femmes prennent davantage de plaisir à la malbouffe. En effet, si 48% des hommes prennent beaucoup de plaisir lorsqu’ils s’abandonnent dans la tablette de chocolat, c’est le cas pour 57% des femmes. La pâte à tartiner est source de plaisir pour 16% des hommes contre 26% des femmes, écart presque similaire pour les bonbons avec une différence de 7 points (17% de plaisir pour les hommes, 24% pour les femmes).

Quant aux produits riches en gras et en sel, le plaisir est également plus conséquent chez les femmes. Une pizza par exemple procure « beaucoup » de plaisir chez 39% des femmes, contre 33% des hommes. Les collations salées font plaisir à 24% des femmes mais seulement 16% des hommes.

Comment expliquer de tels écarts ? Les femmes sont plus largement exposées aux normes de minceur sociétales, aussi est-il probable que l’expérience de la malbouffe soit une expérience « plus rare et plus transgressive ». De plus, se laisser tenter par la malbouffe correspond à une sorte de lâcher-prise dont le plaisir est plus conséquent chez la gent féminine, cette dernière étant très sensible au contrôle du poids et veillant à avoir une alimentation équilibrée.

Quid de la culpabilité liée à la consommation de malbouffe ?

Les recommandations du Programme National Nutrition Santé semblent être assimilées par les Français. En effet, lorsqu’ils s’autorisent des petits écarts, la culpabilité est là chez 52% des femmes et 47% des hommes. Quand on se jette sur le pot de pâte à tartiner, sur un hamburger, on transgresse les normes véhiculées par les médias et les recommandations nutritionnelles.  Ainsi, ce sentiment de culpabilité est plus conséquent chez les jeunes femmes (61% des moins de 25 ans, 70% des étudiantes) et les cadres (66%), catégories sociales largement exposées aux discours sur le bien manger.

La pâte à tartiner est particulièrement culpabilisante, du fait de sa très forte teneur en sucre (50%) et de son impact environnemental (20% d’huile de palme). En effet, 52% des femmes âgées de moins de 25 ans ont honte lorsqu’elles s’autorisent une tartine accompagnée de pâte à tartiner (contre 38% des hommes). Chez les femmes cadres, ce sont 63% d’entre elles qui ont honte de leur amour pour la pâte à tartiner.

Cette culpabilité pousse d’ailleurs près d’un Français sur cinq à dissimuler ces petits plaisirs trop sucrés, trop salés ou encore trop gras. Une tromperie qui est plus importante chez les jeunes et les étudiants, avec 30 et 37% de consommation de malbouffe dissimulée.

Une culpabilité variable à l’échelle nationale

Il est intéressant de remarquer que ce sentiment de honte à l’égard de la malbouffe est davantage répandu dans les régions où la prévalence de l’obésité est plus conséquente. Dans le nord-est de notre territoire, la proportion d’obèses est supérieure à la moyenne nationale (+ 5 points), et c’est également là-bas que ce sentiment de culpabilité est le plus élevé. En effet, les habitants des Hauts-de-France et du Grand Est se sentent coupables lorsqu’ils consomment de la malbouffe respectivement dans 55% et 54% des cas. A contrario, ce sentiment de culpabilité est plus bas en Occitanie (43%), région française où le taux d’obésité est le plus faible (11,6% de la population de Midi-Pyrénées). Force est donc de constater qu’en matière de prévention nutritionnelle, la population est bien informée et se préoccupe davantage des petits écarts si l’IMC est élevé.

La malbouffe est parfois le seul petit plaisir que l'on peut s'accorder :

https://le-quotidien-du-patient.fr/article/a-table/bien-manger/enfants/2018/11/12/malbouffe-preuve-amour/

Source

- IFOP.