
Une étude canadienne s’est penchée sur le lien entre le repas en famille et l’alimentation des adolescents. Bonne nouvelle : les adolescents mangent mieux quand vous êtes tous ensemble, même si des tensions existent. Décryptage.
Repas en famille : plus de fruits et légumes pour les ados
Ce n’est guère étonnant : les repas en famille permettent aux adolescents d’avoir une alimentation plus saine. L’Université du Minnesota avait déjà constaté que des relations apaisées au sein de la famille favorisaient une alimentation équilibrée chez les adolescents. Mais est-ce le cas dans les famille où l’ambiance est tout sauf agréable ? C’est la question qu’une équipe de chercheurs de l’Université de Guelph s’est posée. L’équipe a étudié de près de 3 000 adolescents et jeunes adultes, âgés de 14 à 24 ans, afin de saisir la qualité de l’alimentation des jeunes lorsqu’ils mangeaient en compagnie ou non de leurs parents. La recherche impliquait une autre variable : le climat familial. Ainsi, la consommation de fruits et légumes, de boissons sucrées et la fréquence de passage dans un fast-food des adolescents était mesurée et corrélée à l’environnement familial.Et force est de constater que les adolescents qui partageaient davantage de repas en famille (au minimum 5 par semaine) consommaient 0.25 portion de légume et 0.11 de fruit par jour de plus que les adolescents qui prenaient moins de repas avec leur famille, et ce malgré des tensions ou des désaccords.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/2018/06/19/loi-contre-malbouffe/
Moins de passage au fast-food, moins de nourriture à emporter
Peu importe le climat familial, les adolescents qui partageaient au moins 5 repas en famille par semaine allaient de fait moins dans les fast-foods (-0.04 fois chez les filles, -0.01 fois chez les garçons). En outre, leur consommation de nourriture à emporter diminuait grâce à ces moments de partage : -0.04 fois par semaine pour les filles, -0.06 fois pour les garçons.Les auteurs de l’étude parviennent ainsi à démontrer qu’un repas en famille même sous tension permet d’améliorer l’alimentation des adolescents : « Il a souvent été estimé que les familles dysfonctionnelles n’ont pas la possibilité d’organiser des repas familiaux et de proposer des modèles inspirants ». Les résultats sont soulignent donc « non seulement que les familles dysfonctionnelles organisent des repas familiaux, mais aussi que ces repas sont associés à une amélioration du comportement alimentaire des adolescents ».
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/au-vert/culture/livres/2017/11/08/cessez-de-bouffer/
Sources
Consommer des fruits et légumes au moins 5 fois par jour, des légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots…) au moins 2 fois par semaine, des produits céréaliers complets et peu raffinés (pain, pâtes, riz et autres produits céréaliers non ou peu raffinés) tous les jours… Quel est le point commun à toutes ces recommandations alimentaires ? Les fibres alimentaires pardi ! On vous explique pourquoi…
La biochimie des fibres alimentaires
Les fibres alimentaires sont des polymères végétaux constitutifs de la paroi des cellules végétales. Elles sont constituées de molécules de sucres avec des liaisons souvent particulières, de telle sorte que les enzymes digestives du corps humain ne savent pas couper ces liaisons. De fait, les fibres alimentaires traversent le tube digestif sans encombre et se retrouvent dans le côlon. Là, les enzymes des bactéries coliques peuvent casser ces liaisons, mais encore une fois certaines sont réfractaires et sont indigestibles. On distingue donc deux types de fibres : - Les fibres fermentescibles : pectines, cellulose, hémicellulose, maltodextrines, fructo-oligosaccharides (FOS), gluco-oligosaccharides (GOS). Cette fermentation conduira à la production de composés comme les acides gras volatiles (acétate, butyrate) ou de gaz (méthane, dioxyde de carbone). - Les fibres non fermentescibles : lignine, mucilages, alginate notamment. Elles ne sont pas dégradées par les bactéries coliques et sont excrétées dans les sellesLa fermentescibilité des fibres permet donc de classifier celles-ci.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/2018/07/13/microbiote-intestinal/
À noter qu’il existe également une classification en fonction de leur solubilité : - Les fibres solubles (qui augmentent la viscosité du milieu formant un gel) : pectines, gommes, mucilages, alginates, - Les fibres insolubles (qui gonflent en présence d’eau et restent en suspension dans le milieu) : cellulose, hémicellulose, lignine.
Pourquoi consommer des fibres ?
Les fibres alimentaires occupent une place capitale dans notre alimentation car elles présentent plusieurs propriétés essentielles à notre (bonne) santé : - Augmentation de la production de selles, - Stimulation de la fermentation par les bactéries de notre côlon, - Diminution de la cholestérolémie à jeun, - Et diminution de la glycémie et/ou l’insulinémie post-prandiale (après repas),La consommation d’une alimentation riche en fibres alimentaires est également associée à différents effets bénéfiques sur la santé, notamment pour la protection contre les maladies : - Réduction du risque de maladies cardio-vasculaires, - Aide au maintien d’un poids stable, - Réduction du risque de diabète de type 2, - Diminution du risque de cancer du côlon-rectum (et dans une moindre mesure, du cancer du sein et de l’œsophage).
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/recherche/etudes-et-experimentations/2018/09/10/des-fibres-pour-notre-microbiote/
Dans la pratique, on fait quoi ?
La recommandation actuelle est de consommer de 25 à 30 g de fibres par jour (dont 10 à 15 g sous forme solubles) pour les adultes. Les derniers avis des experts tendent maintenant à recommander un apport de 30 g/jour pour diverses raisons de santé.De manière générale, les aliments les plus riches en fibres alimentaires sont les fruits et légumes, les légumineuses et les céréales complètes non raffinées. D’où les repères nutritionnels cités plus haut qui tendent à promouvoir leur consommation.
Cependant, selon les sources, le type de fibres pourra être différent. Ainsi : - Les fibres insolubles se retrouvent principalement dans les céréales complètes, le son de blé, le son d’avoine, les légumes secs et certains fruits et légumes (pruneaux, pommes, figues, poireaux). - Les fibres solubles sont présentes dans les fruits et les légumes principalement et le riz.
À titre d’information, le tableau ci-dessous liste les teneurs moyennes en fibres alimentaires de différentes catégories d’aliments (source : CIQUAL).
NB : les viandes, le lait, les fromages, les matières grasses… ne contiennent naturellement pas de fibres alimentaires.
Pour vous aider dans vos choix alimentaires, sachez que le NutriScore attribue une note de qualité nutritionnelle aux produits alimentaires en prenant notamment en compte la teneur en fibres des produits.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/a-table/consommation/reglementation-agro-alimentaire/2018/11/02/premiere-bougie-du-nutri-score/
Les produits alimentaires présentant des teneurs élevées en fibres alimentaires peuvent également le mentionner sur leur emballage. Vous verrez ainsi la mention du type « source de fibres » pour les produits contenant au moins 3 g de fibres pour 100 g (ou 1,5 g de fibres pour 100 kcal), et la mention « riche en fibres » pour des valeurs doubles, au moins 6 g de fibres pour 100 g (ou 3 g de fibres pour 100 kcal).
Les dernières données collectées auprès de la population française montrent une consommation insuffisante de fibres alimentaires, avec un apport de 21,6 g chez les hommes et de 17,7 g chez les femmes.
Alors à vos fibres, prêts, partez !
Sources
- Afssa, Les fibres alimentaires : définitions, méthodes de dosage, allégations nutritionnelles. Rapport du comité d’experts spécialisé Nutrition humaine, septembre 2002, - Anses, Actualisation des repères du PNNS : élaboration des références nutritionnelles. Avis de l’Anses. Rapports d’expertise collective, Décembre 2016, - Anses. Étude individuelle nationale des consommations alimentaires 3 (INCA 3). Avis de l’Anses. Rapport d’expertise collective. Juin 2017, - EFSA Panel on Dietetic Products, Nutrition, and Allergies (NDA); Scientific Opinion on Dietary Reference Values for carbohydrates and dietary fibre. EFSA Journal 2010; 8(3):1462, - HCSP. AVIS relatif à la révision des repères alimentaires pour les adultes du futur Programme national nutrition santé 2017-2021. Février 2017, - Règlement (CE) n o 1924/2006 du Parlement européen et du Conseil du 20 décembre 2006 concernant les allégations nutritionnelles et de santé portant sur les denrées alimentaires, - World Cancer Research Fund/American Institute for Cancer Research. Diet, Nutrition, Physical Activity and Cancer : a Global Perspective. Continuous Update Project Expert Report 2018.La dénutrition est un problème majeur de santé publique qui touche surtout les personnes fragiles (personnes âgées, enfants hospitalisés, etc.). Une tribune publiée par Le Monde et écrite par le Dr Zazzo rappelle que la dénutrition n’est pas seulement le fait des pays pauvres, elle fait aussi des victimes « dans nos sociétés d’abondance » et peut être source de mortalité. Explications.
La dénutrition, pas seulement pour les personnes âgées
2 millions. C’est le nombre de patients souffrant de dénutrition en France. Sont surtout concernées, les personnes fragiles hospitalisées ou non mais aussi les personnes obèses et mal nutries. Ainsi 4 à 10 % des personnes âgées de + de 70 ans qui vivent toujours chez elles en souffrent ; 20 à 40 % des personnes hospitalisées ; 1 enfant sur 10 hospitalisé dont la moitié a moins de 3 ans.La tribune du Dr Zazzo ne rappelle pas la définition de la dénutrition. Est-elle différente de l’amaigrissement ? Comment repérer une personne dénutrie?
Selon la Haute Autorité de santé, « la dénutrition protéino-énergétique résulte d’un déséquilibre entre les apports et les besoins protéino-énergétiques de l’organisme. Ce déséquilibre entraîne des pertes tissulaires ayant des conséquences fonctionnelles délétères. Il s’agit d’une perte tissulaire involontaire ». Mais attention, il ne faut pas confondre la dénutrition avec l’amaigrissement qui n’a « aucun caractère délétère. Il peut être volontaire ou non ».
Éric Fontaine, médecin au CHU de Grenoble et fondateur du Collectif de lutte contre la dénutrition se montre plus précis « La dénutrition résulte d’un déficit énergétique et protéique de l’organisme, causé soit par une insuffisance des apports alimentaires, soit par une augmentation des pertes, soit par une association de ces deux causes. Ce n’est pas à proprement parler une maladie, mais un syndrome, c’est-à-dire une combinaison de facteurs qui vont concourir à la dégradation de l’état général. »
Les personnes âgées et les malades sont souvent dénutries mais d’autres raisons peuvent en être la cause : sociales (personne seule, dépressive, handicapée physique ou psychique, etc.) sans oublier le phénomène de mode des régimes déséquilibrés (2 repas par jour) ou trop restrictifs ; géographiques (personne isolée) ; financières (revenus insuffisants) ; physiologiques (problèmes de dents ; troubles de la déglutition ; constipation, etc.) ; médicamenteuses (prise de plus de 3 médicaments par jour, etc.) ; et enfin les personnes obèses.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/tous-pour-un/2017/12/07/pourquoi-la-france-compte-encore-2-millions-de-personnes-souffrant-de-denutrition/
La dénutrition concerne aussi les obèses
Le premier symptôme de la dénutrition est la perte de poids. Un amaigrissement de 5 % du poids en un mois, ou de 10 % en six mois, est le premier signe d’une dénutrition.La sarcopénie est également un signe de dénutrition. C’est la perte de masse musculaire associée à la diminution de la force musculaire ou des performances physiques. Elle est responsable de conséquences cliniques fonctionnelles (diminution de la vitesse de marche, difficultés à monter ou descendre des escaliers).
Perte de poids, sarcopénie, ces signes ne sont pas visibles tout de suite et surtout chez les obèses. C’est pourquoi, ces personnes sont souvent oubliées dans la recherche d’une dénutrition. Le Dr Fontaine explique très bien cette situation, « les muscles vont littéralement fondre, mais pas la graisse. Ainsi, l’enveloppe corporelle va rester un peu ronde. Si l’on est extrêmement dénutri, le corps va même fabriquer des œdèmes, et donc gonfler. Cela ne choque généralement pas la personne, d’autant plus si elle est initialement en surpoids ou en obésité, ce qui la rend d’autant plus difficile à diagnostiquer ».
Dosage des traitements
Le dosage des traitements se fait selon le poids réel du patient. Cela suppose donc que nous avons tous la même composition corporelle qui varierait selon le poids. Ce n’est pas le cas ! La composition corporelle d’une personne obèse n’est pas identique à celle d’une personne non obèse. Le dosage des traitements ne prend donc pas en compte la physiologie particulière de l’obèse. L’exemple pris par le Dr Zazzo dans sa tribune est particulièrement significatif « Imaginons un patient de 65 ans, obèse (IMC à 30 kg/m2), accusant une perte de poids minime, sarcopénique, traité pour un cancer du pancréas et recevant, après une chirurgie « agressive », une chimiothérapie dont le surdosage est vraisemblable en raison d’une adaptation posologique au poids actuel et non à la masse maigre : pour lui, c’est la quintuple peine ».Surmortalité chez les malades chroniques
Selon le Dr Zazzo, la dénutrition touche également toute personne souffrant d’une pathologie lourde « les pathologies chroniques (insuffisances respiratoire, rénale, cardiaque), les cancers, notamment digestifs, les hépatopathies chroniques, les polytraumatismes graves, les maladies neurodégénératives et syndromes démentiels, les séquelles d’accidents vasculaires cérébraux. La dénutrition est ici constante et multifactorielle, d’installation plus ou moins rapide, non recherchée et donc souvent ignorée. Elle est à l’origine d’une surmorbidité et d’une surmortalité ». Les statistiques sont d’ailleurs éloquentes « chez les malades atteints de cancer, elle est en moyenne de 50% (de 67% dans le cancer du pancréas, à moins de 10% dans celui du sein). La dénutrition est également très présente (40 à 50%) chez les insuffisants respiratoires, en hépato-gastroentérologie, en réanimation et à la suite d'une chirurgie lourde ».https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/cancers/2018/06/12/cancer-et-denutrition/
Un syndrome trop souvent ignoré
La malnutrition, le Dr Zazzo, le rappelle, « concerne 34 % de familles monoparentales ne disposant en moyenne que de 2,3 euros par personne et par jour (enfant ou adulte) ». Très souvent, une personne malnutrie aura plus de mal à guérir qu’une autre et parfois l’issue de la maladie initiale peut être fatale. « Il est (…) fréquent que la dénutrition complique une maladie préexistante. Si celle-ci est guérissable, la dénutrition va ralentir la guérison. Si elle est handicapante, la dénutrition va alourdir le handicap. Et si elle est incurable, la dénutrition va accélérer l’évolution fatale. Les conséquences sont alors multiples : arrêt de croissance chez les enfants, augmentation du risque d’infections, de fractures, des troubles psychologiques, perte d’autonomie, perturbation de l’équilibre, dégradation du tube digestif, du système respiratoire, de la santé bucco-dentaire, de la qualité de vie, et à l’extrême, le décès. »« Les conséquences de la dénutrition touchent tout le monde. Il ne faut pas croire que les personnes dénutries sont des SDF, loin de là! Il y a quinze ans, les patients mouraient du sida. Ce n’était pas à cause du virus, mais parce qu’il ne leur était plus possible de manger en raison de la douleur provoquée par le contact avec les aliments ». Mais nous n’en sommes plus là, le SIDA, on le soigne. Certes, mais pas la dénutrition ! Et ce qui choque le plus, c’est que la dénutrition n’est pas incurable et qu’on en guérit si elle est prise à temps. « Parce que l’on dispose dans l’absolu de tous les savoirs et de toutes les solutions pour empêcher cela, mais que rien n’est fait, ou trop peu, faute de moyens et de prise de conscience ».
Prise d’inconscience ?
Face à l’inertie des pouvoirs publics, le collectif de lutte contre la dénutrition a été créé par le Dr Eric Fontaine. « Les voies hiérarchiques officielles qui ont été empruntées depuis 50 ans n’ont pas permis de faire bouger les choses d’un iota. Nous avons la conviction aujourd’hui que seule une mobilisation de la société pourra faire comprendre l’ampleur de ce fléau afin de contraindre les politiques et l’administration à regarder et traiter le sujet comme ils ont été obligés de le faire suite aux mobilisations citoyennes sur le traitement de la douleur, la prise en charge des patients séropositifs ou celles pour limiter les infections nosocomiales ».Manque de budget
Si la dénutrition n’est pas prise en compte par les pouvoirs publics c’est parce qu’elle met en lumière le manque d’implication des différents gouvernements. « Admettre qu’il existe 40% de malades dénutris dans les établissements hospitaliers, puis comprendre qu’ils ne seront pas pris en charge par manque de personnel compétent, c’est se confronter à la nécessité d’embaucher massivement des nutritionnistes et des diététiciens. Dès lors, il est tentant de minimiser le problème, d’autant que les pouvoirs publics ne sont pas convaincus que la prévention de la dénutrition coûte réellement moins cher, à terme, que son traitement ».Les professionnels de santé
Les médecins sont aussi responsables, ils ne prennent pas suffisamment en compte la dénutrition ou alors trop tard. Certes, ils en « ont entendu parler (…). Ils reconnaissent ses méfaits, mais sont encore peu sensibilisés à son dépistage précoce ou à sa prévention. C’est souvent lorsqu’ils font le constat de l’échec d’une thérapie qu’ils commencent à incriminer la dénutrition. Mais il est alors trop tard pour une prise en charge nutritionnelle efficace ».Les plateaux repas
Enfin, le régime alimentaire de l’hôpital est également en cause. La tribune du Dr Zazzo le souligne très clairement. Une nourriture de moins en moins bonne (la satisfaction des patients était de 65,6 % en 2011, en 2017 elle est à moins de 50 %). Les patients ont une période de jeûne nocturne de plus de 13 heures (un dîner servi à 18 heures, le petit-déjeuner entre 7h30 et 8h30). Enfin, l’offre alimentaire hospitalière, 1800 à 2000 Kcal par jour, ne prend pas en compte l’état particulier des patients malnutris ou obèses.Une journée de lutte
C’est pourquoi, le Comité de lutte contre la dénutrition a décidé d’alerter et d’informer le grand public, durant toute la journée du 26 novembre 2018. Rendez-vous donc à la mairie du IVe arrondissement où tous ceux qui ont des proches ou qui sont sensibilisés à ce problème de santé public pourront rencontrer des experts ainsi que des membres du Collectif.La journée d’action se déroule à la mairie du IVe arrondissement, 2 place Baudoyer, 75004 Paris. Pour y assister inscrivez-vous à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Une liste de 15 propositions pour lutter contre la dénutrition devrait apparaître sous peu... Restez connectés et, en attendant, découvrez la campagne de prévention contre la maladie :
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Contenu relu et validé par une diététicienne WeCook.
Sources
- Le Monde, - Lutte contre la dénutrition, - Haute Autorité de Santé, - "Dénutrition sur le sujet obèse », Société Francophone du Diabète, - Allo docteurs.L’équipe médicale du Centre Antoine Lacassagne de Nice a réalisé une grande prouesse : 40 secondes d’irradiation au lieu de 6 semaines de radiothérapie pour traiter certaines patientes atteintes d’un cancer du sein. Une prouesse possible grâce à une machine : le Papillon +.
Le Papillon + et l’irradiation express
Le Pr Jean-Pierre Gérard, radiothérapeute au Centre Antoine Lacassagne, a conçu en partenariat avec la start-up Ariane Cpy une machine permettant de réduire drastiquement le temps d’irradiation pour certaines patientes ayant un cancer du sein : le Papillon +. Une première opération réussie, réalisée durant l’opération alors que la patiente était sous anesthésie générale. Une innovation encore sur le banc d’essai mais qui pourrait, à terme, permettre de soigner 10 % des patientes, notamment les plus âgées avec de petites tumeurs.La machine à irradiation accélérée existe depuis une dizaine d’années. Jusqu’alors, la plus réputée était l’Intrabeam, qui permettait d’irradier les tumeurs en une trentaine de minutes. Mais aujourd’hui, grâce au Papillon +, la même dose de rayon X est délivrée en moins d’une minute via un système de refroidissement breveté.
Le principe ? Une fois la tumeur enlevée, les médecins positionnent sur la zone concernée un applicateur sphérique afin de placer un tube à rayons X. L’irradiation peut alors commencer, la patiente étant sous anesthésie générale.
Le double intérêt de Papillon +
La mise au point d’une irradiation si rapide fait gagner énormément de temps aux équipes médicales qui n’ont plus à sortir de la salle d’opération 30 minutes durant. Cela devrait en outre permettre de libérer plus rapidement les blocs opératoires. Et surtout, comme l’explique le Pr Gérard à Sciences et Avenir, « ça dédramatise la maladie ». La première patiente qui a bénéficié du Papillon + a été admise le matin du 26 octobre 2018 au bloc, s’est réveillée à midi et a pu rentrer chez elle le soir même. Une angoisse en moins pour les patientes chez qui le traitement usuel nécessite plusieurs jours d’hospitalisation suivant l’opération ainsi que 6 semaines de radiothérapie.Un essai est en cours sur 46 patientes atteintes d’un cancer du sein afin de démontrer l’efficacité de Papillon +. Et l’Agence Nationale de Sécurité du médicament (ANSM) étudie actuellement l’efficacité de l’Intrabeam pour un usage étendu à l’ensemble des centres du territoire français. Si l’Intrabeam est validé par l’ANSM, Papillon + devrait très probablement connaître un destin similaire.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/recherche/sante-connectee/2017/10/23/vik-sein-le-compagnon-virtuel-pour-accompagner-les-malades-du-cancer-du-sein/
L’irradiation express à destination des patientes les plus âgées
Le Professeur estime que cette voie de traitement doit être réservée aux patientes les plus fragiles, âgées de plus de 70 ans. Un traitement dédié à ces patientes pas uniquement à cause de leur fragilité, mais aussi en fonction de la densité mammaire. En effet, la densité mammaire est calculée selon la quantité de tissu par rapport à la graisse et se révèle plus élevée chez les sujets les plus jeunes, les tumeurs étant de fait plus difficiles à caractériser.De plus, ce type d’irradiation doit être proposé uniquement si les tumeurs font moins de 2 centimètres, classées T1. Car, le Pr Gérard le rappelle, « il y a plus de risques d’avoir des cellules tumorales en périphérie des grosses tumeurs par rapport aux petites ». Les rayons X de cette machine ciblant une zone très limitée, des cellules cancéreuses pourraient ne pas être traitées, provoquant de fait une rechute. Si ce traitement facilite le quotidien des patientes et du personnel médical, il ne doit pas être systématisé à toutes les patientes, mais destiné aux 20 % de patientes de plus de 70 ans présentant une petite tumeur. Le Professeur Gérard, avec son dispositif, souhaiterait un taux de rechute inférieur à 4 % pour une toxicité nulle.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/2018/01/17/betty-boob-ou-lalbum-2018-sur-lablation-du-sein/
Source
- Sciences et Avenir.L'assurance-maladie possède les données de santé de tous les Français depuis 10 ans. Derrière un simple numéro de sécurité sociale se cache l'âge, le sexe, l'adresse, les consultations médicales, le nom du médecin et l'ensemble des prescriptions. Pour 65 millions de Français ! Et depuis 4 ans, elle les organise et les exploite pour améliorer la performance de notre système de santé. Que faut-il en penser ?
Le big data au chevet de l'assurance maladie
Depuis 10 ans, tous les remboursements, tous les actes médicaux, chirurgicaux, toutes les analyses, tous les forfaits hospitaliers jusqu'aux avis de décès, tous les parcours de soins de 65 millions de Français sont centralisés par le SNDS, le Système national des Données de Santé, créé en 2016.Par an, c'est l'équivalent de 1,2 milliard de feuilles de soins, 500 millions d’actes médicaux et 11 millions de séjours hospitaliers qui alimentent cette base de données de l’Assurance maladie. La plus grande base au monde pour étudier le lien entre prise de médicament et hospitalisation ! (Par comparaison, la base de données la plus importante aux Étas-Unis compte 8 millions de patients.)
L'exploitation de nos données de santé : un formidable défi de santé publique
"La première utilisation de cette base est le remboursement des soins" explique Dominique Polto, présidente de l'Institut national des données de santé (INDS). "Elle n'est pas adaptée à la recherche clinique ou épidémiologique" poursuit-elle. C'est pourquoi, depuis 2014, le partenariat qui lie l'Initiative Data Science de l'Ecole Polytechnique et la CNAM pour l’exploitation de toutes les données de remboursements de soins, rassemblées dans la base Sniiram (Système national d’information inter-régimes de l’assurance maladie) est primordial et se révèle déjà être porteur de succès !Sur le papier, l'idée est simple. Il s'agit de (re)structurer tout ou partie de la base de données, de l'organiser et de l'enrichir. "800 tables différentes avec pour chacune des millions de lignes avec des pointeurs dans tous les sens. La plus importante comportant… 1 milliard de lignes ! " confie Dominique Polton. En deux ans, 5 développeurs ont traité 30 téraoctets de données. La base en compte 300... Il s'agit également d'ajouter les données des dossiers médicaux numériques, des résultats d’examens biologiques ou d’imagerie, voire des données recueillies par les objets connectés. C'est dire l'ampleur de la tâche.
Pour autant, "exploiter au mieux ces données massives de santé est un enjeu stratégique majeur pour la France" confie Dominique Polton. "Que ce soit pour améliorer la performance du système de santé et la qualité des soins ou pour développer une recherche de pointe." Les résultats ne se font pas attendre.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/tous-pour-un/2018/01/26/le-nouveau-reglement-sur-la-protection-des-donnees-personnelles-de-sante/
Un enjeu pour les patients et le monde de la recherche
Détecter les effets secondaires potentiels de médicaments
Un des objectifs du partenariat est "de développer différents types d’algorithmes de traitement des données afin, notamment, d’automatiser la détection de médicaments aux effets secondaires nocifs, voire graves et de permettre ainsi aux autorités sanitaires d’asseoir leurs décisions sur des faits scientifiquement prouvés." En clair, il s'agit d'accentuer la pharmacovigilance pour certaines pathologies. Cette année, un premier test a permis de valider l’efficacité de leur approche. Les chercheurs ont, en effet, retrouvé et prouvé le lien de cause à effet entre la survenue de cancers de la vessie suite à la prise de pioglitazone, un antidiabétique aujourd'hui interdit depuis 2011.L'un des prochains objectifs de cette collaboration CNAM/L'X sera bien réel. Il va s'agir de dépister les médicaments qui augmentent le plus les risques de chute chez les personnes âgées. Une question "qui concerne 12 millions de personnes et quelque 400 médicaments différents : antidépresseurs, traitement contre l’hypertension..." précise Emmanuel Bacry, responsable de l'Initiative Data Science de l'X.
Optimiser les parcours de soins de patients
Un second projet a l'ambition d'identifier et d'optimiser les parcours de soin spécifiques pour plus d'1 million de diabétiques. Il faut avoir en tête que 60% des Français ne respectent pas le traitement médical qui leur a été prescrit ! Outre l’altération de leur état de santé, la non observance thérapeutique représente près de 10 milliards d’euros par an !limiter les dépenses inutiles
Un troisième projet consistera à identifier les mésusages et les fraudes : révéler les réseaux de trafic de médicaments chez les pharmaciens…ou identifier les médecins qui, par exemple, délivrent des ordonnances de complaisance pour se procurer des psychotropes.Comment être sûr que ces données de santé demeurent anonymes ?
Selon Franck von Lennep, directeur de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), "les bases seront constituées de données appauvries et de variables regroupées. Les tranches d’âge remplaceront les âges précis, les codes postaux seront regroupés et les codes de séjour à l’hôpital seront agrégés afin que l’on ne puisse plus savoir qui est qui."
Il est clair que si les/nos employeurs ont accès à ces données très sensibles et que, par recoupement, ils peuvent vous/nous identifier, cela va poser un très réel problème. Mais, même si cette perspective n'est pas agréable, le véritable enjeu n'est pas là.Cette base est incontestablement une vraie mine d'or pour les professionnels du secteur, des acteurs classiques aux GAFA. Imaginez une mutuelle, par exemple, qui augmenterait ses tarifs en fonction de vos antécédents familiaux (diabète, cancer, obésité...), de vos mauvaises habitudes (tabac, alcool...) ou de votre lieu d'habitation (département où telle pathologie est au dessus de la moyenne nationale...).
Vous l'avez compris, nos pratiques de santé et nos "CV médicaux" nourrissent autant d'espoirs que de craintes. Sont-elles fondées ? Of course. Pour autant, la recherche avance et les premiers résultats sont là.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/tous-pour-un/2018/03/12/le-dossier-medical-partage-vers-une-generalisation-de-la-sante-connectee/
Sources
Interview et portrait d'Emmanuel Bacry, Directeur de Recherche au CNRS, Université de Paris-Dauphine, PSL Research University, Paris, Professeur Associé et Responsable de l’Initiative Data Science CMAP, Ecole Polytechnique, Palaiseau Interview de Franck von Lennep, Directeur de la Drees Que va-t-il advenir de nos données de santé ? L’X et la Cnam s’unissent pour étudier les données de santé L’algorithme qui traque les médicaments dangereuxPage 69 sur 214