
On sait les bactéries présentes dans tous les milieux et à différents endroits de notre corps : intestins, poumon, peau, bouche, oreille, vagin… Qu’ils soient en contact direct avec le milieu extérieur ou non, tous ces organes sont envahis de bactéries qui nous veulent généralement du bien. Mais certains milieux semblaient encore résister à cette invasion et garder un caractère sacré : le fœtus dans le ventre de sa mère ou bien notre cerveau…
Et s’il n’en restait qu’un : le cerveau
Après la découverte de bactéries dans le placenta, les chercheurs sont maintenant sur la piste de bactéries présentes dans le cerveau !Lors du congrès annuel de la Société de Neurosciences aux Etats-Unis le mois dernier, une équipe de recherche a présenté des résultats d’analyses montrant la présence de bactéries au cœur même de tissus cérébraux. Pour être honnête, la découverte est fortuite : les chercheurs voulaient comparer des cerveaux de personnes atteintes de schizophrénie avec ceux de personnes saines. Mais la chose à laquelle ils ne s’attendaient pas était la présence de petits objets en forme de bâtonnets... Après renseignement auprès de spécialistes, il s’avérait que ces corps étaient en fait des bactéries ! Et surprise supplémentaire : il s’agissait de bactéries appartenant à des familles courantes dans l’intestin, à savoir des Firmicutes, des Proteobacteria, et des Bacteroidetes !
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/2018/09/19/le-microbiote-du-nouveau-ne-a-t-il-un-impact-sur-les-pathologies-dadulte/
Le cerveau, nouveau cheval de bataille ?
Le lien entre le cerveau et le microbiote intestinal n’est pas nouveau : de nombreuses interactions ont déjà été identifiées entre ces 2 composantes de notre organisme. Ainsi, les chercheurs ont identifié que notre microbiote pourrait transmettre des informations venant de notre intestin au cerveau mais qu’il pourrait également jouer un rôle dans le développement de différentes maladies neuropsychiatriques telles que la schizophrénie, l’autisme, la maladie d’Alzheimer ou plus couramment la dépression, l’anxiété etc.https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/maladies-chroniques/2018/07/20/microbiote-intestinal-depression/
Ce qui est nouveau ici, c’est de découvrir que les bactéries pourraient influencer le cerveau non pas de manière indirecte via des molécules transportées jusqu’au système nerveux ou via les messages transmis au cerveau, mais en étant directement au contact des tissus cérébraux.
Mesdames, messieurs les chercheurs, de nouveaux champs d’horizons s’ouvrent à vous !
Sources
- Science, article « Do gut bacteria make a second home in our brains ? » - Inserm, article sur le Microbiote intestinal, - Courrier International, article « Il pourrait y avoir des bactéries dans notre cerveau »Nous avons tendance à nous ruer sur les probiotiques dès qu’un mal se fait ressentir et nous faisons de même pour les plus jeunes. Mais deux études révèlent qu’une cure de probiotiques après la gastro des enfants est parfaitement inefficace. Décryptage.
Une cure de probiotiques après la gastro des enfants à l’étude
Nous faisons souvent appel aux probiotiques pour que notre cher microbiote intestinal retrouve son équilibre. De même, nous donnons des probiotiques à nos chères petites têtes blondes, notamment après une gastro-entérite. Si les probiotiques sont autant plébiscités, c'est que la confiance règne. Et les parents inquiets pour leur progéniture n'hésitent pas à mettre le prix fort. Mais jusqu’à récemment, il n’existait aucune preuve sérieuse validant cette supplémentation en bactéries. C’est chose faite puisque deux études publiées dans le New England Journal of Medicine s’y sont intéressées.Lesdites études ont suivi plus de 1 800 enfants âgés de 3 mois à 4 ans dont les parents s’étaient présentés aux urgences suite à des symptômes de gastro-entérite. Pour faire partie de cet essai clinique, les enfants devaient présenter 3 épisodes ou plus de diarrhées aqueuses sur une période de 24 heures, avec des vomissements ou des diarrhées dans les 72 heures. Les enfants ont été répartis en deux groupes : l’un a reçu un sachet de probiotiques contenant des Lactobacillus rhamnosus et Lactobacillus helveticus, l’autre un placebo. Les probiotiques utilisés sont ceux que l’on retrouve dans le commerce afin de lutter contre la gastro-entérite chez l’enfant.
Le sachet de probiotiques ou le placebo ont été ingérés 2 fois par jour pendant 5 jours avec un suivi jusqu’à 14 jours.
Les probiotiques, c’est vraiment pas automatique
Afin d’évaluer l’évolution de la maladie, les scientifiques ont utilisé le score de Vesikari scale ≥ 9, basé sur la durée de la diarrhée, le nombre et la durée des vomissements, la température corporelle et le traitement.Les résultats sont tombés : aucune amélioration n’a été constatée grâce à la prise de probiotiques. Dans la première étude, le pourcentage d’enfants avec une maladie modéré ou sévère était presque identique dans chaque groupe : 26,1% des enfants ayant reçu des probiotiques contre 24,7% de ceux au placebo.
Dans la seconde étude, même constat : 11 ,8% des enfants ayant ingéré des probiotiques avaient un score de Vesaki ≥ 9, contre 12,6% de ceux ayant avalé un placebo. Force est donc de constater que les probiotiques n’amenuisent nullement les signes de gastro-entérites. Stephan Freedman, pédiatre à la tête de l’une des deux études, est formel : « il n’y a aucune différence entre les enfants qui ont reçu un probiotique et les autres ».
On vous l'avait déjà dit :
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/recherche/etudes-et-experimentations/2018/10/30/les-probiotiques-pas-efficaces-chez-tout-le-monde/
Sources
- Freedman SB et coll. « Multicenter Trial of a Combination Probiotic for Children with Gastroenteritis. », N Engl J Med., 2018 ; 379 : 2015-2026, - Schnadower D et coll. « Lactobacillus rhamnosus GG versus Placebo for Acute Gastroenteritis in Children. », N Engl J Med., 2018 ; 379 : 2002-2014, - Journal International de Médecine, - Bio à la une, - Radio Canada.Les glucides sont le carburant de notre organisme. Mais attention ! Tous les glucides ne s’équivalent pas. Des sucreries aux céréales complètes, des bonbons aux légumes secs, des produits édulcorés aux fruits et légumes, les glucides regroupent une large gamme d’aliments. Avec les protéines et les lipides, les glucides appartiennent au groupe des macro-éléments apportant l’énergie dont l’organisme a besoin pour fonctionner. Alors, quels sont les glucides et lesquels faut-il choisir ?
Un peu de biochimie au service des glucides
Pour comprendre ce que sont les glucides, il faut encore une fois exploiter les données chimiques des glucides pour comprendre leur effet au niveau macroscopique.1. L’ose : l’unité structurale des glucides
La plus petite unité structurale des glucides est l’ose. Un ose est composé : – d’atomes de carbone (C) – d’atomes d’hydrogène (H) — d’atomes d’oxygène (O).Un ose est un polyalcool comportant une fonction aldéhydique (fonction pseudo-aldéhydique, car l’oxygène de l’aldéhyde est impliqué dans la forme cyclique de l’ose) ou cétonique.
Selon le nombre de carbones, on aura des trioses (3 carbones), pentoses (5 carbones), hexoses (6 carbones)…
Les oses ont le pouvoir de dévier la lumière polarisée, ce qui leur confère des propriétés spécifiques. Les oses que nous consommons dévient la lumière à droite, ce sont des « D-oses ».
Les principaux oses que l’on retrouvera, dans l’organisme ou dans l’alimentation, sont représentés dans le tableau suivant.
2. Les oligosides
La liaison osidique résulte de la condensation de deux oses avec élimination d’une molécule d’eau. Cette liaison glycosidique forme ainsi des molécules plus ou moins longues. On les classe selon le nombre d’oses constitutifs : – De 2 à 10 résidus d’oses : oligosides ou oligo-holosides – Plus de 10 résidus d’oses : polyosides.Si seuls des oses constituent l’oside, on a un holoside. Sinon, nous aurons un hétéroside.
Les principaux osides sont donnés dans le tableau 2 :
Il existe des quantités importantes de glucides, plus ou moins complexes et avec des liaisons parfois différentes entre eux. De fait, lorsque nous consommons un sucre, sa digestion ne sera pas la même car des enzymes spécifiques viendront scinder les liaisons spécifiques d’un sucre à l’autre. Et cela aura toute son importance (cf. infra avec les fibres) !
Remarque : Les termes « sucre » et « sucres » peuvent, avoir des définitions très différentes selon leur contexte d’utilisation. Dans le langage courant, « sucre » est synonyme de saccharose. Il peut également être utilisé pour un petit ose. Le terme « sucre » est également utilisé improprement pour qualifier le glucose dosé dans le sang. Parfois, le terme « sucres » est utilisé improprement pour désigner tous les glucides. Donc selon le contexte dans lequel on est, le terme sucre(s) ne désignera pas le même glucide !
3. Les hétérosides
Ceux-là sont composés d’une partie glucidique et d’une partie non glucidique (fraction aglycone). Cela donne une liaison hétéroside. Citons par exemple les nucléosides formant l’ARN ou ADN.4. Les polyols
Les polyols sont des dérivés hydrogénés des glucides : ce sont des sucres-alcool de par leur composition chimique. Plus couramment, on parle d’édulcorants qui existe : – Soit à l’état naturel dans les fruits (sorbitol), – Soit produit de façon synthétique : on réalise une hydrogénation d’une fonction chimique du glucide (on hydrogène la fonction réductrice du glucide).https://le-quotidien-du-patient.fr/article/2018/10/18/sucrette-stevia-aspartame-faux-sucre-a-quoi-servent-les-edulcorants-sont-ils-de-vrais-amis/
L’intérêt de ces sucres en alimentation est important : – ils ont un pouvoir sucrant inférieur à celui du saccharose – Leur réaction de dissolution est une réaction endothermique : elle donne une sensation de fraîcheur – Ils ne donnent pas de caries.
Néanmoins, à forte doses (supérieure à 20 g/j), ils induisent maux de ventre, flatulences et parfois même des diarrhées.
Parmi ces polyols, citons en quelques-uns : sorbitol, mannitol, xylitol, lactitol, aspartame, etc…
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/a-table/alimentation-sante/regime-pauvre-fodmaps/2018/06/06/fodmaps-polyols/
5. Les fibres
Impossible d’aborder les glucides sans citer les fibres ! Composants de la paroi des cellules végétales, les fibres alimentaires ont diverses propriétés santé qui justifient leur consommation (presque) sans modération !Pour enfin tout savoir et tout comprendre sur les fibres :
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/a-table/bien-manger/aliments/2018/11/27/fibres-alimentaires/
II. Les glucides dans l’alimentation
1. Le rôle des glucides
Les glucides sont indispensables à notre alimentation. Ils ont en effet plusieurs rôles : – Ils ont avant tout un rôle énergétique : 1 g de glucides fournit 17 kiloJoules, soit 4 kilocalories. – Ils ont un rôle de structure : les hétérosides sont présents dans de nombreux tissus conjonctifs qui structurent l’organisme – Ils permettent une épargne protéique : apportés en quantités suffisantes, les glucides permettront d’assurer leur rôle premier et donc de limiter l’utilisation des protéines à des fins énergétiques.2. Notion d’index glycémique
L’index glycémique, ou indice glycémique, est un outil incontournable quand on parle de glucides. Il définit le pouvoir hyperglycémiant d’un aliment glucidique. Cela a l’intérêt de comparer les aliments entre eux. On classe ainsi les aliments glucidiques en fonction de cet index : – Aliments à index glycémique bas (IG < 50) – Aliments à index glycémique moyen (50 < IG< 74) – Aliments à index glycémique élevé (IG > 75).Il existe de nombreuses documentations sur cet index, ou des tableaux qui résument les index glycémiques pour chaque aliment. N’hésitez pas à les consulter.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/a-table/bien-manger/aliments/2017/12/12/100-aliments-et-leur-index-glycemique-ig/
Plusieurs facteurs viennent varier cet index glycémique : 1 – La nature du sucre de l’aliment : le glucose a un IG élevé, ce qui n’est pas le cas du fructose
2 – La composition du sucre : l’amidon est formé de chaîne d’amylose et d’amylopectine. Plus la proportion d’amylose est élevée, plus l’iG est bas.
3 – La gélatinisation de l’amidon (formation d’empois à température élevée) augmente l’IG
4 – La nature de l’aliment en lui-même : • La structure : les protéines des céréales diminue l’IG • Les écorces des légumes secs ou des céréales complètes non concassées diminuent également l’IG • Le broyage, mixage ou passage à l’état liquide augmentent l’IG
5 – La composition de l’aliment ou du repas dans lequel se situe l’aliment glucidique : • Les lipides diminuent l’IG • L’acidité diminue l’IG (ajout de vinaigre, ou le levain qui augmente la présence d’acides organiques dans le pain) • Certaines fibres diminuent l’IG.
6 – Les procédés de fabrication : les céréales du petit-déjeuner en flocons ou en pétales, les pétales soufflés : tous les procédés industriels pour obtenir le produit final augmentent l’IG.
Cet index glycémique est controversé. Pas toujours reproductible, il ne reflète pas la réalité quand nous consommons un ensemble d’aliments (il ne prend pas en compte les interactions du repas). Néanmoins, son intérêt a été démontré pour équilibrer un diabète en utilisant des aliments à index glycémique bas.
3. La charge glycémique
L’index glycémique nous renseigne sur la vitesse de métabolisation du glucide, mais pas sur la quantité de glucides que renferme l’aliment. Pour cela, la charge glycémique sera intéressante car elle prendra en compte à la fois l’index glycémique et la teneur en glucides de l’aliment. La charge glycémique s’obtient en multipliant l’IG d’un aliment par la quantité de glucides par d’une portion divisée par 100 :CG = IG x quantité de glucides d’une portion de l’aliment / 100
On définit alors 3 catégories : – CG élevée > 20 – CG modérée comprise entre 11 et 19 – CG bas < 10
4. Glucides et hygiène dentaire
Le processus cariogène résulte de l’attaque de l’émail des dents par des bactéries présentes dans la bouche. Cette attaque est liée à la fermentation des glucides fermentescibles par ces bactéries, ce qui conduit à la formation d’acides qui sont néfastes pour l’émail dentaire.Tous les glucides n’ont pas le même pouvoir cariogène. Parmi les plus « dangereux », citons le saccharose, le glucose, le fructose ou le lactose (dans une moindre mesure). En revanche, les polyols ne provoquent pas de caries.
5. Recommandation diététique
a. Les sources alimentaires des glucides
Les principales sources alimentaires des glucides sont :– Les fruits (12 % de glucides en moyenne dans un fruit) – Les légumes (5 % en moyenne de glucides dans un légume) – Les céréales (23% en moyenne) – Les légumes secs (50 % en moyenne dans les lentilles, pois chiche, etc…) – La pomme de terre (16 % en moyenne) – Les produits aux saveurs sucrées (leur teneur en sucres varie d’un produit à l’autre : lisez les étiquettes de vos produits !) – Le lait (5 % en moyenne)
b. Les recommandations quantitatives des glucides
Il est recommandé d’apporter 40 à 55 % de glucides dans notre alimentation. Cet intervalle d’apport est optimal pour la réduction du risque de prise de poids et de troubles métaboliques, de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et de certains cancers.Par exemple, pour un apport moyen de 2000 kcal dans une journée, il est recommandé d’apporter entre 800 et 1100 kcal sous forme de glucides, soit entre 200 et 275 g de glucides. Il est recommandé de ne pas aller en dessous de 40% des apports énergétiques totaux en glucides. L’objectif est d’assurer les besoins minimaux des cellules gluco-dépendantes et d’éviter la formation de corps cétoniques toxiques pour l’organisme.
Par ailleurs, il est souhaitable de limiter sa consommation de glucides simples à hauteur de 10% voire même de 5 % des apports caloriques totaux (5% étant les nouvelles recommandations de l’organisation mondiale de la santé). En effet, les aliments contenant des glucides simples ajoutés sont présentés comme des aliments à calories vides, c’est-à-dire à faibles de par leur densité nutritionnelle (les produits sucrés n’apportent que peu de vitamines, ou sels minéraux ou fibres par exemple et sont pour autant parfois très énergétiques).
L’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail propose en outre de ne pas consommer plus de 100 g de sucres totaux par jour (hors lactose et galactose) et pas plus d’une boisson sucrée (en privilégiant les jus de fruits). Et par sucres totaux, on entend les sucres présents dans les sucreries, mais surtout les sucres présents dans les fruits et légumes ! Cette valeur est un maximal recommandé et non un apport à respecter ! Cette valeur seuil a été déterminée afin de : – limiter les risques de prise de poids – limiter les risques de diabète – limiter les risques cardiovasculaires (augmentation des triglycérides par exemple) – limiter un risque de développer un cancer
Il faudra par ailleurs éviter la consommation de produits céréaliers raffinés, c’est-à-dire qui ont perdu tout ou une partie de l’écorce : dans cette quête de la blancheur absolue, les industriels ont raffiné au maximum céréales et farines. Il en résulte des produits de basse qualité pauvres en sels minéraux et vitamines, et donc à éviter !
c. Les recommandations quantitatives des fibres
Les fibres sont des polymères glucidiques d’origine végétale. Les fibres ne sont pas digérées, elles ne sont pas non plus absorbées dans l’intestin grêle.La recommandation en fibres est de 25 à 30 g par jour, dont 10 à 15 g sous forme soluble (pour les adultes).
Les fibres insolubles se retrouveront principalement dans les céréales complètes, le son de blé, le son d’avoine, les légumes secs et certains fruits et légumes (pruneaux, pommes, figues, poireaux).
Les fibres solubles seront présentes dans les fruits et les légumes principalement et le riz.
Sources
- ANSES, "Sucres dans l'alimentation", février 2018, - ANSES, "Actualisation des repères du PNNS : établissement de recommandations d’apport de sucres", décembre 2016, - ANSES, "Actualisation des repères du PNNS : élaboration des références nutritionnelles", décembre 2016, - Nutrition du bien portant, Editions Tec et Doc, E. Fredot, 2007, - Le nouveau régime IG, A. Houlbert et E. Nérin, 2011, Thierry Souccar Editions, - Cours CNED : Nutrition et Alaimentation, N. Wallart, BTS diététique 1ère année, - Cours CNED : Biochimie-Physiologie, M. Frenot, Programme de 1ère année.Le gras et le microbiote feraient une piètre alliance. Si une nourriture trop riche en gras provoque cholestérol, maladies cardiovasculaires, diabète et obésité, elle a aussi des effets sur notre microbiote. Une étude internationale de recherche, vient notamment de mettre en évidence, chez la souris, l’influence directe d’une alimentation trop riche en graisse sur le microbiote intestinal et son environnement.
Gras et microbiote ne font pas la paire
Des chercheurs ont soumis des souris à un régime composé de 70 % de lipides et ont ensuite étudié les effets de ce régime sur le microbiote de ces souris. « Un mois seulement après le début de ce nouveau régime riche en graisse, nous avons constaté des changements dans la composition du microbiote. Certaines espèces bactériennes proliféraient tandis que d’autres diminuaient, l’espèce Candidatus arthromitus ayant même complément disparu. Par ailleurs, et de façon totalement inédite, nous avons observé une concentration massive des bactéries entre les villosités de l’épithélium intestinal », présente Thierry Pédron. La paroi intestinale est protégée des bactéries non seulement par l’épithélium qui libère en cas d’attaques des peptides mais aussi par le mucus qui le tapisse. Lors d’un régime trop riche en graisse, la production de peptides chute et le mucus s’affine, affaiblissant ainsi nos défenses antimicrobiennes. Mais ce n’est pas tout. L’intestin grêle subit lui aussi des modifications, il devient plus perméable mais surtout l’activité de PPAR-ƴ chute.Les hormones et le métabolisme...
Précisons que les PPAR appartiennent à la grande famille des récepteurs nucléaires d’hormones. De très nombreuses études réalisées au cours de la dernière décennie ont établi l’importance de ces récepteurs dans divers métabolismes, notamment dans l’homéostasie lipidique et glucidique ou encore dans le contrôle de la prolifération et de la différenciation cellulaires. Il existe trois types de PPAR, α, β (δ) et γ. Le PPAR-γ est plus spécifiquement exprimé dans le tissu adipeux. La participation du PPAR-γ à diverses voies biologiques a un double intérêt, fondamental et clinique. En effet, il intervient dans des processus physiopathologiques cruciaux tels que la différenciation, la résistance à l’insuline, le diabète de type 2, l’athérosclérose et le cancer (3). « PPAR-γ est une molécule qui a de nombreuses fonctions, elle joue un rôle important dans le métabolisme des acides gras, mais aussi dans l’inflammation et le développement embryonnaire. Cette chute semble intimement liée à celle des peptides antimicrobiens. », explique Thierry Pédron.Cette étude n’établit pas de liens entre tous ces résultats, et leurs implications potentielles dans certains déséquilibres alimentaires. Mais en revanche, elle montre que si le déséquilibre intervient au bout d’un mois, tout rentre dans l’ordre après un mois de régime équilibré.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/medecine/maladies-chroniques/2018/09/21/microbiote-intestinal-un-ecosysteme-fragile/
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Sources
- Inserm, - Publications Inserm.Selon une étude menée par l'Ifop et publiée par Malakoff Médéric, un salarié du privé sur quatre auquel le médecin a prescrit un arrêt maladie ne l'a pas respecté. Dans près de 40% des cas, ces maladies étaient liées... au travail.
Un arrêt maladie prescrit doit-il toujours être suivi par le malade ?
Et bien non ! D'ailleurs, en 2018, près d'un salarié du privé sur quatre y a renoncé de façon partielle ou totale. Selon une étude sur l'absentéisme au travail publiée mercredi par Malakoff Médéric, c'est un chiffre en augmentation. 42% des personnes interrogées par l'étude se sont vu prescrire un arrêt maladie au cours des douze derniers mois et 23% d'entre-eux ont décidé de ne pas respecter leur arrêt maladie. Il n'étaient que 19% en 2016.Plus précisément, 8% des arrêts ont été pris partiellement et 15% pas du tout. Un chiffre qui marque une "progression significative", a indiqué à l'AFP Anne-Sophie Godon, directrice Innovation au sein du groupe de protection sociale. Deux ans plus tôt, seuls 12% des personnes interrogées n'avaient pas respecté du tout leur arrêt maladie prescrit.
Les salariés renoncent essentiellement aux arrêts de courte durée. Le taux de renoncement est de 18 % pour les arrêts prescrits pour quatre à cinq jours, de 22 % pour ceux de six à dix jours, mais de 5 % seulement pour les arrêts de plus d’un mois. Or « 86 % des arrêts de moins d’un mois ne représentent qu’un tiers (29 %) des jours d’arrêt », indique l’étude de Malakoff Médéric.
Une recrudescence des maladies professionnelles
Ceux qui ne prennent pas complètement leur arrêt maladie sont à 48% des dirigeants salariés et à à 22% des cadres. Un phénomène également marqué dans les secteurs de l'hôtellerie-restauration (30%) et du commerce (19%, contre 6% dans la banque-finance-assurance). Et les employés en télétravail n'échappent pas à la règle : parmi eux, 24% renoncent à leur arrêt maladie", relève encore la directrice.De plus, près de deux arrêts maladie sur cinq (39%) sont liés au contexte professionnel : TMS (Troubles musculosquelettiques), troubles psychologiques, épuisement, dépression... Résultat : les salariés du privé qui n'ont pas respecté leur arrêt maladie en 2018 sont 45% à penser que cela a eu un impact sur leur productivité, 38% à estimer que cela a nui à la qualité de leur travail et 24% à juger que cela a allongé la durée de leur maladie.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/demain/recherche/etudes-et-experimentations/2018/04/05/vous-etes-en-situation-de-stress-votre-microbiote-intestinal-en-a-conscience/
Pourtant, l’absentéisme augmente bel et bien.
Entre 2012 et 2016, la durée moyenne des arrêts de plus de trente jours a augmenté de 10 %. Le nombre de jours d’absence des salariés est passé de 13,5 à 17 par an en moyenne en dix ans.Et en 2016, ce chiffre s'envole. « La part des affections psychiques dans les accidents du travail a augmenté de 60 % entre 2011 et 2016 pour atteindre 10 000 en 2016 », précise Malakoff Médéric et le nombre de demandes de reconnaissance de ces affections en maladie professionnelle est passé de 200 en 2012 à 1 100 en 2016.
Enfin, 2016 marque le maintien dans la vie active des seniors touchés par le relèvement de l’âge de la retraite à taux plein sans décote de 65 à 67 ans. Ainsi, 42,7 % des arrêts longs sont pris par des salariés de 50 ans et plus. C’est la catégorie d’actifs qui renonce le moins à suivre l’avis médical. Les plus de 50 ans ne sont que 12 % à ne pas prendre leur arrêt maladie.
Cette situation a pour conséquence directe l'augmentation du montant des indemnités journalières. La grande inquiétude du gouvernement : comment freiner l'augmentation du coût des arrêts maladie ? Le Premier ministre Édouard Philippe a missionné des experts qui privilégient plusieurs pistes de réflexion, dont le télétravail.
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