
Un accident dans la rue est si vite arrivé ! Lorsqu’il survient chez soi, on se tourne vers son assurance. Mais lorsque c’est dans la rue, vers quelle assurance se tourner ? Que faire ? Petit inventaire des différents cas et des réactions à avoir.
Un accident dans la rue : vers quelle assurance se tourner ?
En cas d’accidents en dehors de chez soi dont vous n’êtes pas responsable, le principe fondamental, c’est le lieu où cela s’est passé. Vous glissez devant un magasin dont l’employé vient de mouiller le trottoir ? C’est l’assurance du propriétaire du magasin qui doit intervenir. Vous tombez dans un autobus dont le chauffeur a freiné trop brusquement, c’est l’assurance de la direction de l’autobus. Un accident sur une voie départementale, c’est l’assurance du département. Bref, le principe est assez simple, c’est l’assurance du causeur de l’accident qui est payeuse.Lorsque vous êtes tombé dans un bus, parce que le chauffeur a freiné trop violemment vous devez d’abord prendre contact avec votre assureur qui se tournera vers l’assurance de l’entreprise. Il vous faudra également démontrer que cette chute est la cause d’un préjudice.
Dans ce cas, rassemblez des preuves : demandez à des personnes de témoigner, prenez des photos…
Si vous n’êtes pas hospitalisé, demandez un certificat à votre médecin qui attestera que vos blessures sont bien dues à votre chute.
Conservez toutes les factures de vos soins.
Protection juridique ou garantie défense-recours ?
Dans certaines situations, vous devrez faire appel à votre protection juridique ou à la garantie défense recours. Dans quels cas ?Si la responsabilité de chacun n’est pas clairement définie, c’est la garantie défense-recours qu’on fait intervenir.
« Lorsque les conditions de responsabilités de chacun ne sont pas clairement définies lors de la survenance d'un sinistre c’est la garantie défense-recours qui entre en jeu (…) La particularité de cette garantie repose sur le fait qu'elle ne peut pas être dissociée de la notion de responsabilité civile. Autrement dit, elle est donc actionnée automatiquement pour les actions en justice ou recours à l'amiable, visant à déterminer l'auteur du dommage qui sera tenu d'indemniser la victime au titre de sa responsabilité civile. (…) cette garantie est plafonnée dans la limite de ce que couvre le contrat souscrit par l'assuré. ».
La responsabilité de l’assuré est mise en cause, c’est la protection juridique qui prend le relais. L'assurance protection juridique « consiste à faire bénéficier l'assuré des moyens nécessaires à la défense de sa cause, s'il se retrouve au centre d'un quelconque litige ».
Assurance « individuelle accidents » ou « garantie des accidents de la vie »
Si vous vous êtes blessé tout seul ou que le responsable n’a pas été identifié (pensez aussi que le responsable peut être un animal), c’est votre assurance « garantie des accidents de la vie » ou assurance « individuelle accidents » qui doit prendre en charge les frais de cet accident.« La garantie accidents de la vie (GAV) sert à protéger l'assuré, et éventuellement sa famille, des conséquences des accidents de la vie quotidienne. L'assureur indemnise la victime si le responsable de l'accident n'est pas identifié ou s'il en est lui-même le responsable. Les contrats proposés par les assureurs diffèrent, certains éléments de la garantie peuvent être déjà couverts par d'autres assurances (sécurité sociale, complémentaire santé, carte bancaire...).
Elle couvre les dommages corporels liés aux : - accidents domestiques (brûlure, chute, bricolage, jardinage, intoxication...), - accidents survenus dans le cadre de loisirs (sport, voyage...), - catastrophes naturelles (tempête, avalanche, tremblement de terre...) ou technologiques (effondrement d'un magasin, par exemple), - accidents médicaux, - agressions ou attentats. »
L’assurance individuelle accidents, « vous couvre contre tous les dommages corporels dont vous êtes victime. Que votre responsabilité soit engagée ou qu’il n’y ait aucun tiers identifié. (…) Elle est souscrite par l’assuré pour son compte personnel ou celui de sa famille afin de compenser, (…) les conséquences financières qu’un accident dont lui ou un membre de sa famille serait victime. Elle n’est pas obligatoire mais fortement recommandée. Une assurance individuelle accident vous garantit à vous ou à vos ayants droit le paiement des indemnités dans le cas où vous serez victime d’un accident corporel, tant au cours de votre vie professionnelle qu’en dehors de celle-ci ».
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/2018/02/27/5-accidents-domestiques-les-prevenir-et-les-guerir/
Et si le responsable n’est pas assuré ?
Prenons le cas d’une personne qui sort de chez elle à pieds. C’est hiver, il a neigé, les trottoirs sont glissants. Cette personne tombe devant la porte de son voisin et se casse une jambe. Qui est responsable ? Dans ce cas, il existe deux possibilités.Tout d’abord, « la municipalité n’a pas exigé, par arrêté municipal, le déneigement (…). C'est la commune qui se charge du déneigement de la voie publique. En cas d'accident, la victime (passant, copropriétaire...) peut engager la responsabilité de la commune ».
Second cas, « il existe un arrêté municipal [qui vous oblige à déneiger devant chez vous] et les mesures prescrites par arrêté municipal n'ont pas été prises, la victime peut engager la responsabilité : - du locataire ou du propriétaire si le trottoir jouxte une maison individuelle ; - du syndicat des copropriétaires et/ou du syndic de copropriété si le trottoir jouxte un immeuble en copropriété (5) ».
Les accidents de la route
Rappelons quelques chiffres : en 2017, 73 384 personnes ont été blessées par un accident de la route. 27 732 de ces personnes ont dû être hospitalisées parmi lesquelles une sur dix gardera des séquelles lourdes.Situation simple : vous êtes renversé par une voiture. Le chauffeur s’est arrêté, il est assuré. Tout va bien dans le meilleur des mondes ! C’est l’assurance du chauffeur qui vous indemnise.
Situation compliquée : le chauffeur ne s’arrête pas. Que se passe-t-il ? En premier lieu, demandez aux témoins ce qu’ils ont vu et surtout leurs coordonnées. Eux seuls pourront soutenir que vous avez été victime d’un accident. Ensuite, allez porter plainte au commissariat et demandez si des caméras de surveillance peuvent montrer la plaque d’immatriculation du conducteur.
Si personne n’a vu l’accident, lancez un appel à témoin avec des affichettes dans le quartier et pensez aux réseaux sociaux.
Dernier recours
Si votre chauffard n’est pas retrouvé ou si le responsable n’est pas assuré, vous pouvez faire un recours auprès du Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO).Le FGAO indemnise les victimes d'accident de la circulation quand le responsable n'est pas identifié, quand il n'est pas assuré ou quand son assureur est insolvable. Selon ce Fonds, on estime qu'entre 370000 et 750000 personnes roulent aujourd'hui sans contrat d’assurance. Les chauffards non assurés, quand on les retrouve, peuvent avoir une note très élevée à payer, jusqu’à plusieurs millions d’euros.
Qui saisit ce fonds ?
C’est l’assurance de la victime qui saisit généralement le FGAO. À défaut, la victime de l'accident ou ses ayants droits peuvent le saisir.Dans quels délais le saisir ?
Un an au maximum pour déposer un dossier à la FGAO si le responsable est connu. Si le responsable est inconnu, le FGAO peut être saisi dans un délai de 3 ans après l'accident.https://le-quotidien-du-patient.fr/special/2018/11/13/diabetiques-au-volant/
Sources
- Notre Temps, - Service public, - Sécurité routière, - Le comparateur assurance, - Service public, - Le comparateur assurance, - Le Figaro.Depuis l’émergence de l’épidémie de sida, aucun gouvernement n’avait voulu évoquer la question du remboursement du préservatif masculin alors même que les autorités sanitaires ne cessaient d’inciter à son usage. Avec EDEN, le premier préservatif masculin remboursé, c'est chose faite à partir du 10 décembre prochain.
Eden, le premier préservatif masculin remboursé par l’Assurance maladie
Ce n’est ni pour la beauté du geste ni pour adoucir les mœurs qu’à partir du 10 décembre prochain, une femme comme un homme, pourra se faire délivrer le premier dispositif médical en latex. En clair, une boite de préservatifs.En effet, face à la recrudescence des IST en général, et des infections par le VIH en particulier, il était indispensable « d’apporter une réponse efficace à un enjeu majeur de santé publique : la prévention des infections sexuellement transmissibles ».
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/au-vert/culture/cinema/2017/12/01/sida-et-cinema-de-philadelphia-a-120-battements-par-minute/
Cette décision fait suite à un avis favorable de la Haute autorité de santé émis pour le remboursement d’une seule marque de préservatifs. EDEN s'achète en pharmacie sur présentation d’une prescription d’un médecin ou d’une sage-femme.
Réduire les dépenses de santé
«Compte tenu des cas de transmission qui seront évités avec le préservatif remboursable, et du coût actuel de prise en charge des IST qui s’élève à 2 milliards d’euros dont 1,6 pour le seul VIH (11.000 euros par an pour un patient atteint du VIH), le remboursement du préservatif EDEN par l’Assurance maladie permettra de réaliser d’importantes économies dans les prochaines années», assure le Laboratoire Majorelle.https://le-quotidien-du-patient.fr/article/2017/12/01/le-sida-en-4-chiffres/
Deux modèles : EDEN et EDEN XL sous forme de boîtes de six, douze ou vingt-quatre préservatifs. De qualité «premium», EDEN bénéficiera d’un taux de remboursement de 60% sur la base d’un prix de vente s’élevant à 1,30€ TTC la boîte de six (également disponible en taille XL), 2,60€ TTC la boîte de douze et 5,20€ TTC la boîte de vingt-quatre.
Tous concernés
Les données disponibles pour estimer la population cible des préservatifs sont extrêmement limitées, notamment dans l’indication de prévention des IST. Plus de 100 millions d’unités sont vendues ou distribuées chaque année en France, mais le nombre d’utilisateurs, ainsi que la finalité de l’usage (contraception ou prévention des IST), ne peuvent en être déduits. La population des 15-75 ans, retenue comme étant susceptible d’être sexuellement active, représente 50 millions de personnes, toutes n’étant pas concernées par la prévention des IST. Aucune donnée ne permet d’estimer la proportion à risque d’exposition. [...]Dans la population générale âgée de plus de 15 ans, le préservatif prévient des huit infections sexuellement transmissibles suivantes : – Virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ; – Virus de l’Herpes simplex (HSV-2) ; – Papillomavirus (HPV) ; – Hépatite B ; – Syphilis ; – Chlamydia ; – Gonorrhée ; – Trichomonas.
Pour sa part, la HAS aimerait que des données «permettant de mesurer l’impact sur la santé publique de la prise en charge par l’Assurance maladie des préservatifs» soient disponibles lors du renouvellement de la demande de remboursement. Rien, malheureusement, ne semble encore prévu sur ce sujet.
Supprimer le gluten quand on souffre de fibromyalgie est certainement la première recommandation nutritionnelle…en médecine alternative. Jusqu’à récemment, dire à votre médecin que votre état de santé s’était amélioré depuis que vous suiviez un régime sans gluten, au mieux faisait sourire, au pire vous « cataloguait » comme la énième fashion victim de ce phénomène nutritionnel !
La fibromyalgie, un syndrome à part ?
La fibromyalgie est une maladie rhumatologique qui se caractérise par des symptômes tels que la douleur, la fatigue, les troubles du sommeil mais aussi de l’humeur et donc une diminution de la qualité de vie. Comme dans tout syndrome, le diagnostic est difficile à poser puisque les examens médicaux sont « normaux ». Sa prévalence approximative est de 1,5% de la population.Les facteurs génétiques et environnementaux seraient importants, ils sont en tout cas ceux retenus par les médecins…
En regardant plus en détail la littérature scientifique sur la fibromyalgie, on constate rapidement que, loin d’être isolée, cette maladie est souvent associée à d’autres, telles la maladie cœliaque, le syndrome de l’intestin irritable ou l’inflammation lymphocytaire chronique. Pour ces pathologies, elle devient un facteur de comorbidité et plus qu’une maladie.
Le régime sans gluten fait ses preuves
Dans ces conditions, le paradigme suivant devient complexe : le régime sans gluten a-t-il un impact sur les symptômes de la fibromyalgie ? Pourtant plusieurs équipes de chercheurs se sont attelées à la tâche.Lorsque la fibromyalgie est associée à la maladie cœliaque l’intérêt de ce régime est évident. En cas d’hypersensibilité au gluten, c’est surprenant mais les conclusions sont très variées : « rémission de la fibromyalgie » pour certains tandis que d’autres ne lui trouvent pas plus d’intérêt qu’un régime hypocalorique.
BecauseGus, en août 2018, a fait un article sur le soulagement apporté aux personnes souffrant de fibromyalgie grâce au régime sans gluten. Effectivement, plusieurs études en 2013 et 2014, d’équipe espagnoles ou italiennes tendaient à conclure par la positive. La fibromyalgie était alors principalement associée au Syndrome de l’Intestin Irritable. Des études complémentaires devaient être faites pour vérifier ces résultats.
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/tous-pour-un/2019/04/18/fibromyalgie-enfin-une-etude-francaise/
Fibromyalgie et régime sans gluten : encore des doutes
Oui, encore des doutes… et surtout à LQDP !Depuis 2013, les connaissances du SII ont progressé. Le régime pauvre en FODMAPs est aujourd’hui le premier traitement de la maladie alors pourquoi pas celui de la fibromyalgie puisqu’on les associe ? Une première étude pilote a été menée en 2017 montrant une diminution des douleurs liées à la fibromyalgie et une amélioration de la qualité de vie (principalement grâce à une diminution des symptômes du SII !).
L’alimentation n’a pas encore ( ?) « mérité » sa place dans les recommandations de prise en charge des patients souffrant de la fibromyalgie. Espérons que de nouvelles études ou le projet Nutrinet (portant sur la consommation de gluten qui débutera en 2019) apporteront des réponses complémentaires à nos questions encore en suspens.
Gérer le quotidien sans gluten est source de tracas ? WeCook a la solution :
https://www.youtube.com/watch?v=PU7JepqD2HY
Sources
- Rodrigo et al., « Clinical impact of a gluten-free diet on health-related quality of life in seven fibromyalgia syndrome patients with associated celiac disease. », BMC Gastroenterology, 2013, 13, 157, - Volta, « Gluten-free diet in the management of patients with irritable bowel syndrome, fibromyalgia and lymphocytic enteritis. », Arthritis Research & Therapy, 2014, 16, 4224, - Rodrigo et al., « Effect of one year of a gluten-free diet on the clinical evolution of irritable bowel syndrome plus fibromyalgia in patients with associated lymphocytic enteritis- a case-control study. », Arthritis Res Ther., 2014, 16 (4), 421, - Häuser, « Guidelines on the management of fibromyalgia syndrome – A systematic review. », European journal of pain, 2009, 14(1), 5-10, - Lee et al., « Management of fibromyalgia syndrome Cognitive-behavioral therapy (CBT) for healthcare professionals. », Pain Management, 2018, Vol. 87 (1), - Talotta et al., « One year in review 2017: fibromyalgia. », Clinical and Experimental Rheumatology, 2017, - Slim et al., « The Effects of a Gluten-free Diet Versus a Hypocaloric Diet Among Patients With Fibromyalgia Experiencing Gluten Sensitivity–like Symptoms- A Pilot, Open-Label Randomized Clinical Trial. », Journal of Clinical Gastroenterology, 2017, vol. 51 (6), 500-507, - Marum et al., « A low fermentable oligo-di-mono saccharides and polyols (FODMAP) diet reduced pain and improved daily life in fibromyalgia patients Author links open overlay panel. », Scand J Pain., 2016, 13, 166-172, - Isasi et al., « Fibromyalgia and non-celiac gluten sensitivity- a description with remission of fibromyalgia. », Rheumatol Int., 2014, 34, 1607–1612.L'intelligence artificielle (IA) consiste à mettre en œuvre un certain nombre de techniques visant à permettre aux machines d'imiter une forme d'intelligence réelle.
Quelles sont les possibilités de l’intelligence artificielle en médecine ?
Nous sommes tous un peu frileux devant cette nouvelle science, pourtant elle offre énormément de possibilités dans le domaine de la santé. Le livre de Cédric Villani et du Pr Nordlinger, Santé et Intelligence artificielle, nous éclaire sur toutes les possibilités de l’IA. Elle nous permet de renouveler et perfectionner l'interprétation des images, modéliser la croissance des tumeurs, prédire la réponse aux traitements administrés, augmenter les performances en radiologie, en anatomie pathologique, en dermatologie, tirer parti des données génétiques pour comprendre les maladies, développer la médecine de précision, constituer des recueils de données d'une richesse jusqu'ici inaccessible.Pourquoi hésiter ?
Ce livre expose les réflexions menées « lors d’un groupe de travail intelligence artificielle et santé créé par l’Académie nationale de Médecine et l’académie des Sciences ». Il regroupe donc des réflexions de mathématiciens, chirurgiens, modélisateurs et analystes, administrateurs hospitaliers, juristes informaticiens, cancérologues..., environ une cinquantaine de spécialistes livrent leur vision d’une complémentarité révolutionnaire combinant santé et intelligence artificielle. Ce livre est divisé en 5 chapitres : base de données, aide au diagnostic et au traitement, recherche, données, humain expose sous des angles différents la complémentarité qui existe entre l’IA et le médecin. A leurs lectures, nous comprenons rapidement que le problème n’est peut-être pas si simple.Intégrer l’IA n’est pas uniquement changer de mentalité, cela suppose une formation des professionnels de santé, et au-delà, beaucoup de défis : technique et technologique (comment traiter la taille des bases de données lorsque celle-ci regroupe les données de tout un pays, comme le SNDS ?) ; éthique et légal, (comment protéger les données personnelles des personnes inclues dans cette base de données ?), de la confiance (convaincre les acteurs de surmonter leurs réticences). On le voit, les obstacles sont nombreux. Pourtant, l’IA ne cherchera jamais à remplacer le médecin mais à l’aider. Grâce à l’IA, il deviendra ainsi « mieux outillé pour guérir, prévenir, analyser, décider, et en même temps pourvu d’empathie et doué pour le contact humain (…) Il s’agira d’améliorer les diagnostics, les observations, les choix thérapeutiques ».
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/tous-pour-un/2017/12/05/e-sante-la-revolution-a-commence/
Santé et intelligence artificielle : Le médecin augmenté ?
De médecin seul, qui jusqu’à aujourd’hui face à l’observation d’une tumeur en déduit le traitement, devient un médecin augmenté. Ainsi, quel médecin ne se reconnaît pas dans cette phrase, « La simple observation de l’évolution d’une maladie, le jugement de l’efficacité d’un traitement sur une tumeur : tout cela est aujourd’hui jugé de façon très approximative, par exemple en mesurant le diamètre de la tumeur ». Avec l’IA, le médecin peut connaître la carte d'identité des tumeurs, qui permet l'analyse du génome tumoral pour connaître le mécanisme moléculaire dominant au sein du cancer d'un patient donné et d'adapter le traitement en fonction, c’est ce qu’on appelle la médecine personnalisée. Mais cette nouvelle façon de traiter n’est pas encore au point.Autre point significatif, les bases de données. Elles répertorient les maladies, les traitements subis, et d’autres données personnelles du patient. Certaines bases de données sont importantes, le Système national des données de santé (SNDS), par exemple, regroupe les principales bases de données de santé publiques existantes. C’est la base de données médicales la plus importante au monde. A qui appartiennent ces bases de données ? Les personnes qui y figurent sont-elles vraiment protégées ? De plus, ces bases de données sont restrictives, elles ne regroupent que les personnes assurées, qu’en est-il pour celles qui ne sont pas assurées, qui ne suivent pas de traitements médicaux ?
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/2018/11/23/securite-sociale-collecte-donnees-recherche/
La réticence des professionnels de santé face à l’IA n’est donc pas une simple méfiance et Cédric Villani souhaite « organiser les interactions vertueuses entre l’expertise humaine et les apports de l’intelligence artificielle dans l’exercice quotidien de la médecine ».
Si elle peut aider à mieux soigner, l’IA doit être mise en place de façon à ce que tous puissent se sentir en confiance. Elle nécessite donc une pédagogie de tous (acteurs, patients, législateurs, etc.) afin de dépasser tous les fantasmes qui l’empêchent d’aider et de sauver l’humain.
Ce livre est un premier pas vers cette pédagogie. Même s’il s’adresse à des gens informés, il est quand même un premier pas pour tous ceux qui pensent que l’IA dans quelques années sera incontournable !
© CNRS Éditions
Santé et intelligence artificielle, Cédric Villani et Bernard Nordlinger (dir.), CNRS Editions, octobre 2018, 416 pages, 25 €
« J’ai finalement pris ce produit, parce qu’il est français », qui n’a pas entendu cette phrase ou qui n’a pas préféré acheter un produit français plutôt qu’un autre ? Quels produits sont concernés par le Made in France ? Et, le Made in France : gage de qualité ? Éclairages.
Le Made in France : gare au porte-monnaie
En 2014, dans un documentaire « Made in France », diffusé le 19 mars par Canal+, un journaliste a essayé de vivre 100 % français. Il faisait alors une remarque intéressante, « impossible de trouver une télévision fabriquée en France, un ordinateur, du café ou encore un coupe-ongles (...) L’industrie française ne produit donc pas (plus) tous les produits nécessaires à notre quotidien actuel. Difficile d’être une économie dynamique quand tout va au ralenti… ».Beaucoup de consommateurs choisissent pourtant le made in France (MIF), mais ces produits sont souvent plus chers. Selon un sondage BVA de janvier 2018 réalisé auprès d’environ 1000 Français, 55 % ont remarqué que les produits français étaient plus chers que les autres. Donc, si nous achetons français ce n’est pas pour économiser ! Et certains vont même plus loin, 73 % des consommateurs seraient prêts à payer plus chers des produits fabriqués en France et 79 % des distributeurs déclarent que l’argument « produit français » leur permet d’augmenter leurs ventes.
La Mode du Made in France ?
L’achat français est d’abord un acte écologique. Un produit fabriqué en France parcourt nécessairement moins de kilomètres qu’un produit fabriqué en Chine avant d’arriver chez nous. De nouvelles tendances sont apparues autour de ce concept de consommation locale. Ainsi, les locavores, cette nouvelle façon de consommer qui prône la consommation de nourriture produite dans un rayon restreint autour de son domicile. Concrètement, les locavores : - achètent des produits aux producteurs locaux grâce aux circuits-courts ; - privilégient les produits frais et de saison ; - limitent le gaspillage alimentaire ; - favorisent le maintien des populations sur le territoire.Des fruits et légumes Made in France, et tout près de chez vous :
https://le-quotidien-du-patient.fr/article/au-vert/culture/livres/2018/01/02/au-nom-dune-consommation-locale-et-raisonnee-adherez-a-une-amap/
Mais consommer Français serait aussi une façon de défendre nos emplois. Ainsi, dans un rapport du Conseil d’orientation pour l’emploi (COE) intitulé « Consommation responsable : une opportunité pour l’emploi ? », il apparaît que la consommation de produits français pourrait créer environ 150 000 emplois.
Cependant, l’argent et l’écologie ne font pas tout. Si les français préfèrent les produits MIF, c’est aussi parce qu’ils sont un gage de qualité que le consommateur reconnaît avec les appellations d’origine.
Les appellations d’origine
C’est pour lutter contre la fraude qu’une loi de 1905 a créé le concept d’Appellations d’origine. Les appellations d’origine permettent de reconnaître un produit dont la qualité et les caractéristiques sont liées à une origine géographique, ou celui dont le nom jouit d’une notoriété établie. Elle établit donc des liens étroits entre la caractéristique géographique, le savoir-faire et l’environnement propres à une région et les caractéristiques du terroir.Différents sigles d’appellation d’origine existent désormais. Pour s’y retrouver voici un petit rappel des différents sigles.
AOP/AOC
Selon le site de l’INAO : « L’Appellation d’origine protégée (AOP) désigne un produit dont toutes les étapes de production sont réalisées selon un savoir-faire reconnu dans une même aire géographique, qui donne ses caractéristiques au produit. C’est un signe européen qui protège le nom du produit dans toute l’Union européenne ». En font partie : le poulet de Bresse, le piment d’Espelette, les cocos de Paimpol ou le roquefort.« L’Appellation d’origine contrôlée (AOC) désigne des produits répondant aux critères de l’AOP et protège la dénomination sur le territoire français. Elle constitue une étape vers l’AOP, désormais signe européen». L’AOC est une démarche nationale.
Les appellations d’origine connaissent un certain succès auprès des consommateurs. En 2016, le chiffre d’affaires des AOP représentaient près de 20 milliards d’euros.
L’indication géographique protégée (IGP)
« L’Indication géographique protégée (IGP) identifie un produit agricole, brut ou transformé, dont la qualité, la réputation ou d’autres caractéristiques sont liées à son origine géographique. L’IGP s’applique aux secteurs agricoles, agroalimentaires et viticoles. Pour obtenir ce signe officiel, une étape au moins parmi la production, la transformation ou l’élaboration de ce produit doit avoir lieu dans cette aire géographique délimitées. L’IGP est liée à un savoir-faire. Elle ne se crée pas, elle consacre une production existante et lui confère dès lors une protection à l’échelle nationale mais aussi internationale. » En font partie : les fraises du Périgord, les pruneaux d'Agen, le jambon de Bayonne ou le riz de Camargue.La spécialité traditionnelle garantie
« La Spécialité́traditionnelle garantie (STG) correspond à un produit dont les qualités spécifiques sont liées à une composition, des méthodes de fabrication ou de transformation fondées sur une tradition. La Spécialité́ traditionnelle garantie relève d’un usage, d’un savoir-faire, d’une pratique ancienne, typique, particulière nationale, régionale ou locale mais qui peuvent être réalisés en dehors du pays ou de la région de provenance ou de fabrication du produit. » Un seul produit français bénéficie de cette appellation : les moules de bouchot.L’agriculture biologique (AB)
« L’Agriculture Biologique est un mode de production qui allie les pratiques environnementales optimales, le respect de la biodiversité́, la préservation des ressources naturelles et l’assurance d’un niveau élevé de bien-être animal ». L’AB représentait en 2017, 6,6 % du territoire agricole français, 8,373 milliards d’euros et 134500 emplois directs créés.Le label rouge
« Le Label Rouge est un signe national qui désigne des produits qui, par leurs conditions de production ou de fabrication, ont un niveau de qualité supérieur par rapport aux autres produits similaires habituellement commercialisés ».Le Made in France meilleur pour la santé ?
Favoriser des fruits et des légumes issus du territoire français implique inéluctablement de consommer des produits de saison. Manger des fruits et des légumes de saison, c'est consommer des aliments plus sains, car cultivés de manière plus "naturelle" que ceux cultivés hors-saison. C'est donc plus de vitamines et de minéraux.De plus, consommer des fruits et des légumes français suggère une qualité et une fraîcheur optimales car les denrées ont été cueillies à maturation, dans des conditions adaptées. Fruits et légumes n'ont donc pas parcouru des milliers de kilomètres et n'ont pas subi de traitements après récoltes... Ainsi, manger local c'est manger plus frais et plus sain, les fruits et légumes de la région pouvant de fait révéler toutes leurs qualités nutritives.
L’agriculture française bio, gage de qualité ?
L’agriculture bio française est encore à la traîne. Sur 29 pays de l’Union économique européenne, la France était encore dix-neuvième en 2016 ! En 2017, 6,6 % de la surface agricole utile était cultivée en bio, il reste donc 93,5 % de terres cultivées en agriculture conventionnelle. « Le bio occupe 28 % des surfaces de production de légumes secs, 20 % pour les fruits frais, idem pour la filière des plantes à parfum, aromatiques et médicinales, et 10 % des vignes nationales ».L’agriculture française n’est donc pas la cause principale de l’engouement pour le made in France ! « Près de 70 % des produits bio consommés dans le pays sont produits en France (…) Presque la totalité du vin, des boissons alcoolisées et des œufs bio est «made in France», alors que dans la catégorie mer, saurisserie et fumaison, on doit importer 77 % des denrées. Idem du côté des produits dits «exotiques» (café, cacao, bananes, agrumes…), qui doivent voyager ».
https://le-quotidien-du-patient.fr/special/2018/10/23/alimentation-bio-et-risques-de-cancer/
Une exception française ?
En premier lieu, la France a la culture de l’alimentation et surtout du plaisir de manger.Et ceci est reconnu, puisqu’en 2010, la gastronomie française et notre tradition alimentaire ont été reconnus par l’UNESCO qui a inscrit le repas gastronomique français à son patrimoine mondial. Ajoutons que du point de vue géographique la France bénéficie d’un climat tempéré ce qui lui permet de jouir de nombreux terroirs de qualité. Enfin, la sécurité alimentaire est aussi une tradition et un gage de qualité. Selon Jean-Jacques Caspari, directeur général de Rougié (leader mondial du foie gras) « La gastronomie française est reconnue dans le monde entier pour la qualité de ses produits et de sa sécurité alimentaire, assurées par d’importantes normes et de nombreux contrôles. »
Mais l’exception française c’est surtout son goût pour l’innovation. Le consommateur et ses habitudes alimentaires changent, les entreprises agro-alimentaires françaises y répondent en innovant aussi. Selon l’Association nationales des industries agro-alimentaires (ANIA) « L’agroalimentaire sort 3 000 nouveaux produits par an, l’équivalent d’un demi-supermarché renouvelé tous les cinq ans » !.
Les sirops Monin, modèle d’innovation
« Banane verte, barbe-à-papa, basilic, cardamome, concombre, hibiscus. En vingt ans, l'imagination des techniciens de Monin s'est déployée dans toutes les directions. Sa gamme s'étend sur plus de 100 goûts. Les Etats-Unis ont un sirop aromatisé au gâteau à la citrouille (Pumpkin Pie), en Asie on trouve « Fleur de cerisier »… En France, menthe et grenadine restent indétrônables. En Allemagne, c'est la noix de coco qui règne en maître. Monin a également exploré d'autres horizons en créant des « jus cuisinés » aux parfums surprenants, comme épinards/ail/menthe, ou encore des purées de fruits pour faire des smoothies, et des poudres pour réaliser des cafés frappés ».Les sirops Monin existent depuis 100 ans mais ils ne cessent de se renouveler en inventant de nouveaux parfums et de nouvelles recettes. Bref, bien connaître les goûts et plaire aux marchés étrangers qui n’ont pas forcément les mêmes goûts que les Français font partie de la stratégie de cette entreprise. C’est pourquoi chaque année, les sirops Monin sortent une dizaine de nouveaux parfums, ce qui leur a ouvert les portes de tous les professionnels des bars, hôtels et restaurants du monde entier. Aujourd’hui cette entreprise berrichonne a ouvert une usine en Floride, une autre en Asie, bientôt au Moyen-Orient et à plus long terme, en Afrique.
Deux labels et un salon
Le label « Made in France » est délivré par les douanes. Le produit a la nationalité du dernier pays qui l’a transformé. En bref, si votre frigo a été assemblé en Chine, peint en Allemagne et « designé » en France, on lui appliquera le sigle « Made in France ».Le label « Origine France Garantie » est plus exigeant. Yves Jégo, ancien député de Seine-et-Marne et président de Pro France*, précise qu’il faut que « 50 % du prix de revient soit acquis en France et que le produit ait obtenu ses caractéristiques essentielles en France ».
Depuis 2012, le MIF tient son salon annuel. Le premier salon comptait plus de 60 exposants, en 2018 c’est plus de 450). Les organisateurs du salon regrettaient qu'en 2010, la France avait exporté 367 millions d'euros de jouets et en avait importé pour 1,5 milliard d'euros. La défense du MIF, commençait. Souvenez-vous à cette époque Arnaud Montebourg défendait le made in France à la Une de Libération en posant avec une marinière 100 % française. La résistance du petit village gaulois commençait !
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*Créée en juin 2010, l’association Pro France réunit les entreprises et tous les acteurs qui souhaitent participer à une certification volontaire, innovante et transparente de l’origine française des produits.
Elle a pour mission de défendre et valoriser les produits de fabrication française et les entreprises qui les produisent ainsi que la promotion de la Marque France dans tous les secteurs d'activité.
Contenu relu et validé par une diététicienne WeCook.
Sources
- Locavor, - INAO, - Libération, - Conseil d'orientation pour l'emploi, - Snacking, - Les Echos, - La Croix, - 20 minutes.Page 67 sur 214